Insécurité persistante à Kinshasa-Masina : Arrestations arbitraires et vols à main armée, les habitants du quartier Boba sollicitent l’intervention urgente du général Kantu 

La situation sécuritaire dans plusieurs quartiers de la commune de Masina, à l’est de Kinshasa, devient de plus en plus préoccupante. Dans le quartier Boba, l’insécurité s’est installée dans le quotidien des habitants, confrontés à des arrestations arbitraires, des vols à main armée et des exactions commises par des individus se présentant comme des policiers, opérant sous le label de « Bureau 2 ».

Sur place, après plusieurs bavures, la rédaction Scooprdc.net a fait une descente sur terrain. Et selon plusieurs témoignages recueillis dans ce quartier, des hommes circulant parfois en uniforme de la Police nationale congolaise (PNC), parfois en tenue civile, mènent des opérations nocturnes et diurnes d’intimidation contre les habitants.

Armés de matraques, de gaz  et parfois d’armes à feu artisanales, ils procèdent à des rafles non autorisées, frappent des jeunes, extorquent de l’argent et embarquent des civils vers des destinations inconnues.

« Ils viennent en groupe, cassent les portes la nuit, frappent les jeunes sans raison et exigent de l’argent pour les relâcher. Ils prétendent travailler pour la sécurité du quartier, mais aucun d’eux ne présente une identité officielle », témoigne un habitant sous anonymat.

Ces hommes se réclament d’une structure obscure appelée « Bureau 2 », aujourd’hui fortement redoutée par les habitants. Des sources locales soupçonnent l’existence d’un réseau parallèle de faux policiers ou d’agents incontrôlés, opérant avec une certaine couverture au sein des forces de l’ordre.

 Explosion des actes de banditisme

Profitant de ce climat de confusion, la criminalité monte en flèche à Boba et dans d’autres coins de Masina. Les habitants rapportent : Des braquages à domicile ; Des extorsions massives dans les rues ; Des agressions ciblées contre les motocyclistes ; Des pillages même en plein jour…

Plus grave encore, plusieurs attaques se déroulent à proximité de postes de police, sans réaction des éléments affectés sur place. Une passivité dénoncée comme « suspecte » par la population locale.

Le silence du Général Kantu dérange

Autre sujet d’indignation : le silence du Général Kantu, commissaire provincial de la PNC à Kinshasa, natif lui-même de la commune de Masina. Pour les habitants, cette situation frôle l’abandon total.

« Comment est-il possible que même dans la commune d’origine d’un haut responsable de la police, la population soit autant livrée à elle-même ? Où est passé le Général Kantu ? », s’interroge une mère de famille rencontrée sur l’avenue Kinkole.

Des leaders communautaires évoquent désormais l’existence d’une « mafia sécuritaire » orchestrée par certains policiers indisciplinés, accusés de monnayer des arrestations et d’exploiter la détresse de la population.

La population exige une action immédiate 

Face à l’inaction des autorités locales, habitants et notables du quartier Boba formulent des revendications claires : Intervention personnelle du Général Kantu pour rétablir l’ordre ; Ouverture d’une enquête urgente par l’Inspection générale de la PNC sur le réseau « Bureau 2 » ; Renforcement du dispositif sécuritaire à Masina ; Implication des ONG de défense des droits humains pour documenter les abus ; Sanctions exemplaires contre les policiers impliqués dans l’extorsion ou la corruption.

La situation dans le quartier Boba n’est pas un fait divers, mais bien un signal d’alarme pour toute la capitale. Tant que des éléments incontrôlés pourront agir sous couvert de l’uniforme, la confiance entre la population et les forces de l’ordre continuera de se détériorer. L’heure n’est plus aux promesses, mais aux actes concrets.

À ne pas rater

À la une