Objet : Plaidoyer pour la protection urgente des zones urbano-rurales de Kinshasa, grenier naturel de la capitale
Excellence Monsieur le Président,
Au nom de l’ONG Le Refuge de Monique et Augustin, engagée pour la souveraineté alimentaire, l’autonomisation des femmes rurales et la gestion durable des terres, je me permets de vous adresser cette lettre ouverte, inspirée par votre récente prise de position en faveur d’une politique nationale d’appui aux artisans.
À l’instar des artisans du site de Delvaux, les maraîchers et agriculteurs urbano-ruraux de Kinshasa vivent aujourd’hui dans une grande précarité, conséquence directe de la spoliation foncière et de l’urbanisation anarchique qui s’étendent sur les vallées de la Lukaya, de Ndjili-Brasserie, de Kimwenza, de la N’sele et d’autres zones agricoles vitales. Ces terres nourricières, autrefois verdoyantes et productives, disparaissent progressivement sous le béton et les lotissements illégaux.
Des terres agricoles vitales en péril
Ces zones urbano-rurales représentent le grenier naturel de Kinshasa, approvisionnant la ville en légumes frais, en fruits et en denrées locales à prix abordables. Leur disparition progressive fragilise la sécurité alimentaire de millions de Kinois ; jette des milliers de femmes maraîchères dans la pauvreté ; et sape la vision présidentielle de la “revanche du sol sur le sous-sol”, en réduisant la valeur productive de notre terre.
Un enjeu social et économique majeur
Chaque hectare perdu, c’est une famille qui sombre dans la précarité, un emploi qui disparaît et un pas de plus vers la dépendance alimentaire extérieure.
Ces femmes et hommes, qui nourrissent notre capitale, ont besoin d’un cadre clair, d’une protection foncière réelle et d’un accompagnement structuré — tout comme vous l’avez souligné pour les artisans.
Nos plaidoyers et propositions
Excellence Monsieur le Président,
Nous sollicitons respectueusement votre implication personnelle dans les actions suivantes :
1. Décréter un moratoire présidentiel sur les ventes et lotissements des zones agricoles urbano-rurales ;
2. Créer une Agence nationale de protection et de valorisation des terres agricoles périurbaines, sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture ;
3. Intégrer ces zones dans le plan directeur de la Ville-Province de Kinshasa en tant que réserves stratégiques de production vivrière ;
4. Soutenir les coopératives maraîchères et féminines par des programmes d’appui technique, financier et juridique.
Pour une souveraineté alimentaire réelle
Excellence Monsieur le Président,
Votre vision de la revanche du sol sur le sous-sol doit s’incarner dans la défense concrète de ces espaces agricoles, berceaux du travail et de la dignité de milliers de Congolaises et Congolais.
Protéger ces terres, c’est préserver notre sécurité alimentaire, favoriser l’emploi féminin, et inscrire la RDC dans une trajectoire de développement durable et endogène.
Nous croyons en votre engagement pour une RDC forte, nourricière et souveraine.
Que cette lettre soit entendue comme un cri d’espoir et d’action au nom de celles et ceux qui cultivent la terre pour nourrir la Nation.
Fait à Kinshasa, le 20 octobre 2025
Pour l’ONG Le Refuge de Monique et Augustin
Gisèle Tshilombo
Promotrice – ONG Le Refuge de Monique et Augustin
📞 +243 823 722 592


