Tshisekedi Félix : Un pis-aller nécessaire pour la RDC

Par Maurice Mukendi/Économiste financier et stratège

Entre menaces extérieures et fragilités internes, le maintien au pouvoir apparaît comme un choix stratégique pour préserver la stabilité nationale. Les ennemis de la RDC ne jouent pas seulement avec les armes, mais aussi avec le temps. Miser sur la fin du mandat, c’est espérer un vide à exploiter. Gardons-le encore, sans faire de lui un dictateur, pour le bien de la RDC, plutôt que de courir le risque d’un recommencement incertain.

Une histoire marquée par des départs tragiques

Lumumba, Kasavubu, Laurent-Désiré Kabila : à chaque fois qu’un chef d’État congolais est parti dans des conditions forcées ou précipitées, le pays a sombré dans le chaos et les ingérences. Aujourd’hui, Félix Tshisekedi se trouve dans la même zone de turbulence, où son départ pourrait rouvrir la voie à des forces hostiles.

Une Constitution contestée dans son esprit

Beaucoup rappellent que la Constitution actuelle, bien qu’officielle, a été façonnée dans un contexte international où les intérêts extérieurs pesaient lourd. S’en remettre aveuglément à ce calendrier, c’est risquer de servir la stratégie de ceux qui n’attendent que le vide du pouvoir pour avancer leurs pions.

Le piège du temps

Les adversaires du Congo jouent sur la patience :
– À l’intérieur, le compte à rebours fragilise l’unité nationale et exacerbe les rivalités.
– À l’extérieur, il alimente les appétits des voisins et des multinationales.

Le départ automatique de Tshisekedi à la fin du mandat ne serait pas une simple alternance, mais l’exécution d’un scénario mûri depuis longtemps pour affaiblir la RDC.

Un pis-aller devenu un bouclier

-Diplomatie : une voix retrouvée dans les fora internationaux.
-Cohésion interne : un équilibre fragile mais réel.
-Économie : une stabilité relative qui rassure les investisseurs.

Sans être l’homme providentiel, Tshisekedi reste aujourd’hui l’ultime garantie d’une continuité face aux périls.

La leçon de prudence

Il ne s’agit pas d’idéaliser un homme, mais de protéger un État. L’histoire du Congo enseigne que les vides de pouvoir coûtent plus cher que la continuité imparfaite.

Conclusion

La RDC a besoin de stabilité, pas d’un nouveau martyr. Tshisekedi est peut-être un pis-aller, mais il est celui qui permet au pays de résister et de préparer un avenir plus solide. Mieux vaut la continuité que l’aventure incertaine.

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