Tribune de Ntumba Wa Mukendi Nshimba, Observateur et Acteur Politique.
Comme beaucoup de nos compatriotes, j’ai suivi à travers les médias et les réseaux sociaux les images du président de la République, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, recevant à la fois le Secrétaire Général officiel de l’UDPS, reconnu par tous, et en face de lui le Secrétaire Général dit frondeur, non reconnu officiellement mais soutenu par une frange significative de militants. Cette séquence, riche en symboles, traduit à mon sens une volonté manifeste d’unification et de réconciliation au sein de ce grand parti présidentiel.
En tant qu’acteur et observateur de la vie politique nationale, je ne puis rester indifférent face à ce qui se joue dans un parti historique tel que l’UDPS. Ce mouvement, fruit de décennies de lutte pour la démocratie, mérite de se consolider et de se transformer en un véritable parti d’État, à l’instar de l’ANC en Afrique du Sud. L’ANC, après avoir mené la lutte contre l’apartheid, a su bâtir des mécanismes internes solides qui lui permettent encore aujourd’hui de se maintenir et de gouverner durablement. C’est ce chemin de structuration et de pérennisation que je souhaite également pour l’UDPS.
Cependant, il me paraît nécessaire de reconnaître que l’UDPS traverse une crise structurelle. Pour préserver son unité et renforcer son efficacité, il serait salutaire de s’inspirer du fonctionnement de l’UDPS originelle, qui avait institué un directoire national avec un système de coprésidence.
Il convient de rappeler, pour l’histoire, que ce directoire fut dirigé par quatre co-présidents : Étienne Tshisekedi (Tshilubophone), dont le fils Félix-Antoine Tshisekedi est aujourd’hui Président de la République ; Frédéric Kibassa (Swahilophone), dont le fils Augustin Kibassa Maliba est une personnalité politique et ministre influent ; Marcel-Antoine Lihau (Lingalophone), dont le fils Jean-Pierre Lihau est actuellement Vice-Premier ministre, chargé de la Fonction publique ; Vincent-Robert Mbwankiem (Kikongophone), dont le fils David Mbwankiem a exercé comme vice-ministre des Affaires étrangères sous Laurent-Désiré Kabila.
Ce modèle, en associant les quatre grandes communautés linguistiques du pays, traduisait non seulement l’ancrage national du parti, mais atténuait aussi les conflits internes.
A la lumière de la situation actuelle, une voie de sortie serait d’instaurer un Secrétariat Général collégial par intérim, en attendant la convocation d’un Congrès véritablement inclusif. Ce Congrès devrait permettre de revisiter les statuts, de moderniser les structures, et de restaurer le système de coprésidence comme outil de stabilité et de démocratie interne.
Mais l’UDPS, en tant que parti présidentiel et parti national, ne doit pas se limiter à ses combattants historiques. Il doit aussi savoir s’ouvrir, recruter et intégrer de nouveaux cadres de haut niveau, à l’instar de la Première ministre Judith Suminwa et d’autres personnalités compétentes, afin d’élargir sa base sociale et politique et d’enraciner davantage son caractère national.
Car au-delà des hommes et des querelles de positionnement, ce qui est en jeu, c’est la capacité de l’UDPS à demeurer un pilier de la République, un parti d’État, un parti national. Un UDPS réconcilié, restructuré, inclusif et ouvert aux forces vives du pays ne renforcera pas seulement la démocratie en son sein, mais consolidera également les fondements institutionnels de toute la Nation.


