La capitale congolaise a vibré, jeudi 18 septembre 2025, au rythme du numérique. L’Hôtel Fleuve Congo a accueilli la cérémonie officielle de présentation du rapport de la GSMA sur l’évolution du digital en Afrique, avec un focus particulier sur la République démocratique du Congo (RDC).
Ce document, considéré comme un outil stratégique, a suscité des interventions marquantes de plusieurs autorités congolaises et acteurs du secteur.
Kibassa Maliba salue « un outil essentiel » pour les politiques publiques
Prenant la parole, le ministre du Numérique, Kibassa Maliba, a tenu à remercier la GSMA pour ce travail qu’il qualifie d’« outil essentiel de diagnostic et de pilotage des politiques publiques ». Selon lui, ce rapport s’inscrit dans la vision du chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui érige le numérique en levier de modernisation, de diversification économique et d’inclusion sociale.
Le ministre a rappelé que la création d’un ministère exclusivement dédié au numérique, placé sous l’autorité de la première ministre Judith Suminwa Tuluka, illustre la volonté politique de placer la transformation digitale au cœur du développement national.
Il a, à cette occasion, décliné cinq axes prioritaires de l’action gouvernementale :
1. L’instauration d’une identité numérique fiable pour l’inclusion administrative et citoyenne ;
2. Le déploiement d’un portail numérique national rapprochant l’État des citoyens ;
3. Le renforcement des infrastructures critiques (datacenters, plateformes souveraines, connectivité) ;
4. La promotion de la cybersécurité et de la protection des données ;
5. Le soutien à l’innovation et aux start-ups locales, moteurs de compétitivité et d’emplois pour la jeunesse congolaise.
« Ensemble, acteurs publics et privés, nous avons la responsabilité de transformer ces recommandations en actions concrètes. C’est ainsi que nous construirons une économie numérique forte, inclusive et créative, au service de tous les Congolais », a-t-il insisté, reprenant les propos du Gouverneur de la Banque Centrale qui considère que « l’économie numérique est l’avenir de la RDC ».
Christian Katende trace la voie de la transformation digitale
Le président de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), Christian Katende, a pour sa part souligné l’importance de la connectivité mondiale, de l’intelligence artificielle et du numérique comme « nouveaux piliers de la prospérité ».
Selon lui, la réussite de cette révolution passera par des investissements massifs dans les infrastructures modernes : fibre optique, extension des réseaux mobiles, interconnexion internationale via les câbles sous-marins, et surtout, une gestion rigoureuse du Fonds de développement du service universel (FDSU). Il a qualifié ces chantiers d’« autoroutes du numérique », indispensables à l’éducation, à la santé à distance, à la compétitivité des entreprises et à la modernisation des institutions publiques.
Mais Katende a également insisté sur le facteur humain : « Il est temps de former une génération qui crée la technologie au lieu de simplement la consommer », a-t-il déclaré, plaidant pour la formation en cybersécurité, intelligence artificielle et analyse de données, ainsi que pour l’introduction précoce du digital dans les programmes éducatifs.
Les partenaires internationaux misent sur la RDC
De son côté, Angela Wamola, directrice Afrique de la GSMA, a encouragé la RDC à saisir cette « opportunité historique de bond en avant vers une économie numérique ». Elle a souligné l’importance de réformes fiscales adaptées, d’une gestion efficace du spectre et du renforcement des infrastructures énergétiques, tout en affirmant que « l’industrie mobile est prête à travailler main dans la main avec le gouvernement ».
Dans la même veine, Daddy Mukadi, président du Groupe de politique de la GSMA pour l’Afrique subsarienne, a rappelé que ce rapport est le fruit d’une collaboration entre opérateurs et autorités publiques, offrant une feuille de route claire pour lever les obstacles et accélérer l’adaptation technologique du pays.
Mpanda Kabangu promet de promouvoir la créativité par l’encadrement des startups et la formation
Intervenant en dernière position par vidéo, le ministre des Postes et télécommunications, Me José Mpanda Kabangu a également salué le travail réalisé par la GSMA, qui, pour lui, présente de manière claire, le rôle du secteur des Télécommunications et TIC dans la croissance économique.
Me José Mpanda Kabangu estime que la réduction de la fracture numérique, le droit à l’accès des services des Télécommunications et TIC pour chaque citoyen doivent trouver des réponses à travers le Plan national du Numérique, dans le fonctionnement du Fonds de développement du service universel (FDSU), ainsi que par l’investissement privé.
Pour ce faire, il annonce que la volonté du Gouvernement de promouvoir la créativité par l’encadrement des startups et la formation, de garantir la concurrence sur le marché des services en mettant en place un cadre légal et réglementaire propice de protéger les droits des citoyens à communiquer.
« Pour mettre en place cet écosystème robuste, je recommande aux différents acteurs de se retrouver dans les Etats généraux des Postes et Télécommunications que je vais bientôt convoquer afin de proposer des réflexions approfondies et adéquates de notre secteur », a-t-il conclu son allocution.
Un signal fort pour l’avenir digital de la RDC
La GSMA, organisation mondiale qui regroupe les opérateurs de téléphonie mobile et les entreprises de l’écosystème numérique, ambitionne à travers ce rapport de libérer le plein potentiel de la connectivité au bénéfice des individus, des industries et de la société.
Avec l’implication des autorités politiques, des régulateurs et du secteur privé, la présentation de ce rapport en RDC marque un tournant stratégique : celui d’un pays qui aspire à inscrire durablement le numérique au centre de sa croissance, de sa compétitivité et de son inclusion sociale.


