Tribune du Citoyen Ntumba Wa Mukendi Nshimba/Consultant et Expert en communication politique.
Ce qui se joue aujourd’hui à l’assemblée nationale congolaise n’est pas une simple affaire de pétition, ni un règlement de comptes entre camps politiques. Il s’agit d’une question de gouvernance institutionnelle et de cohérence politique. La présidence de l’Assemblée nationale, aujourd’hui fragilisée par les contestations visant l’honorable Vital Kamerhe et certains membres de son bureau, ouvre inévitablement un débat de fond sur la représentativité, la responsabilité et l’avenir de nos institutions.
Soyons clairs, le sort de l’honorable Vital Kamerhe est scellé. Il n’y a plus rien à faire. Il partira. C’est une évidence politique qui impose de nouvelles responsabilités et qui appelle une transition maîtrisée.
Dans cette situation, le rôle de M. Augustin Kabuya, Secrétaire Général et Président a.i. de l’UDPS, parti présidentiel par excellence et première force parlementaire de la mouvance, est déterminant. L’UDPS ne peut se contenter d’être spectateur alors qu’elle est le moteur de l’actuelle majorité. Elle doit assumer son poids politique et incarner le leadership attendu par le peuple congolais.
C’est pourquoi il est temps que M. Augustin Kabuya prenne ses responsabilités et se positionne clairement en faveur de l’accession d’un membre de son parti à la tête de l’Assemblée nationale. L’UDPS, parti de lutte et de sacrifice, ne doit pas laisser passer cette opportunité historique de s’asseoir pleinement dans le fauteuil qui correspond à son rang.
À défaut d’une candidature directe de M. Augustin Kabuya, il serait de bon sens politique que la présidence de l’Assemblée revienne à un député UDPS. Mieux encore, dans une logique d’équilibre et de représentativité nationale, un ressortissant lingalophone (ou ngalophone), c’est-à-dire issu de la communauté linguistique Ngala, apporterait une symbolique forte d’unité et de rééquilibrage dans les institutions.
Nous devons le rappeler, l’UDPS n’a peut-être pas la majorité absolue au Parlement, mais elle demeure le premier parti politique de la majorité présidentielle. Cela lui donne un droit légitime et une obligation morale de porter un candidat à cette présidence. Renoncer à ce droit reviendrait à affaiblir la position institutionnelle du Chef de l’État et de sa famille politique.
Et plus encore, nous sommes à la dernière ligne droite du mandat constitutionnel du Président Félix-Antoine Tshisekedi. Les enjeux à venir sont majeurs, réformes profondes, changement d’une Constitution devenue inadaptée à nos réalités, refonte institutionnelle et préparation de l’avenir. Dans ce contexte, céder la présidence de l’Assemblée nationale à d’autres forces politiques serait une faute stratégique grave, une abdication incompréhensible face aux responsabilités historiques de l’UDPS.
L’histoire est en marche. Les équilibres institutionnels sont à repenser. Il est temps que l’UDPS passe de la logique d’accompagnement à celle de leadership. Les Congolais attendent de leur parti présidentiel qu’il gouverne non seulement par la Présidence de la République, mais aussi par le Parlement.
La balle est dans le camp de M. Augustin Kabuya. L’heure n’est plus à l’hésitation, mais à la décision. Car l’histoire ne pardonne pas aux partis qui, par calculs ou par inertie, renoncent à leurs responsabilités historiques.


