RDC : Coup de projecteur sur les 35 ans de Julien Paluku dans la sphère politique en RDC

Bénéficiaire d’une formation idéologique et des cadres politico- militaires de l’AFDL à Goma et Matebe mais aussi au centre  d’instruction Rumangabo, le 17 mai 1997, Kinshasa est libérée, c’est la liesse pour Julien Paluku Kahongya et ses camarades qui coordonnaient  les déploiements des cadres pour une formation idéologique sur l’ensemble du pays ; l’une d’entre eux est nommée ministre par le président Laurent Désiré Kabila, là l’espoir est donc permis.

Pendant qu’il s’apprêtait à  rejoindre la capitale Kinshasa, le 2 août 1998 éclate  la rébellion du RCD. Les cadres politico-militaires de l’AFDL sont recherchés car bien formés. Et c’est dans cette ambiance que Julien Paluku Kahongya est nommé le 27 octobre 1998 administrateur de territoire assistant en charge de l’Administration en Territoire de Lubero au Nord-Kivu. Il quitte Goma pour rejoindre son poste  en novembre 1998 avec comme titulaire Théodore Sikuli  U’vasaka  Makala et le 2ème  assistant chargé des Finances, Muthethe Mungenga. 

En 1999 après la guerre entre  les armées ougandaises et rwandaises dans la ville de Kisangani qui avait fait des milliers de victimes, naissent  deux factions rebelles,  le RCD/Goma d’Émile Ilunga pro-rwandais et le RCD Kisangani Mouvement de Libération, RCD/KML du Professeur Wamba Dia Wamba pro-ougandais dirigé plus tard par Antipas Mbusa Nyamwisi. Là, le jeune administrateur engagé n’a seulement que 30 ans et se retrouve dans la zone sous contrôle du RCD-KML. Il se fait découvrir par les autorités de ce mouvement politico-militaire. 

Une année après, le RCD/KML créé les villes de Butembo et Beni et organise les élections des maires. Quand Kayisavira Mbake est nommé gouverneur du Nord-Kivu bis, Sikuli U’vasaka Makala est rappelé pour  diriger son cabinet. Il libère ainsi le poste de l’administrateur de Territoire de Lubero qui est confié le 12 octobre 1999 à Julien Paluku Kahongya. Le 4 mars 2003, il est nommé maire de Butembo en remplacement d’Éric Kamavu, nommé lui au sein du Gouvernement de la rébellion en ville de Beni.

Avec la réunification du pays intervenue après le dialogue intercongolais de Sun City en Afrique du sude, Julien Paluku Kahongya est nommé  le 7 juillet 2005  maire de Beni, cette fois-ci par une ordonnance présidentielle.

Aux élections de 2006, Julien Paluku Kahongya est élu député provincial dans la circonscription électorale de la ville de Butembo avec 38.000 voix et le 27 janvier 2007, en candidat indépendant, il est élu gouverneur du Nord-Kivu, battant miraculeusement le candidat de l’Alliance de la Majorité présidentielle (AMP), Jean-Chrysostome Vahamwiti Mukesyayira du parti MSR de l’ancien président Joseph Kabila et de feu Pierre Lumbi.

Des motions de défiance et de censure concoctées à Kinshasa pour le déchoir vont secouer son mandat entre 2007 et 2010. Mais c’est succès  grâce à son encrage, du soutien  populaire ainsi que de celui des députés provinciaux. C’est dans ces conditions que Julien Paluku Kahongya  fait 12 ans à  la tête de la province du Nord-Kivu sans interruption de 2007 à  2019.

En 2011, intervient la séparation douloureuse avec le RCD-KML dans des conditions inattendues. Antipas Mbusa Nyamwisi qui était ministre du président Joseph Kabila pendant 8 ans, décide d’aller dans l’opposition en se présentant comme candidat président de la République. Julien Paluku l’appelle pour le déconseille de défier le président Kabila, car il n’y a aucune préparation sérieuse pour qu’il gagne la présidentielle. Peine perdue avec ce gentil et sage conseil…

C’est alors que Julien Paluku Kahongya décide de sa propre identité politique en créant en 2011 le « Bloc Uni pour la Renaissance et l’Emergence du Congo », BUREC. En 2018, il est élu député national dans le territoire de Lubero sous le label de l’Alliance des Acteurs pour la Bonne Gouvernance du Congo (AABC), regroupement par lui créé qui obtient 20 députés nationaux dont 10 du BUREC. Fort de ce  poids politique, l’AABC bénéficie de deux postes ministériels. Lui-même est notamment nommé ministre de l’Industrie ; département où il laisse des traces palpables, entre autres l’opérationnalisation  de la Zone Economique Spéciale Pilote de Maluku qui fait aujourd’hui la fierté  en produisant des carreaux et faïences made in DRC et la gamme Pepsi.

Comme bénéfice aussi de ce poids politique, l’AABC positisionne Michel Mvizi comme ministre délégué aux Affaires couturières et le député national Unyon comme questeur Adjoint de l’Assemblée nationale.

En 2023, Julien Paluku est réélu député national dans le même territoire de Lubero et créé avec d’autres partis politiques le regroupement Alliance Bloc 50 (AB-50) qui engrange le même résultat de 20 députés nationaux dont 12 du BUREC. En 2024, Julien Paluku Kahongya est nommé  ministre du Commerce extérieur où il consolide la diplomatie économique et commerciale de la RDC partout à  travers le monde, tout en renforçant la sauvegarde de l’industrie locale et la mise en œuvre du Régime Commercial Simplifié (RECOS) qui accorde plusieurs facilités aux petits commerçants transfrontaliers et aux populations vivant le long des frontières.

Bénéficiaire de 5 ordonnances présidentielles comme ministre de 2019 à  ce jour et membre du présidium de l’Union sacrée de la Nation,  Julien Paluku Kahongya est un expert  en décentralisation et  développement, en gestion des conflits  dans la région des Grands-Lacs et doctorant des Sciences politiques et administratives. 

Son parcours de 35 ans dans la sphère politique en RDC va constituer le Tome 2 de son autobiographie  qui va paraître bientôt, après le Tome 1 paru en 2016 intitulé  « Le Nord-Kivu entre démocratie et guerres ».

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