Le très combattu mais jamais abattu Jean Lucien Bussa à ses détracteurs : « Que les gens arrêtent de salir un chrétien catholique comme moi à qui on ne reproche rien en termes de corruption et de détournement »

Invité de l’émission Fauteuil blanc de Télé 50, juste après sa reconduction au gouvernement Suminwa 2 et ce, après avoir été victime d’une campagne de diabolisation à outrance dont l’objectif était de ne plus le voir rempiler, Jean Lucien Bussa a délié sa langue pour expliquer et non se justifier sur le pourquoi de l’acharnement de ses pourfendeurs sur lui. L’actuel ministre de l’Aménagement du territoire dit s’être livré à cet exercice par principe de redevabilité entant qu’élu du peuple et gestionnaire de la chose publique. Il est victime de détractations à cause des reformes qu’il a menées au ministère du Portefeuille, fait-il savoir.

Qualifiant le Portefeuille comme un secteur qui tient l’économie congolaise depuis 1885, sur lequel repose l’espoir du développement économique de la RDC aux côtés du secteur privé, Jean Lucien Bussa dit s’être donné ou fixé, en arrivant au ministère du Portefeuille, quelques objectifs à atteindre, notamment l’audace de reformer, l’amélioration de la gouvernance, l’impulsion d’une gestion orthodoxe des entreprises du portefeuille de l’Etat, le redressement ainsi que la relance des activités de ces entreprises, et enfin la création de nouvelles entreprises.

Pour Jean Lucien Bussa, les reformes structurelles importantes et les actions correctives qu’il a menées pour une nouvelle trajectoire économique en partant du portefeuille de l’Etat en si peu de temps qu’il est passé à la tête de ce ministère, lui a attiré toutes les foudres des réfractaires aux reformes, pourtant salvatrices pour les entreprises étatiques. Parmi ses grands détracteurs, Jean Lucien Bussa pointe du doigt les présidents des conseils d’administration (PCA) et les administrateurs qui s’octroyaient sans cadre juridique bien défini, des rémunérations faramineuses sans tenir compte de la santé financière de leurs entreprises.

« Le seul reproche qui m’est fait, c’est d’avoir reformé au ministère du Portefeuille. Ça ne plaît pas aux gens », déclare-t-il, allusion faite à ces mandataires non actifs à qui les reformes par lui entreprises ont retiré les beefsteaks à la bouche.  

Jean Lucien Bussa ne s’explique pas par exemple qu’un administrateur d’une entreprise de l’Etat, qui n’assiste à une réunion que trois à quatre fois par an, soit payé mensuellement par le trésor public alors qu’il a généralement un autre emploi pour lequel l’Etat congolais le rémunère ailleurs (député national, sénateur, professeur d’université…) et qu’il reçoive également les frais d’installations et les indemnités de sortie. Il déclare avoir bloqué tous ces privilèges parce qu’ils ruinaient les finances des entreprises.

« Un administrateur rémunéré mensuellement, c’est inéquitable, irrationnel, c’est injuste d’une part et d’autre part », dit Jean Lucien Bussa qui affirme avoir supprimé tous ces avantages indus, suppression selon lui qui a fâché ceux qui étaient habitués dans ces mauvaises pratiques.

S’agissant de sa longévité dans différents gouvernements depuis décembre 2016 (Badibanga, Tshibala, Ilunkamba, Sama Lukonde I et II, Suminwa I et maintenant II), Jean Lucien Bussa parle d’un débat de caniveau, donnant des exemples de plusieurs ministres qui ont duré au gouvernement plus que lui à l’étranger comme ici au pays. Sur sa liste, il cite le ministre russe des Affaires étrangères qui a déjà fait 40 ans, le sud-africain du Commerce extérieur qui a 16 ans et en RDC Macaire Mwangu et Martin Kabwelulu qui avaient respectivement fait 8 ans et 12 aux mêmes ministères sans être permutés ni changés.

« C’est juste une petite poignée de gens qui font ce débat de caniveau sur les réseaux sociaux sans aucun reproche sur les reformes que j’ai pu mener pour le bien  des entreprises du portefeuille de l’Etat en si laps de temps, notamment la résolution des conflits de compétence entre les PCA et les DG, les DG et les DGA ; l’insaisissabilité du patrimoine des entreprises du portefeuille pour des dettes quelconques en justice, la définition du profil et des critères de recrutement compétitif dans les entreprises de l’Etat mais aussi des mandataires et la politique salariale des mandataires qui n’existait pas avant moi », déclare l’élu de Budjala qui, sans fausse modestie, en prenant les agents de l’Administration du Portefeuille à témoin, se déclare être le premier ministre du Portefeuille qui a donné, non seulement de la consistance à ce ministère, mais aussi améliorer sa contribution au budget national.

« Le cimetière est rempli des gens indispensables. A mon arrivée au Portefeuille, le pic des recettes était de 7 milliards de francs congolais, environ 2 millions USD. Mais au 31 juillet 2027, le chiffre concret réalisé était de 149 milliards de francs congolais, soit 22 fois plus », conclut Jean Lucien Bussa qui se vante d’avoir apporté plus de 30 reformes bénéfiques au Portefeuille et qui remercie le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, pour l’avoir sécurisé face à ses détracteurs.

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