C’est un tournant que prend le procès Constant Mutamba contre le ministère public, son accusateur de détournement des deniers publics. Bien que le déclencheur de cette accusation, le secrétaire exécutif de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), Adler Kisula, avocat général près la Cour de cassation de son état, se soit refugié derrière la loi pour ne pas comparaitre comme témoin ou renseignant, d’autres l’ont fait. C’est le cas de Christian Kalume, expert ARMP, du représentant du Guichet unique de création d’entreprise (GUCE) et du chef de la division provinciale des Garde des Sceaux de la justice de la province de la Tshopo, Bolema Kombozi Gérard. Tous ont témoigné en faveur de Constant Mutamba.
Si Christian Kalume a cloué la première ministre Judith Suminwa, démontrant sa totale défaillance administrative lorsque le dossier lui avait était soumis par le ministre d’Etat, ministre de la Justice Constant Mutamba (lire l’article de Scoop RDC : Défaillance administrative à la primature : Erreur de Judith Suminwa de placer un ingénieur civil à la tête du cabinet), le représentant du Guichet unique de création d’entreprise (GUCE) a lui confirmé l’existence de la société ZION Construction, dédouanant par la même occasion sieur Willy Musheni, associé majoritaire poursuivi par le Parquet général près la Cour de cassation, alors qu’il avait cédé ses parts à M. Lutete Jacques ; cession constatée par un acte de cession accepté par les associés et présenté au GUCE, conformément à la loi.
Quant à Bolema Kombozi Gérard, chef de la division provinciale des Garde des Sceaux de la justice de la province de la Tshopo qui a comparu à titre de renseignant, il a affirmé qu’il était au courant du projet de construction d’une prison à 11 Km de la ville de Kisangani et par deux fois il a reçu la délégation de Kinshasa avec laquelle il a visité le site prévu pour cette construction.
Avec ces témoignages inculpant la première ministre, prouvant l’existence de la société Zion Construction et du site prévu pour la construction de la prison, le ministère public semble être en difficulté de soutenir véritablement ses accusations. Ce qui pousse certains observateurs de reprocher le parquet général la légèreté avec laquelle il a mené les enquêtes dans cette affaire dont le prévenu ne cesse de qualifier de cabale politique montée contre lui par le trio Kisula-Mvonde-Suminwa.
Comme dans l’affaire « forages » lié toujours à un présumé détournement des deniers publics, le ministère public risque encore d’être débouté pour faiblesse de solidité des accusations.
Quant à Willy Mushengi, le Parquet devra retirer son avis de recherche lancé contre lui qui n’a plus sa raison d’être.


