Kasaï central : Accusé par Donald Kabasele d’avoir détourné 300 millions USD, John Kabeya se défend !

S’il est vrai que les loups ne se mangent pas entre eux, à l’UDPS, parti au pouvoir, ils s’égratignent et se blessent gravement. Avec deux secrétaires généraux, chacun avec ses partisans qui se rivalisent jusqu’à occasionner mort d’homme, le parti d’Etienne Tshisekedi d’heureuse mémoire avance ainsi sous l’œil bovin de son autorité morale, fils du sphinx de Limete, qui banalise ce rififi à l’UDPS en le qualifiant de « vitalité démocratique ».

La bipolarisation de ce parti au niveau national qui affecte les provinces, n’a pas épargné le Kasaï central où Me Donald Kabasele s’en prend à l’ancien gouverneur John Kabeya Shikayi, l’accusant d’avoir détourné pendant son règne une somme de 300 millions USD destinés aux infrastructures provinciales et qui devait être versée à la société Safrimex.

Défense de Kabeya Shikayi

Pour le camp de l’ancien gouverneur du Kasaï central, Donald Kabasele, auteur de ces élucubrations, n’a répété sans vergogne comme un perroquet, que tout ce que lui dictent ses parrains, sans user de ses compétences d’avocat pour vérifier ses accusations.

Sous la gouvernance de John Kabeya, soutiennent ses proches, aucun détournement n’a été enregistré, l’Inspection générale des finances (IGF) et la Cour des comptes ayant été invitées à plusieurs reprises par le gouverneur lui-même pour auditer sa gestion.

Concernant le prétendu détournement de 300 millions USD, le camp Kabeya Shikayi apporte les précisions suivantes :

• Les 100 millions USD pour la lutte contre l’érosion ont été directement gérés par la Banque mondiale. Il est donc absurde de prétendre que l’ancien gouverneur a pu manipuler ces fonds.

• A ce jour, les 100 millions USD prévus pour les travaux à la chute Mbombo n’ont jamais été débloqués.

• Quant aux fonds destinés à l’aérogare et à la voirie urbaine, ils ont été gérés directement par le gouvernement central, et non par le gouverneur Shikayi. 

« Comment pourrait-il détourner des fonds dont il n’a jamais eu la gestion ? Cette question a d’ailleurs fait l’objet d’une question orale écrite adressée au ministre Doudou Fwamba par le député national Marcel Tshipepe de l’UNC », s’interrogent et font savoir les proches de l’ancien gouverneur mis en cause, qui soutiennent donc qu’il est clair que les accusations portées par Donald Kabasele, comme celles d’autres agents mobilisés pour intoxiquer l’opinion, ne reposent sur aucun fondement ni document. 

« Leur seul objectif est d’affaiblir le parti dans cette province. Mais c’est un coup d’épée dans l’eau face aux efforts de Jacquemain Shabani de faire respecter l’autorité de l’Etat et l’ordre dans cette province et surtout l’ancrage positif de ses vrais leaders dont John Kabeya », déclarent-ils. 

Bilan vanté de Kabeya

Pour le camp de l’ancien gouverneur, aujourd’hui député national, l’histoire étant têtue, le devoir de mémoire et la probité intellectuelle imposent de rappeler que, durant son mandat de 18 mois à la tête de la province du  Kasaï central, John Kabeya a réalisé : La construction d’une morgue moderne de 54 places, en seulement un an et demi de mandat ; La création d’un centre de perfusion sanguine ; La construction  d’un bâtiment pour les provinces éducationnelles Kasaï-Central 1 et 2 ; La reconstruction de l’Athénée de Kamayi, avec indemnisation des occupants (chantier toujours en cours) ; Le rétablissement de l’électricité et de l’eau ; L’amélioration de la mobilité de la police ; La construction d’un centre de santé à Tshilumba ; Et la résolution de plusieurs conflits coutumiers.

Source de conflit entre Kabasele et Kabeya

Tout est parti de la destitution du bureau dirigé par Daniel Lukusa par les députés provinciaux du Kasaï central, intervenue le 30 juin dernier pour incompétence et mauvaise gestion. 

Mais au-delà de ces griefs, les frustrations des élus provinciaux de l’UDPS du Kasaï central s’expliqueraient aussi par le fait que le bureau Lukusa ne comprenait aucun député UDPS. Il en allait de même pour les commissions parlementaires : aucun élu UDPS n’y occupait une présidence. Pourtant, à l’issue des élections de 2023, l’UDPS avait remporté 21 sièges sur les 34. 

Pire, ni le gouverneur ni le président de l’Assemblée provinciale ne sont de l’UDPS, mais plutôt du CODEP, parti dirigé par le député national Simon Mulamba cachant l’ombre de Barnabé Muakadi, DG de la Direction générale des impôts (DGI).

Alors que la destitution du bureau Lukusa aurait dû réjouir les cadres de l’UDPS, car elle permettait un repositionnement du parti dans cette province stratégique, hélas, elle a été accueillie comme une mauvaise nouvelle par Donald Kabasele et ses parrains dans les hautes sphères du parti. 

Ainsi, depuis la chute du bureau Lukusa, Donald Kabasele excelle dans des attaques contre John Kabeya, le VPM de l’Intérieur Jacquemain Shabani et le premier vice-président de l’Assemblée nationale, le professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi.

Pour le camp Kabeya, il s’agit d’un paradoxe qui s’explique aisément par une manœuvre visant à affaiblir l’UDPS au Kasaï central, afin d’effacer les traces indélébiles de la bonne gouvernance de l’ancien gouverneur John Kabeya. Voilà pourquoi ce dernier, selon ses proches, est systématiquement accusé, même dans la destitution du bureau de l’Assemblée provinciale alors qu’il ne siège pas au Capitole.

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