Tout Kinshasa, si pas toute la République démocratique du Congo s’indigne du meurtre, assassinat ou exécution, c’est selon, du brigadier Kabeya Senda, policier à la Brigade de circulation routière, tué par coups et blessures par la garde rapprochée de la Première ministre Judith Suminwa à Kinshasa, alors que le cortège de cette dernière avait violé le code de la route en roulant en sens inverse. En effet, aussi scandaleux et crapuleux que cela puisse paraître, ce jeune policier a été tué par la sécurité de madame Suminwa alors que le pauvre policier ne faisait bien que son travail de réguler la circulation.
Ce meurtre crapuleux parce que c’est de cela qu’il s’agit, pouvait être évité si et seulement si les autorités congolaises se mettaient en dessous de la loi. Mais parce qu’elles ont toujours estimé être au-dessus des lois de la République, l’irréparable est arrivé.
Tenez, l’opinion publique a toujours décrié l’irrévérence et la violation des règles et de lois de la République sans gêne sur la voie publique par les officiels civils comme militaires. Fallait-il que ce drame honteux pour le pays puisse arriver afin qu’il y ait semblant d’une certaine prise en charge ! Pourquoi fallait-il attendre la clameur publique pour voir la Police nationale congolaise pondre un communiqué presque hypocrite et laconique ? Fallait-il aussi la clameur publique pour que la première ministre, à travers sa Cellule de communication par même son directeur de cabinet, puisse présenter ses condoléances à la famille de la victime et promettre l’action judiciaire contre ses gardes ?
Pour le sénateur honoraire Crispin Kabasele Tshimanga, un ancien vertébré de l’UDPS, la première ministre doit répondre de l’assassinat du policier Fiston Kabeya Nsenda.
« Il n’y a pas de cabale contre la première ministre. Elle doit assumer ses actes et ceux de ses collaborateurs. Moralement et politiquement, elle est responsable de ce qui est, malheureusement, arrivé à un agent de l’État en exercice. De surcroît un policier. C’est grave. On doit apprendre à respecter les agents de l’ordre et les militaires. Dans ce royaume de l’impunité, elle veut se soustraire par des pirouettes sans fondement. Ses excuses ne valent absolument rien par rapport à la douleur que ressent maintenant et ressentira toujours la famille du policier Fiston Kabeya Nsenda. Mes condoléances les plus sincères à cette famille devenue inconsolable. Dans ce pays, les politiciens qui ne sont pas au-dessus de la loi, doivent répondre de leurs actes et de ceux de leur entourage. C’est ça l’État de droit. Justice pour le Policier Fiston Kabeya Nsenda ! », écrit Crispin Kabasele, réagissant à l’article de Scoop RDC intitulé « Tué par les gardes de la PM Suminwa : Lettre posthume de Scoop RDC à Kabeya Nsenda, martyr de la régulation routière ».
Avec ce qui est arrivé, la question est de savoir où aller la première ministre aussi pressée qui puisse la contraindre de prendre le sens contraire de la route avec tous les dangers que cela représentent non seulement pour elle et son escorte, mais également pour d’autres usagers de la route ? Quel problème a-t-elle résolu pour les Congolais en violant le code de la route ? Pourtant, elle pouvait avec tout le dispositif sécuritaire qu’elle a, se frayer le chemin dans l’embouteillage sans emprunter le sens inverse comme le font certaines autorités. Fiston Kabeya Nsenda serait encore en vie si le cortège de Mme Judith Suminwa, en bonne citoyenne, avait respecté la norme. Malheureusement, elle n’a pas fait respecter à son escorte le code de la route et doit en assumer pleinement, pénalement comme civilement.
il faut rappeler que maintes fois, le président de la République a appelé les membres du gouvernement à être exemplaires et responsables sur la route (lire l’article de Scoop RDC : Incivisme routier : Fatshi interpelle les ministres et membres de son cabinet contrevenants !).