Libéralisation du marché des assurances : De 66,75 millions USD en 2018 à 352,15 millions USD en 2024, l’ARCA se réjouit mais…

Promulgué le 17 mars 2015, le Code des assurances a totalisé le mois passé dix ans d’existence. Et d’après le directeur général de l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA), Alain Kaninda, ces dix ans sont de résilience, de progrès et de succès bien que le chemin à parcourir reste encore long.

Pour lui, ce Code qui a permis d’ouvrir le marché à la concurrence, a eu le mérite, bien évidemment grâce à la technicité de l’ARCA qui a aidé à la production de textes importants pour la régularisation (8 décrets, 17 arrêtés, 3 arrêtés interministériels, 25 règlements et 3 circulaires), non seulement d’apporter plusieurs innovations dans le secteur assurantiel, notamment la libéralisation de celui-ci, mais aussi de rendre obligatoire la souscription de six assurances (assurance véhicules, assurance transporteurs aériens, assurance transporteurs maritimes, assurance de risques de construction, assurance incendie et assurance à l’importation),  et d’interdire la souscription directe d’une assurance à l’étranger pour un risque concernant une personne, un bien ou une responsabilité situé sur le territoire de la RDC.

A ce jour, renseigne Alain Kaninda, le marché congolais compte 51 opérateurs d’assurances dont 10 sociétés d’assurances (7 en non-vie et 3 en vie), 28 sociétés de courtage, 2 courtiers personnes physiques, 3 agents généraux, 4 gestionnaires d’assurance maladie, 2 banques et 2 réassureurs régionaux.

Et depuis l’ouverture effective du marché à la concurrence en 2019, les émissions de primes d’assurances ont augmenté, renseigne Alain Kaninda, de manière impressionnante, passant de 66,75 millions en 2018 à 352,15 millions USD en 2024, soit une augmentation de 428%. Cette forte augmentation des primes d’assurances, explique le DG d’ARCA, est dictée par la diversification des produits d’assurance (une vingtaine) sur le marché et la relance de la confiance des opérateurs rassurés par le dynamisme du secteur.

Cette croissance des primes d’assurances, fait savoir Alain Kaninda, a eu pour effet direct, l’augmentation de l’assiette fiscale qui est passée de 0,81 millions USD en 2015 à 43,04 millions en 2024, soit une progression de 5.161%.

Mais malgré cette avancée, le DG d’ARCA se dit pas encore très satisfait d’autant plus que le marché des assurances congolais présente beaucoup d’opportunités qui peuvent rapporter en termes de primes au moins 1 milliard, voire 5 milliards USD.

Pour ce faire, l’ARCA qui veille à la protection des droits des assurés et des bénéficiaires des contrats d’assurances, à la solidité de l’assise financière des entreprises d’assurance et de réassurance, et à leur capacité à honorer leurs engagements, se donne un certain des défis à relever. C’est d’abord améliorer le taux de pénétration qui est de 0,46% alors que la moyenne africaine est à 3%, mais aussi améliorer la densité qui est à 3,27 USD pendant que la moyenne africaine est de 54 USD.

Ensuite, l’ARCA mise sur le renforcement de la culture d’assurance dans le chef de la population ; la mise à disposition des produits d’assurances adaptés à toutes les bourses d’autant plus que le marché n’est composé actuellement que des clients entreprises ; la lutte contre l’évasion des primes d’assurance malgré sa criminalisation légale ; l’amélioration sur le marché des formations en assurance adaptées à la professionnalisation du secteur ; le plein contrôle des assurances dont la souscription est rendue obligatoire par le Code des assurances (assurance véhicules, assurance transporteurs aériens, assurance transporteurs maritimes, assurance de risques de construction, assurance incendie et assurance à l’importation).

Aussi, l’ARCA qui travaille déjà en étroite collaboration avec les assureurs, s’emploie à mettre en place une Académie de formation en assurance, un Centre de compétence et pôle d’excellence pour le secteur des assurances (ARCADEMY). Une opportunité offerte futurement aux jeunes universitaires.

  • Bendélé Ekweya té

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