Tué par les gardes de la PM Suminwa : Lettre posthume de Scoop RDC à Kabeya Nsenda, martyr de la régulation routière

Où es-tu, Kabeya Nsenda ? 

Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Qu’ont-ils fait de toi ? Quel péché as-tu commis pour que ton corps soit livré à la brutalité, pour que ta vie soit arrachée dans une indifférence glaciale ?

Tu étais là, debout, fier dans ton uniforme, un homme au service de l’ordre, un serviteur de la nation. Tu étais un père, un époux, un fils. Tu étais un visage que des enfants attendaient chaque soir, un souffle qui berçait leur insouciance, un pilier pour une femme qui comptait sur toi.

Mais ce soir-là, ils t’ont volé à ceux qui t’aimaient. Ils t’ont laissé gémir sur le bitume, bafoué, humilié, brisé.

Où es-tu, Kabeya Nsenda ?

Es-tu quelque part, errant entre deux mondes, cherchant une explication ? T’attardes-tu encore sur cette scène insensée, demandant pourquoi, pourquoi tant de haine, pourquoi tant d’acharnement ?

Nous, nous savons. Nous savons que ton sacrifice ne sera qu’un chiffre de plus dans le grand registre des silences. Nous savons que ton nom s’effacera sous le poids de l’indifférence, que les puissants continueront leur route, insensibles, imperturbables, pendant que les tiens, eux, porteront ce vide à jamais.

Mais nous refusons l’oubli.

Kabeya Nsenda, nous voulons écrire ton nom dans la mémoire de ceux qui rêvent encore d’une justice. Nous voulons dire à ta femme qu’elle n’est pas seule, à tes enfants que leur père n’est pas un simple écho étouffé par le tumulte du pouvoir. Nous voulons dire à ceux qui ont levé la main sur toi par excès de zèle et mégalomanie, qu’ils ne t’ont pas anéanti, car un homme qui meurt debout, dans l’honneur, ne disparaît jamais vraiment.

Ton sang a taché l’asphalte, mais ton souvenir reste immaculé. Ta voix s’est éteinte, mais elle résonne en nous, en chacun de ceux qui refusent de baisser les yeux.

Que la terre te soit légère, et que ton nom demeure, inscrit dans la douleur de ceux qui restent, mais aussi dans l’espérance d’un lendemain plus juste.

Adieu, frère victime d’injustice terrestre. Mais la justice de Dieu, il y en a.

  • Bendélé Ekweya té

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