Refus par le BCeCo de l’audit financier de l’IGF : Jean Mabi Mulumba se fait remonter les bretelles par le premier président de la Cour des comptes

Alors que le Trésor public a déboursé beaucoup d’argent en termes de millions USD pour l’exécution du Programme de développement local à la base dans les 145 territoires, certaines structures chargées de gestion de ce projet ne veulent pas rendre les comptes. C’est le cas du Bureau central de coordination (BCECO) dirigé par le fils Mabi Mulumba qui s’oppose au contrôle financier de l’Inspection générale des finances.

En effet, sous prétexte fallacieux que la Cour des comptes dont son père a été autrefois numéro 1 menait déjà une action d’audit financier au sein de sa structure, Jean Mabi Mulumba a catégoriquement refusé que l’IGF envoie ses inspecteurs chez lui. Pire, il lance une circulaire qui frise l’appel à la rébellion.

« La présente a pour but de vous informer que depuis le 26 juin 2023, les dossiers relatifs au Programme de développement local des 145 territoires pour la zone gérée par le BceCo sont en instruction auprès de la Cour des comptes.  De ce fait, la Cour des comptes étant une juridiction supérieure, aucun autre service ne peut procéder au contrôle sur les dossiers en instruction », écrit Jean Mabi dans sa note circulaire adressée à tous les chefs d’antenne de BCeCo en les priant de faire large diffusion de cette instruction auprès des agences locales d’exécution (AELE), de toutes les petites et moyennes entreprises (PME) et de tous les ingénieurs à pied d’œuvre (IPO) de leurs ressorts.

Le message étant mensonger, le premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga, par l’entremise du président de la Chambre, Kinzhele Ndala Lele Louis, n’a pas voulu faire gober à l’opinion ces allégations qu’il qualifie « d’une rare gravité ». Dans une conférence de presse tenue mardi 18 juillet au siège de la Cour des comptes à la Gombe, il a désapprouvé cette façon de faire du fils Mabi Mulumba.

Non seulement que le président de la cour des comptes exige au directeur général de BCeCo de retirer sa note circulaire, mais lui démontre noir sur blanc qu’il a menti.

« La Cour des comptes n’a jusqu’ici diligenté aucun contrôle sur l’exécution du Programme de développement local de 145 territoires. Toute mission de la Cour des comptes commence par la signature d’un ordre de mission par son premier président sur base de l’article 98 de sa loi organique, ce qui n’est pas le cas en l’espèce », fait remarquer le premier président de la Cour des comptes.

Et de faire observer à Jean Mabi Mulumba : « Une quelconque demande d’informations émanant du parquet général près la Cour des comptes n’équivaut pas à une mission de la Cour des comptes, pour tenir tout autre contrôle en état ».

Le premier président de la Cour des comptes ne s’est pas fait prier pour blâmer le « menteur » Jean : « Il n’appartient pas à un responsable d’une entité auditée de se prévaloir de la préséance de la Cour des comptes sur tous les autres organes de contrôle des finances et des biens publics. Pareille attitude, pour le moins maladroite, doit être interprétée et comprise comme une volonté manifeste d’échapper au contrôle et d’éviter, par ce fait-là, de s’acquitter du devoir sacré de redevabilité en tant qu’agent public. Tirant ainsi toutes les conséquences de ce qui précède et tenant compte de l’importance des dépenses publiques engagées dans le cadre du Programme de développement local de 145 territoires ainsi que d’énormes risques inhérents à leur gestion, je vous enjoins instamment de retirer votre note d’information adressée aux chefs d’antennes de BCeCo, et de déférer à tout contrôle diligenté dans ce contexte ».

Il faut dire que dans l’exécution du PDL-145T dont le coût global s’élève à 1,665 milliards USD, le BCeCo, la CFEF (Cellule d’exécution des financements en faveur des Etats Fragiles) et le PNUD (Programme de nations unies pour le développement) se sont répartis les 145 territoires que compte la République Démocratique du Congo pour apporter le développement depuis la base. Le BCECO a la charge de 43 territoires, 48 pour la CFEF et 54 pour le PNUD.

En janvier 2023, il y avait déjà des inquiétudes par rapport au retard pris notamment par le BCeCo et le PNUD (lire l’article de Scooprdc.net : Programme de développement local de 145 territoires : Attention, ça bat déjà de l’aile !). Quoi de plus normal pour l’IGF audite la gestion des fonds alloués à ces agences par le Trésor public.

  • Bendélé Ekweya té

À ne pas rater

À la une