Rwanda : Les robots humanoïdes de Kagame (Tribune de Thierry Monsenepwo)

En 28 ans de pouvoir totalitaire du Front Patriotique Rwandais, dans un pays faisant perpétuellement « l’éloge du sang », pour reprendre l’expression de la journaliste canadienne Rudi Rever, Kagame a fini par produire une engeance de citoyens en déphasage totale avec la réalité. Les Rwandais post-génocide sont formatés dans un système éducationnel, politique et culturel cousu de toutes pièces. Le jeune homme que l’on voit pavoiser dans des images virales qui pullulent sur les réseaux sociaux, présentant le Rwanda comme le troisième contributeur des opérations de la paix en Afrique et la RDC comme un grand malade qu’une centaine de pays aident à se remettre d’aplomb est une illustration parfaite de la génération KAGAME, biberonnée par une idéologie aryenne de type hégémonique. Pendant plus d’un quart de siècle, des jeunes rwandais ont subi un lavage de cerveau qui les amène à considérer Kagame comme le modèle à suivre, y compris dans la frénésie à procurer gratuitement la mort et la désolation, en vue de maintenir une position de conquérant, quel qu’en soit le prix.

Aux générations actuelles et futures rwandaises – il ne faut donc jamais se leurrer – Kagame a inculqué l’idée que la République Démocratique du Congo est leur vache laitière qu’il faille nécessairement traire par la coercition. Au Rwanda, les enfants intériorisent dès la prime enfance qu’il n’y a pas moyen de survivre autrement que par la ruse, la duperie, la violence, la guerre, la trahison, orientées vers le pillage des ressources naturelles d’une République Démocratique du Congo qu’il importe de mettre un point d’honneur à maintenir dans l’instabilité chronique.

Dans le fond, l’attaque condescendante du jeune rwandais dont question contre la RDC n’est qu’une récitation des dogmes du régime rwandais encore soutenu par les néolibéraux occidentaux ayant des intérêts miniers, touristiques, forestiers, pétroliers et gaziers en Afrique. Pour plaire à ses sponsors occidentaux, le Rwanda aime à être regardé comme le pays le plus prompt à assurer la sécurité de leurs intérêts menacés sinon par des relents souverainistes des peuples africains, du moins par la mouvance terroriste djihadiste. Et lorsque le régime de Kigali se présente comme le troisième contributeur des opérations de paix en Afrique, cela s’entend de la sécurisation des gisements gaziers de TOTAL dans la Province de Cabo Delgado au Mozambique, de quelques dépannages dans le Sahel et en Somalie, ou encore de la sécurité des intérêts de la France en République Centrafricaine.

Une génération sacrifiée  

En réalité, le Président rwandais Paul Kagame sera pour longtemps encore responsable des déboires qui attendent les prochaines générations des rwandais qu’il a fait grandir dans l’illusion de la violence et de la guerre. Bâtir un îlot de prospérité en créant le chaos autour de soi est une entreprise qui ne peut que devenir suicidaire au fil du temps. Car, il en faut beaucoup plus que les 300 civils congolais exécutés à Kishishe pour que le Rwanda continue à charrier sans contrepartie les minerais de la RDC vers les industriels occidentaux qui le missionnent. Il faut carrément génocider les Congolais pour que leurs champs de Cacao et leur bois deviennent la propriété des Rwandais. Il faut un pogrom à vaste échelle pour que le Kivu devienne une extension du Rwanda. Il faut émasculer la résistance populaire congolaise pour que le Rwanda s’adjuge le Parc de Virunga et devienne la meilleure destination touristique au monde, etc.

Comme on peut le voir, tout ce à quoi Paul Kagame a fait aspirer des générations actuelles des Rwandais est intenable sur le long terme. À tout le moins, c’est le retour de la manivelle qui devrait naturellement se produire lorsque le mirage totalitaire du régime de Kigali va se lézarder et que Kagame lui-même va tomber comme un fruit mûr, faisant ainsi s’effondrer la puissance artificielle qu’il a essayé d’ériger aux dépens des voisins à qui l’on ne pourrait pas reprocher, le moment venu, de se montrer revanchards.

Le syndrome victimaire oxydé

Le Rwanda de Paul Kagame a été édifié, comme chacun le sait, sur la base du syndrome victimaire du génocide de pas moins de 800.000 tutsis et hutus dits modérés en 1994. Un déferlement de cruauté rendu possible par la rébellion menée par des exilés tutsis vivant en Ouganda, les fameux ikontanyi, contre le régime francophile hutu de Juvénal Habyarimana. Certains auteurs comme Pierre Péan, Charles Onana ou encore Rudi Rever, demeurent convaincus que l’actuel président rwandais est en fait celui qui avait planifié cette apocalypse pour se donner le beau rôle de sauveur de la minorité tutsi et rester ainsi Président à vie du pays de mille collines en surfant perpétuellement sur la rente mémorielle du génocide. Les faits semblent leur donner raison dans la mesure où le Rwanda est à ce jour le seul État voyou et terroriste africain à convoler en justes noces avec les grandes puissances occidentales, qui, en l’occurrence, continuent de soutenir le budget de ce pays sans ressources, par peur supposée que sa minorité ne soit à nouveau à la merci des génocidaires putatifs.

Si le Rwanda est par la suite devenu une principauté militaire, c’est principalement par ce souci qu’ont eu les occidentaux de le fortifier pour qu’il ne redevienne plus jamais le théâtre des atrocités et du génocide. Or, profitant justement de cet élan de solidarité internationale, le Rwanda avait en tête de devenir un État proconsulaire en se donnant la mission de mettre sous coupe réglée l’Est de la République Démocratique du Congo, gorgé de minerais indispensables à la révolution technologique.

La question à se poser est de savoir combien de temps peut durer une telle lubie, dès lors que la malice rwandaise a ainsi fini par être révélée au grand jour. Au rendez-vous du donner et du recevoir, la République Démocratique du Congo est aujourd’hui capable de mettre sur la table 27 blocs pétroliers et plus de 4 blocs gaziers. Et le pays de Félix Tshisekedi est en mesure de rassurer les partenaires pour qu’ils puissent composer directement avec l’État congolais plutôt que de se servir de têtes de pont comme le Rwanda qui ne sont pas capables de les approvisionner en matières premières congolaises sans provoquer un énième génocide. Voilà comment à force de vouloir être plus malin que le monde entier, Kagame a en réalité sacrifié l’avenir des robots humanoïdes qu’il a façonnés à son image. C’est l’artiste franco-congolais dit « Maître Gims » qui a raison en relevant que Kagame rime avec croix-gammée. Car, à l’évidence, l’histoire de l’Afrique retiendra sur la liste des grands tortionnaires du continent noir un certain Paul Kagame dont la fin sera, à n’en point douter, tristement célèbre, à l’instar de son modèle Adolphe Hitler.

Jean Thierry MONSENEPWO MOTOTO

  • Bendélé Ekweya té

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