Rejet du poste de censeur à l’OGEFREM : Leçon de Moni Della à tous les Katumbistes ?

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Aussitôt désigné «censeur» dans le Conseil d’administration de l’Office de gestion de fret multimodal (OGEFREM) par Chérubin Okende, ministre de Transports, voies de communication et de désenclavement, Moïse Moni Della n’a pas attendu longtemps pour rejeter cette offre lui faite sans préalablement qu’il soit consulté. Okende pensait-il faire une surprise agréable à un camarade katumbiste ? Mais hélas, c’était sans connaître l’homme et ses convictions.

«Ceux qui me connaissent et connaissent mon combat pour l’instauration d’un Etat de droit, savent très bien que je ne peux en aucun cas sacrifier mes convictions religieuses, politiques et morales sur l’autel de l’intérêt personnel. Ce qui explique d’ailleurs mon engagement précoce au sein de l’UDPS, auprès des treize parlementaires, quelque mois après sa création en 1982. Un engagement qui m’a valu la qualité de cofondateur historique et authentique de ce grand parti politique», justifie Moni Della le rejet du poste lui offert.

Et l’ancien vice-ministre de l’information sous la formule 1+4 de marteler : «en raison à la fois de mes convictions personnelles et du climat politique actuel, je me vois dans l’obligation de décliner l’offre que vous me faites. En effet, le CONADE, parti politique où je suis le Président, est l’allié politique d’Ensemble pour la République avec qui il partage les valeurs d’inclusion et du vivre-ensemble. C’est pour cela d’ailleurs que je définis la politique comme la multiplication, l’addition et non la soustraction ou la division. Les récentes tentatives de déstabilisation du leader d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi, à travers l’indécente proposition de loi Tshiani/Pululu, soutenue de toute évidence par une partie de l’Union Sacrée ont fini par me dissuader d’assumer ce rôle de censeur». 

Message clair  à tous les Katumbistes

Il est vrai que par le temps qui court, Moïse Moni Della n’est pas financièrement bien assis, très suffisant à tous ses besoins. Comme tout le monde, il a encore plus besoin de l’argent parce que les projets ne lui manquent pas. Surtout qu’un adage encourageant dit : «l’eau va toujours à la rivière». Et surtout aussi que l’OGEFREM n’est pas n’importe quelle entreprise de l’Etat. S’il y a deux où coulent le lait et le miel, il faut le compter avec le FPI. Mais pour rien au monde, le président du CONADE a refusé de souffler le chaud et le froid. C’est cela son véritable message : attachement et loyauté à seul Moïse Katumbi. Clairement dit, aussi longtemps que les intérêts politiques de ce dernier sont menacés, lui Moni Della se mettra au devant pour le défendre. Ses proches confient à Scooprdc.net que même s’il était au gouvernement Sama Lukonde, il aurait démissionné.

Contrairement à Olivier Kamitatu qui écrit sur son twitter : «Empoisonnements, arrestations arbitraires, cachots & tortures, loi discriminatoire & raciste sur fond de populisme, le discours sur la Démocratie sonne terriblement faux en RDCongo. Tout y transpire la fin de l’Etat de Droit ! Souhait de prompt rétablissement à Mapon Matata !», pour être recadré par Steve Mbikayi : «L’opposition membre du gouvernement peint un tableau sombre d’une action gouvernementale commune! Faut-il en rire ou en pleurer? S’agit-il de l’irresponsabilité ou de l’immaturité politique? C’est sans doute une façon de fantasmer sur ses propres pratiques des années rébellion !», Moïse Moni Della aurait certes conseillé aux Katumbistes dans le gouvernement Sama Lukonde de rendre tout simplement le tablier, et aux députés et sénateurs de Ensemble de se désengager de l’Union sacrée.

Chose pas facile parce que l’histoire récente rappelle aux Congolais le cas de Pierre Kangudia, l’ancien ministre du Budget sous Bruno Tshibala, qui avait enfreint au mot d’ordre de son parti UNC quand celui-ci s’était retiré de gouvernement. Olivier Kamitatu en sait aussi quelque chose avec Elysée Munembwe alors questeur de l’Assemblée nationale pour le compte de l’ARC qui s’était rebellée avec d’autres mandataires au mot d’ordre du parti lorsque celui-ci quitta la Majorité présidentielle de Kabila en 2015. Comme chatiment à Kamitatu, Munembwe et sa bande avaient dédoublé le parti.

Ce qui est vrai actuellement, la leçon de Moïse Moni Della est difficile à suivre par certains katumbistes parmi les «warriors» de Sama Lukonde. Que l’on se voile pas la face.