Promesse de Muzito de descendre dans la rue : Ça fait rire les oiseaux !

A sa prise de fonctions comme coordonnateur de la coalition Lamuka/aile Fayulu, samedi 10 avril dernier, Adolphe Muzito a déclaré entre autres : « On va recourir à la rue pour faire partir ceux qui ne voudront pas organiser les élections dans le délai ». Une déclaration qui a aussitôt fait rire d’observateurs de la scène politique congolaise  au regard du profil amorphe et peureux de cet ex-premier ministre.

 L’homme qui a évolué dans les faveurs et largesses du régime de Kabila farouchement combattu par Martin Fayulu, son actuel allié, n’a pas l’expérience de la rue. Même quand il s’est fait «opposant» de Kabila au soir du régime de ce dernier, Adolphe Muzito n’a pas affronté la rue. Plus loin, du temps de Mobutu combattu par le Parti Lumumbiste Unifié (PALU) dont il était militant puis cadre, Muzito n’avait jamais mis ses pieds dans la rue pour manifester.

Politiquement poids coq avec un parti politique sans impact, personne ne voit un Muzito peureux, mobiliser le peuple dont il évoque et être à la tête d’une quelconque manifestation, inhalant le gaz lacrymogènes et bravant les coups de matraque des policiers.

Adolphe Muzito a été toujours peureux et moins audacieux. Tenez, ministre de budget sous Antoine Gizenga avant qu’il ne devienne premier ministre, pour avoir tenté de contester les prix sur un état de besoin de la Police nationale congolaise dressé par le général John Numbi, ce dernier lui  retira les éléments de garde déployés à sa résidence. Face à cette petite intimidation, Muzito a dû vite faire marche arrière et signer le document où une boîte de sardines était proposée à 2 USD alors que sur le marché elle était à moins de 1USD, pour se voir retourner les policiers à sa résidence.

Donneur des leçons aujourd’hui, Adolphe Muzito ne peut pas, s’il est vraiment correct avec lui-même, ouvrir sa bouche pour parler de la démocratie et de la bonne gouvernance. Devoir de mémoire oblige, c’est sous Muzito premier ministre que le journaliste Didace Namujombo de radio Okapi fut assassiné à Bukavu en novembre 2008. C’est toujours sous Muzito premier ministre que Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana furent assassinés début juin 2010. C’est encore sous Muzito premier ministre que Armand Tungulu fut assassiné fin octobre 2010. En aucun cas, il n’avait pipé mot pour condamner ces tueries ni simplement présenter ses condoléances aux familles des victimes.

L’Est de la RDC n’est pas en insécurité seulement sous Félix Tshisekedi. Les FDLR, les ADF-NALU, les LRA, les mai-mai Mundundu 40, Vurondo,… commettaient des exactions et tuaient sous Muzito premier ministre du 10 octobre 2008 au 6 mars 2012. Le M23 avait même assiégé la ville de Goma sous Adolphe Muzito. En près de quatre année à la Primature, combien de fois s’était-il rendu dans l’Est de la RDC ? Dans quel de ses discours avait-il manifesté sa compassion aux populations meurtries de l’Est ? Pourquoi couler maintenant les larmes de crocodile et se faire un ange ?

Sur le plan de gestion de la chose publique, premier ministre qu’il était de surcroît ancien inspecteur des finances, pourquoi avait-il, par un décret, suspendu le contrôle des régies financières par l’Inspection générale des finances (IGF) ? Lui qui est économiste et champion dans la rédaction des tribunes, peut-il dire aux Congolais le volume du manque à gagner réalisé par le Trésor public à cause de sa mesure depuis plus de 8 ans ? «Avant d’enlever la paille dans l’œil de ton voisin, retire la poutre qui est dans le tien», conseille les saintes écritures. Muzito devrait commencer par payer ses employés de TVS1 qui accuse une vingtaine de mois d’arriérés de salaire et demander sincèrement pardon au peuple congolais avant de prétendre parler en son nom. Chose qu’il n’a jamais faite. Comportement tristement propre de l’homme politique congolais. Dommage !

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