Motions de défiance à l’Assemblée provinciale du Tanganyika : De quoi la police se mêle-t-elle ?

Rien ne va à l’Assemblée provinciale du Tanganyika depuis que le vent de la perestroïka souffle sur les institutions de la scène politique congolaise avec l’Union sacrée de la nation. Pour la deuxième fois, les éléments de Police nationale congolaise ont interdit aux députés provinciaux l’accès à leur siège, ce vendredi 9 avril.

En effet, la première fois c’était le 30 mars dernier, jour programmé pour l’ouverture de la session ordinaire de mars lorsque la Police a refusé l’accès aux députés dans la salle des plénières les obligeant ainsi à délocaliser la séance plénière vers un hôtel de la place. Cette scène s’est répétée, vendredi 9 avril dernier lorsque venus pour une plénière devant confier la charge au directeur de l’administration de constituer le bureau d’âge en vue d’examiner les motions de déchéance qui frappent tous les membres du bureau sans exception, les députés se sont butés à un mur, mieux à une barricade des policiers déployés au siège de l’organe délibérant sur instigation, dit-on, du rapporteur de cet organe, visé aussi par une motion de déchéance.

Dans deux vidéos distinctes balancées sur les réseaux sociaux, l’on voit d’une part le président de l’Assemblée provinciale se plaindre du comportement ingérant de la police pourtant censée être apolitique dans les affaires internes d’une assemblée provinciale. «Je pense que c’est un Etat de droit. Et si réellement nous voulons cet Etat de droit, nous ne pouvons pas continuer dans ce désordre. On ne parvient pas à comprendre que tous les 5 membres du bureau ont eu des pétitions et la personne qui est indiquée à prendre la relève c’est le directeur administrateur, et la séance d’aujourd’hui a été organisée pour que l’on puisse venir remettre à qui de droit, mais on bloque. Mais pourquoi on bloque parce que hier nous avons suivi certains députés dire qu’ils sont déjà majoritaires ? Mais qu’ils viennent, nous sommes là, nous voulons la paix. Ce n’est pas un policier qui doit nous refuser de répondre devant les députés que nous sommes, c’est malheureux», s’est indigné Joseph Lulu Kitenge, président de l’Assemblée provinciale en accusant le rapporteur qui a réquisitionné la force publique d’afficher un comportement putschiste.

Non sans raison, parce que d’autre part dans une vidéo de sa mise au point le même vendredi 9 avril devant les journalistes, le rapporteur incriminé, Cyril Kimpu Mukalay, faisant abstraction aux motions de déchéance qui visent le rapporteur adjoint, la questeur et lui-même, a estimé qu’étant donné que le président et son vice sont frappés, l’Assemblée devrait être conduite par lui, selon le règlement intérieur. Une sorte d’auto-proclamation camouflée sous le prétexte d’avoir derrière lui la majorité des députés provinciaux acquis à la cause de l’Union sacrée de la nation. Or, lors du point de presse, ils étaient 12 députés sur 25 que compte l’Assemblée provinciale du Tanganyika.

Mais ce que l’on comprend pas dans cette bataille des camps au sein de cet organe délibérant, c’est le rôle que joue la police nationale congolaise qui montre son penchant pour un camp. A Kalemie, la hiérarchie policière déclare agir sur les ordres donnés à partir de Kinshasa. La première fois l’on a dit que l’ordre venait du général Dieudonné Amuli. Pourquoi le commissaire général de la Police s’immiscerait-il dans les affaires internes d’une assemblée provinciale en protégeant son rapporteur ? Qui est derrière le rapporteur Cyril Kimpu, qui paralyserait le fonctionnement général d’une assemblée provinciale parce l’accès n’est pas seulement interdit aux députés mais aussi à tous les administratifs ?

Un véritable flou artistique. Mais comme dit précédemment dans nos articles sur la situation à l’Assemblée provinciale du Tanganyika, la personne finalement visée dans ce combat politique dans la province, c’est le gouverneur Zoé Kabila, jeune frère du président honoraire Joseph Kabila que l’on veut à tout prix faire tomber. l’Union sacrée de la nation lui règle-t-elle les comptes ? Possible !

À ne pas rater

À la une