SCTP : la mafia d’Abed Achour de Sokin et Ibrahim de Socimex fout Franklin Mabaya et Gabin Lulendo dans la merde !

Les deux dirigeants de la Société Congolaise de Transport et Ports (SCTP, ex-Onatra) sont dans la merde s’il faut emprunter le français parisien. Deux dossiers avec les Libanais Abed Achour, patron de Sokin, et Ibrahim de Socimex risque de leur coûter les postes et les envoyer au chômage.

Le premier dossier est lié au contrat que le ministre des Transports et voies de communication a signé le 12 mars dernier avec la Sokin pour l’acquisition des wagons et ce, en violation des mesures conservatoires communiquées par le directeur de cabinet du président de la République aux membres du gouvernement sortant expédiant les affaires courantes de ne prendre aucun acte engageant la République. La signature de ce contrat de 6 millions USD n’a respecté  aucune des normes ni de passation de marchés publics, ni celles réglementant les sociétés étatiques.  Ce qui a fait que Guylain Nyembo, directeur de cabinet du chef de l’Etat, chargé par ce dernier, enjoigne le ministre Didier Mazenga, toutes affaires cessantes et sans délai, de résilier le contrat. 

En effet, en matière d’actionnariat, c’est le ministère du Portefeuille qui est actionnaire pour le compte de l’Etat congolais dans les entreprises. Cette prérogative lui donne le contrôle administratif et financier de toutes les entreprises dans lesquelles l’Etat congolais est actionnaire majoritaire ou propriétaire. En ce qui concerne l’ex-Onatra devenu une société commerciale, où l’Etat congolais est le seul actionnaire, le ministre Didier Mazenga a commis la maladresse de signer ce contrat sans en informer ni le Conseil d’administration de la SCTP, organe de contrôle qui donne des directives, moins encore le ministre du portefeuille, le seul actionnaire de la société. Or, son ministère des Transports et voies de communication n’est qu’un ministère technique vis-à-vis de la SCTP.

Pourtant, dans le contrat signé, il est dit que les moyens pour l’achat de ces wagons doivent provenir de la Redevance logistique terrestre (RLT). Or, le mécanisme du décaissement de la RLT est verrouillé. C’est-à-dire ne peuvent conjointement ordonner le décaissement de la RLT que le ministre des Transports et voies de communications et le ministre des finances en sollicitant en aval l’autorisation du premier ministre. Mais ce dernier n’est ni copié dans le contrat, ni informé de sa signature.

Dans ses moyens de défense, le ministre Didier Mazenga a rejeté la responsabilité sur les dirigeants de la SCTP qui lui aurait exprimé le besoin de la société d’acquérir des wagons. Mais pourquoi ne pas passer par le Conseil d’administration de la société et informer le ministère du Portefeuille ? C’est là où les choses sont suspectes. Non sans raison, pour des dépenses dépassant 1,5 millions USD, le comité de gestion doit impérativement avoir l’aval du Conseil d’administration. Celui-ci a la fourchette de 1,5 millions à 7 millions USD. Au-delà de 7 millions, c’est l’Assemblée générale qui en décide.

Le fait que la direction générale de la SCTP ait poussé le ministre de Transports et voies de communications de conclure un marché de 6 millions USD sans passer par le service de passation de marchés publics, dénote la mafia d’autant plus que la société du Libanais Abed Achour dont la réputation en matière d’affaires est peu reluisante, n’a aucune expertise ni technicité en matière des équipements ferroviaires. Aussi, pourquoi passer par un intermédiaire pour acquérir ces wagons en lieu et place de commander directement à l’usine entre deux sociétés ?  

Ce qui cloue la direction de la SCTP et qui prouve sa complicité dans ce deal mafieux, c’est le fait que le ministre des Transports et voies de communications lui a signifié ce contrat le 22 mars. Mais déjà le 15 mars, soit une semaine avant, le DG Franklin Mabaya avait déjà fait des annotations au directeur du département de chemins de fer, au directeur juridique et à son conseiller pour disposition. Or, qui dit pour disposition, a déjà validé, autorisé. C’est là où ça sent la complicité, la mafia organisée, estime-t-on au Conseil d’administration de la SCTP qui a sollicité auprès du ministre du Portefeuille la suspension du comité de gestion pour diligenter une enquête.

D’après les informations recoupées par Scooprdc.net, cette suspension a été votée à l’unanimité par les 8 membres présents à la réunion sur 10 que compte le Conseil d’administration, les deux dirigeants de la SCTP ayant boycotté la séance et la désignation séance tenante de Martin Lukusa, directeur du Département du Port de Kinshasa pour assumer l’intérim au poste de directeur général et ainsi assurer la continuité de la gestion courante des activités de la société. Il est reproché dans ce dossier aux DG et DGA, la complicité collégiale et l’exécution d’un contrat mal négocié. Les administrateurs n’ont pas voulu choisir l’un d’eux pour assumer l’intérim juste pour éviter d’être juge et partie.

Le deuxième dossier qui a éclaboussé les deux dirigeants de la SCTP est la prolongation de séjour des marchandises de certaines sociétés dont Socimex dans les entrepôts de la SCTP sans l’aval du Conseil d’administration, faisant ainsi perdre à la société plus de 2 millions USD de janvier à ce jour alors qu’elle en a grandement besoin pour le paiement des agents. Et pourtant une décision du Conseil d’administration avait interdit depuis novembre 2020 cette prolongation qui a toujours, non seulement causé un manque à gagner pour l’entreprise, mais aussi lui a créé des litiges au tribunal en cas de perte ou détérioration.

En effet, en bénéficiant de ces prolongations, les sociétés bénéficiaires entassent des marchandises mais les dernières entrantes pour leurs livraisons. Situation qui fait que les anciens stocks périssent à force de traîner longtemps dans les dépôts. Ce pourrissement est toujours mis sur le dos de la SCTP par celles-là même qui avaient bénéficié de la prolongation gratuite. Plusieurs fois, apprend scooprdc.net, Socimex s’est fait beaucoup d’argent sur le dos de la SCTP dans ce genre des dossiers au tribunal alors qu’elle a bénéficié des largesses à elle seule à hauteur de plus d’un million USD. D’après les informations parvenues à scooprdc.net, cette prolongation est obtenue par le versement des pots-de-vin au comité de gestion. Voilà qui a fâché le Conseil d’administration.

Immixtion suspecte de l’IGF

Pendant que le Conseil d’administration veut sauver la SCTP  de la prédation, dans sa lettre de ce jeudi 8 avril adressée au président de la République, l’Inspecteur général des finances, Jules Alingete, fait l’avocat du diable en protégeant les deux dirigeants de cette société. Il parle de la situation de confusion au sein de la Direction de la SCTP suite à la décision de son Conseil d’administration de retirer sa confiance au DG de cette entreprise.

«Si cette confusion devait se maintenir, elle entraînerait un blocage complet du fonctionnement de cette entreprise stratégique ainsi qu’une grogne du personnel, autant de perturbation sans doute projetées dans le but de mettre l’équipe d’encadrement des dépenses dans une pression de nature à faire passer des dépenses qui, autrement, n’auraient aucune chance d’être approuvées», écrit Jules Alingete à Félix Tshisekedi pour soutenir son plaidoyer, estimant que le DG est la seule personne habiletée à engager sa trésorerie, à travers les plans de décaissement que l’équipe des inspecteurs des finances qui y dépêchée, en mission d’encadrement, doit approuver préalablement à l’exécution de toute dépense, y compris les dépenses sociales.

Mais la question que l’on peut poser à Jules Alingete puisque personne n’est indispensable : Si Franklin Mabaya, on ne le souhaite pas, mourrait instantanément, la SCTP doit-elle s’arrêter ? Martin Lukusa désigné n’est-il pas enfant maison ? Ce qui fait dire à certains administrateurs de la SCTP que Jules Alingete est lui-même le protecteur des voleurs. Non sans raison, selon des informations gardées ‘’secret défense’’, Jules Alingete serait lui-même le fiduciaire de la plupart de Libanais et Indo-pakistanais dont Rawbank, Socimex et Sokin. On le soupçonne d’avoir empoché l’argent de ces Libanais mis en cause, pour défendre leurs intérêts auprès de leurs complices à la tête de la SCTP qui leur offrent des avantages au détriment de l’ex-Onatra, mieux, de l’Etat Congolais. Sinon, pareil plaidoyer ne se comprendrait pas. Dossier à suivre.

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