Kinshasa : Ça brûle toujours entre Ngobila et Mbungu !

La lettre du colistier de Gentiny Ngobila, adressée aux autorités du pays entre autres à Félix Tshisekedi et à l’Assemblée provinciale de Kinshasa le 21 mars passé, mettrait à nu une gestion calamiteuse de la ville-province de Kinshasa par son gouverneur depuis bientôt 2 ans. Néron Mbungu exige la mise en place d’une commission d’enquête pour vérifier ces accusations dont il en est témoin, parce que vice-gouverneur de cette même entité.

Aucune dénonciation ne peut autant être prise au sérieux, surtout lorsque le dénonciateur n’est autre que l’adjoint de l’accusé. En effet, la lettre de Néron Mbungu donne dans les détails le modèle de gestion mise en place par son titulaire, qui frise les méthodes de la célébrissime mafia « camorra » en Sicile. 

«Les conseils de ministres non tenus depuis une année, prétextant d’éviter la contamination par la Covid-19, et pourtant d’autres réunions se tiennent, à l’instar de celles qui ont réuni les syndicalistes du marché central et celles de partis politiques sollicitant de manifestations publiques. Les comptes de la ville, gérés par l’ordonnateur du cabinet du Gouverneur et non par le ministre des finances provincial tels que le stipule la loi. Passation de marchés de gré à gré de manière unilatérale et sans l’avis de l’autorité compétente en la matière. Prise de grandes décisions impliquant la ville « motu proprio »…, tels sont les griefs repris dans cette correspondance de Néron Mbungu.

Ceci a fait tomber le voile qui couvrait Gentiny Ngobila dont le choix et l’élection à la tête de la ville de Kinshasa par le Front Commun pour le Congo (FCC) a été contesté par les kinois. Malheureusement, la plateforme de Joseph Kabila, fidèle à sa politique d’ignorer les réactions de la population en imposant ses choix, se retrouve au pied du mur. D’une part, Ngobila a quitté le FCC pour rejoindre l’Union sacrée de Félix Tshisekedi pour espérer la rémission de ses péchés, et d’autre part, Néron Mbungu de la même famille politique que lui, mais visiblement porté par ceux qui avaient promis de déstabiliser le pays au cas où l’on toucherait à leurs intérêts.

Quoiqu’il en soit, la dénonciation de Néron Mbungu doit être prise au sérieux, car l’incapacité de Gentiny Ngobila n’est plus à démontrer : chaussées défoncées, manque d’eaux et d’électricité, insécurité, insalubrité prononcée dans la ville, les écoles publiques en piteux états, les hôpitaux de références avec de médecins impayés, sans équipements ni médicaments. Qu’une enquête soit diligentée pour tirer tout ceci au claire, il y a urgence !

Entre-temps, la cohabitation à l’Hôtel de ville entre les deux dirigeants de la ville est de chien et chat. Ce que les Kinois appellent «rando» ou «orange». Néron Mbungu qui a clamé haut et fort soutenir les députés motionnaires qui réclamaient la déchéance du président de l’Assemblée provinciale, Godé Mpoy, a mordu la poussière et une motion de défiance contre lui a été initiée et déposée au bureau de l’organe délibérant, mardi 6 avril, par le député provincial Damien Nkufi. Va-t-il s’en sortir, lui qui s’est mis sur le dos Gentiny Ngobila et Godé Mpoyi ? Néron Mbungu risque de se retrouver sans mandat comme le gouverneur Martin Kabuya du Kasaï central étant donné que le nouveau mandat électif annule le nouveau. Son chômage fera sans doute du bien au journaliste Louis-d’or Balekelayi qui l’a toujours accusé d’avoir volé son siège par corruption à la Cour constitutionnelle.

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