UDPS : Tous gourmands !

Il avait fallu au renard d’avoir un os comme appât pour montrer aux animaux que le chien ne méritait pas d’être leur roi. Dans une manifestation où le chien confortablement vautré dans son fauteuil royal se faisait bercé par les chants entonnés à sa gloire, le renard sortit de son sac un os et le jeta par terre devant le chien.  Oubliant qu’il était roi et que l’on chantait pour lui, il se jeta sur l’os et se retira à côté pour le croquer. Le démérite !

Le démérite, c’est l’image que donne l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti actuellement au pouvoir. Que des querelles à l’interne exposées à la place publique ; que de l’exhibition et l’amplification de toutes les pratiques décriées sous Mobutu et les Kabila, etc ; pour un parti qui a milité pour la démocratie et l’Etat de droit pendant 37 ans avant d’accéder au pouvoir, ça frise la honte.

La dernière scène désagréable c’est la bousculade pour entrer au gouvernement Sama Lukonde. Tout le monde à l’UDPS veut y être, mêmes les ministres sortant s’y accrochent. Personne ne veut laisser la place à personne. Et sans se gêner, certains cadres se cachant derrière de bases imaginaires, ont fait monter des banderoles à travers la ville de Kinshasa pour réclamer leur présence au sein de ce gouvernement. A Mbuji-Mayi, au Kasaï oriental, une marche dite de soutien a été organisée par des jeunes de l’UDPS qui exigent aussi la présence de l’actuel maire de leur ville à ce gouvernement. Une marche en faveur de quelqu’un qui a déjà une responsabilité dans la territoriale, c’est une injure pour les autres cadres du parti.

Embarrassé par la gourmandise des cadres de son parti, le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, n’a pas caché sa déception publiquement, ce dimanche 14 mars, lors d’une manifestation de l’UDPS à Lingwala : «J’avais responsabilisé toutes les structures du Parti pour mettre en place des commissions de gestion des ambitions. Mais à notre grande surprise, sur 8 postes, nous avons 72 candidats. C’est comme ça qu’on leur a dit que même les anges ne peuvent pas trancher cette histoire. J’avais fait mon rapport au président du parti et au chef de l’État. Même les ministres du gouvernement sortant disent qu’ils doivent être reconduits. Si on mélange les 72 candidats plus 10, je suis devant une situation de 82 personnes qui veulent occuper les 8 postes. C’est ce qui bloque, prière de demander aux amis de se départager pour qu’on ne puisse avoir que 8 personnes».

Les ambitions, tout le monde les a, mais si le parti est bien discipliné, tout va se passer dans l’ordre et sans casse. Mais ce n’est pas visiblement ce qui se passe à l’UDPS dont les faits et gestes sont suivis à la loupe pour s’être érigé depuis longtemps en donneur de leçons quand elle était dans l’opposition. Déjà, certaines personnes d’origine kasaïenne oppose à l’UDPS l’adage lulua qui dit : «Mukuebe ubanda kulu, kumuseki matengi», entendez : «Lorsque ton ami grimpe sur un arbre, ne te moque pas de ses fesses», comme pour dire qu’à ton tour, tu subiras la même moquerie. La sortie du gouvernement est bloqué, dit-on, à cause de l’UDPS qui n’a pas encore envoyé au premier ministre la liste de ses préposés.

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