Accusations de Global Witness et PLAAFF contre Afriland First Bank : «Ces ONG s’hasardent sur un terrain qu’elles ne maîtrisent pas», dixit Patrick Kafindo

Le Directeur général adjoint de Afriland First Bank RDC était ce mercredi 10 mars 2021 devant la presse à Kinshasa. Il s’agissait pour Patrick Kafindo de donner la lumière sur le lien entre la Mutuelle financière des femmes africaines (Muffa) nouvellement installée dans la capitale de la RDC et sa banque, ceci pour éviter des interprétations erronées et des spéculations. Mais il a profité naturellement profité pour parler des dernières actualités concernant sa banque sur laquelle pèsent des accusations des ONG Global Witness et PLAAFF ainsi des lanceurs d’alerte, d’ailleurs ses anciens employés. En effet, pour rappel, Afriland First Bank est accusée d’avoir aidé des personnes sanctionnées par les Américains, notamment l’homme d’affaires Dan Gertler, à contourner ces sanctions. Mais aussi ces ONG l’accusent-elles d’avoir violé la régulation bancaire en payant en cash de fortes sommes d’argent.

Pour Patrick Kafindo, le secteur bancaire est le plus réglementé au monde et où il y a plus de traçabilité des opérations. «Nous gérons la richesse du public, pour cela l’Etat ne peut pas nous laisser faire tout ce qu’on veut. La Banque Centrale dans sa mission de régulateur du système financier est là, elle veille et fait le nécessaire pour protéger l’épargne du public», répond-il en soutenant que ces ONG s’hasardent sur un terrain qu’elles ne maîtrisent pas.

Et de préciser : «Pour ouvrir un compte dans une banque il y a un protocole à suivre. Au sein de notre banque nous avons une Direction de compliance qui alerte chaque fois qu’il y a un client sous sanction. De toutes les façons, il y a deux cas : – Soit à l’entrée en relation, le client est sous sanction, à ce niveau, tout le processus d’entrée en relation s’arrête ; – Et si la sanction est prononcée pendant la durée de vie du compte, à ce niveau le circulaire compliance group est clair, nous lisons le contenu de la sanction et nous l’appliquons intégralement».   

S’agissant de la réaction d’Afriland First Bank par rapport à la révocation par le Département d’état américain et l’OFAC de  la licence accordée à Dan Gertler en janvier dernier, Patrick Kafindo donne cette explication : «En janvier, lorsque le client a présenté sa licence, nous lui avons écrit pour l’informer que son compte en dollars restera bloqué jusqu’à la levée définitive des sanctions».

Et face aux allégations de paiement en cash de fortes sommes, le DGA d’Afriland ironise que  «Si cela émanait d’un Congolais ou d’un résident de la RDC j’en aurais été étonné. Comme cela provient de personnes étrangères aux réalités de l’économie congolaise, ça se comprend» avant d’expliquer que les réalités de l’économie congolaise sont telles que le taux de bancarisation en RDC est de 7% et le taux d’utilisation du cash de 90%. Cela fait, selon lui, que 83% de personnes qui sont en marge du système bancaire, utilisent nécessairement le cash pour faire leur transaction financière.

«La Banque centrale est consciente et fait le nécessaire pour encadrer la circulation et l’utilisation du cash. Les retraits et les versements de cash au guichet des banques ne sont pas interdits mais encadrés», déclare le DGA d’Afriland First Bank avant de conclure que tout ce qu’ils font à Afriland First Bank est conforme aux dispositions de la Banque centrale qui a édicté le 19 juillet 2004 l’instruction n°15 relatives à la lutte contre le blanchiment des capitaux et financement du terrorisme qui a évolué avec des modifications de décembre 2006 et de mai 2020 dans le souci pédagogique, cela pour amener la population à abandonner petit à petit l’utilisation du cash.

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