Meurtre de l’ambassadeur italien au Nord-Kivu : responsabilités partagées entre les Services, la Monusco et l’Ambassade !

D’aucuns ont trouvé scandaleuse la déclaration du gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita selon laquelle il n’était pas au courant de la présence dans sa province de l’ambassadeur italien abattu  près de Goma ce lundi 22 février dans la matinée. Selon les informations parvenues, l’Ambassade italienne à Kinshasa aurait écrit plus de 24 heures avant à la Présidence de la République pour l’information de ce déplacement dans l’Est du pays.

Au cas où il est vrai que l’Ambassade a informé la Présidence de la République, le directeur de cabinet du chef de l’Etat, patron de l’administration présidentielle, a-t-il informé le Conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité et numéro 1 du Conseil National de Sécurité (CNS) ? Celui-ci a-t-il à son tour informé le REDOC, le directeur provincial de la DGM ainsi que la Police  à Goma pour la prise des dispositions sécuritaires utiles ?

D’après les  proches de ces responsables chargés de sécurité au Nord-Kivu, aucun d’eux n’était informé de l’arrivée du diplomate italien à Goma qui, d’après les informations recoupées par scooprdc.net, y était allé vendredi par le vol de la Monusco. Possible qu’ils ne soient pas informés du fait que généralement les passagers des avions de la Monusco ne passent pas par la DGM ni ne sont contrôlés par l’ANR. Mais cela ne peut les dédouaner, estime un agent de renseignement avec qui le média en ligne a échangé. Il soutient que trois jours étaient largement suffisants pour se rendre compte de la présence d’un corps étranger dans la ville et se rassurer de ce qu’il est venu faire et en informer le gouverneur de province.

Du côté de la Monusco, il y a aussi une grande responsabilité. C’est son avion qui a transporté le diplomate parti pour une mission du Programme Alimentaire Mondial (PAM), une agence de Nations Unies dont fait partie la Monusco. Comment et pourquoi ne pas mettre à sa disposition des casques bleus pour sa sécurité surtout dans une zone très rouge où des personnes sont quotidiennement tuées par les hommes armés ? Comment les responsables sécuritaires de la Monusco à Goma ont-ils laissé un diplomate dont le pays est membre de l’ONU s’aventurer avec deux véhicules de PAM, propriétés de l’ONU, dans une telle zone très rouge sans se préoccuper de sa sécurité ? Comment ce diplomate peut-il arriver dans une ville, y faire trois jours sans présenter ses civilités à l’autorité locale représentant le chef de l’Etat ? Pourquoi a-t-il attendu seulement 24 heures avant son voyage pour informer la présidence sur un voyage aussi périlleux très loin de la capitale RD congolaise ?

Les responsabilités sont partagées dans ce meurtre. Autant il faudra identifier ses auteurs, autant il faudra aussi établir les responsabilités des failles au niveau des services de sécurité de la RDC, de la Monusco ainsi que de l’Ambassade italienne à Kinshasa.

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