RDC – Politique : Plus flatteur que Steve Mbikayi et Ngoyi Kasanji, tu meurs !

Le revirement politique avec lequel les très kabilistes Steve Mbikayi, président du Parti Travailliste (PT), et Alphonse Ngoyi Kasanji, ancien gouverneur du Kasaï oriental, font montre au point de devenir spectaculairement très fatshistes, ne peut étonner que les non-initiés. Non sans raison, pour des individus comme eux nés avant la honte et qui ne font de la politique que pour le ventre, et pour qui le ridicule ne tue pas, rien de surprenant. Heureusement pour les initiés, « nihil novi sub sole » comme pour dire : rien de nouveau sous le soleil ou encore rien n’est nouveau dans ce monde des hommes. A travers plusieurs de ses fables, Jean de la Fontaine avait alerté le monde. Dans le cas d’espèce de ces deux kabilistes patentés subitement convertis fatshistes, mieux, devenus plus catholiques que le Pape, la fable de «le Corbeau et le Renard » est une vraie illustration avec sa leçon à en tirer : «Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ».

En effet, le premier, Steve Mbikayi, devenu ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire du gouvernement Tshibala, à la faveur des accords du Centre interdiocésain de Kinshasa, a vite quitté le navire de l’opposition pour se faire chantre de la kabilie alors qu’il y avait peu, l’ancien directeur technique de l’ex-Onatra et promoteur du Collège Le Cartésien, ne faisait que déplumer Joseph Kabila, président de la République à l’époque et décriait à longueur des journées sa gestion du pays. L’opinion se souviendra que l’homme venait d’être révoqué à l’Onatra après succession de grèves, alors qu’il assumait les fonctions de Directeur Général. Le Ministre Mbikayi l’a fermé totalement comme pour suivre le conseil de son collègue, Thomas Luhaka, transfuge du Mouvement de Libération du Congo (MLC) devenu aussi kabiliste : «On ne parle pas lorsque l’on mange et l’on a la bouche pleine ». Par contre, il s’est soumis à l’ignominieuse formule de tous ces flatteurs à savoir : «…sous l’impulsion du chef de l’Etat» dans tous ses discours pour se soustraire des réprimandes de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR), tenue par le Tout-puissant Kalev Mutondo.

Si à la création en 2018 du Front Commun pour le Congo (FCC), plateforme électorale alignée derrière Joseph Kabila, des ministres du gouvernement Tshibala comme Emery Okundji et Jean-Pierre Lisanga Bonganga avaient résisté et refusé d’adhérer à cette plateforme, Steve Mbikayi s’y était investi pieds et mains liés. Voilà qui a favorisé sa reconduction au gouvernement de coalition FCC-CACH dirigé par Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

Avec le vent de la perestroïka soufflé par l’Union sacrée de la nation créée en novembre 2020 par le président Félix Tshisekedi, Steve Mbikayi s’embarque en retard dans le navire. Seulement, depuis son arrivée, l’homme supplante ceux qu’il a trouvés et se montre plus tshisekediste que les Udpsiens en proclamant déjà Félix Tshisekedi unique candidat président de la République en 2023. il ne gêne pas de créer même le «Front patriotique 2023» pour la promotion et la visibilité des actions de Félix Tshisekedi et l’accompagner aux élections. Ce qui a poussé l’informateur désigné Modeste Bahati de le tacler : «Il n’y a pas mauvaise idée ou mauvais conseil, ou mauvaise prétention que celle de vouloir pousser le chef de l’Etat à la faute et à l’erreur. Nous sommes dans la démocratie, on doit respecter les libertés des uns et des autres, encore qu’à ce stade nous ne pouvons pas savoir ce qui peut nous arriver en 2023 pour commencer déjà à parler de candidatures. Je pense que c’est précoce, il faut verser cela dans le lot de flatteurs. Et nous devons éviter ce comportement. Nous avons insisté sur le changement du comportement, il faut éviter l’escroquerie politique et la flatterie ».     

Quant à l’ancien gouverneur du Kasaï oriental, Alphonse Ngoyi, réputé persécuteur à Mbuji-mayi durant tout son mandat de 12 ans des militants de l’UDPS, parti aujourd’hui au pouvoir, il a lui renié Joseph Kabila et le FCC alors qu’il venait de tweeter le 8 septembre 2020 à 11h55 : «Je serai avec JKK (NDLR : Joseph Kabila Kabange) jusqu’au jour de ma mort». Comme l’apôtre Pierre qui a renié par trois fois le Christ la nuit avant que le coq ne chante le matin, Ngoyi Kasanji a vomi Kabila juste trois mois après son tweet. Aujourd’hui, il ne fait que chanter matin, midi, soir le nom de Félix Tshisekedi, celui-là même qu’il avait maltraité pendant la campagne électorale à Mbuji-Mayi en décembre 2018. Franchement, si le ridicule tuait, il serait mort et enseveli depuis très longtemps.

Soit ! Félix Tshisekedi se laissera-t-il bercer par les renards qui ne visent que le fromage qu’il détient ? Il est vrai qu’il a besoin de tout le monde en vue de matérialiser sa vision de gouvernance, mais attention, lorsqu’il y a des loups dans la bergerie, c’est trop dangereux. Surtout que les adages «qui a trahi, trahira toujours » et «qui a bu, boira » nous sont interpellateurs. Il est quand même difficile, voire impossible à moins d’un miracle, de transformer un tronc d’arbre immergé en crocodile. Ce qu’ils ont fait à Kabila, ils le front aussi à Fatshi.

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