Présidence de la RDC à l’UA : ce qu’il faut retenir du discours de Félix Tshisekedi

Arrivé dans la capitale éthiopienne le soir du jeudi 4 février en provenance du Caire en Égypte,  le chef de l’État congolais Félix Tshisekedi a pris ses fonctions comme étant président de cette organisation lors de la 34ième session ordinaire de l’Union Africaine (UA) à Addis Abeba, le vendredi 5 février dernier. Il a ainsi placé son mandat et celui de la RDC à la tête de cette organisation continentale sous le thème principal : « Arts, culture et patrimoines : leviers pour l’édification de l’Afrique que nous voulons », comme il l’a affirmé dans son allocution devant ses pairs et plusieurs délégations présents dans cet hémicycle africain.

« Nous voulons, en effet, une Afrique avec une participation active et massive des femmes et des jeunes, moteur du jeu développement durable et inclusif », précise t-il.

Après avoir remercié son prédécesseur, le Sud-africain Cyrill Ramaphosa, le nouveau président de l’UA a salué Madame Saleh Work, présidente de la République fédérale d’Ethiopie et Monsieur Amed, Premier ministre, pour la qualité de l’accueil que le peuple éthiopien n’a cessé de réserver aux délégations lors des assises au siège de l’organisation. Félix Tshisekedi a demandé en outre à ses pairs, d’établir le président sud-africain comme champion dans le programme de vaccination en Afrique contre le coronavirus, pour son combat face à cette pandémie alors qu’il devait en même temps conduire à la destinée de l’organisation.

Quant au mandat de la RDC, reconnaissant que c’est un privilège unique pour son pays d’accéder à cette présidence de l’UA l’année du soixantenaire de la disparition de Patrice Emery Lumumba qui, déjà en août 1960, à Kinshasa alors Léopold Ville, avait présidé le dernier congrès de l’histoire du grand mouvement du panafricanisme. Et le 30 juin 1960, peu avant sa disparition tragique, il déclarait, cite Félix Tshisekedi : «l’Afrique écrira sa propre histoire. Et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité».

Voilà pourquoi affirme le président RD Congolais que c’est dans cette optique et pour honorer la mémoire de tous les Panafricanistes, qu’il entend entrer la thématique de sa présidence de l’Union africaine dans la vision ci-après : « une Union africaine au service des peuples». Cette vision spécifique qui s’inscrit dans le premier plan décennal de mise en œuvre 2014-2023 de l’Agenda 2063 va se décliner autour de neuf piliers stratégiques mieux détaillés dans son plan d’action.

Faisant l’état de lieu du continent, Félix Tshisekedi a déploré l’insécurité dans la région sahelo-sahélienne, en République Centrafricaine, dans la partie Est de la République Démocratique du Congo, ainsi qu’en Afrique Australe, réputée pour sa stabilité et son pacifisme, où le terrorisme est en train de sévir dans la partie nord de Mozambique. Par ailleurs, il a salué la construction de l’Afrique qui devra service les peuples avec les progrès accomplis dans le processus de ratification de l’accord de Libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Toutefois, malgré la ratification de cet accord reconnaît le nouveau président de l’UA, le démarrage des échanges en ce début d’année 2021 dans le cadre de la ZLECAF représente un acte d’indépendance économique. Et il existe des défis certains au regard des disparités dans le développement industriel de différents pays. A cela s’ajoute la pandémie de Covid-19 qui a pris au dépourvu toute l’Humanité au point de faire perdre à celle-ci des vies humaines, de restreindre les mouvements des personnes et de déstabiliser les économies, sans oublier la malaria et le VIH sida de loin plus mortels dans le continent.

Ainsi dans une stratégie, avec les communautés économiques régionales, Félix Tshisekedi s’engage à conjuguer ses efforts pour renforcer la paix et la sécurité ; poursuivre la réalisation de la ZLECAF ; promouvoir une renaissance de la culture, des arts et des patrimoines africains ; lutter contre le changement climatique ; accélérer les projets intégrateurs entre autres la construction du grand barrage Inga ; consolider l’initiative de l’UA dans la lutte contre la Covid-19 et dans la prévention contre d’autres maladies.

Tirant les leçons de la pandémie, en plus de renforcer le système de santé, le moment est venu d’investir davantage dans l’éducation et la recherche scientifique, plaide Félix Tshisekedi devant ses pairs africains. 

« Fort de ma vision d’une Union africaine au service des peuples africains, je me propose précisément de faire sortir notre organisation, avec votre concours à tous, de salles de conférences, des disques durs de nos ordinateurs et des dossiers bien ficelés de nos secrétariats. J’entends l’amener dans les cours d’écoles, au milieu de camps de réfugiés, aux cœurs marchés de nos villes et de champs de nos villages », conclut-il.

Promouvoir une communauté panafricaine consciente de son histoire, de son potentiel artistique et de la richesse de son patrimoine culturel n’est pas et ne doit pas être une option mais un devoir, a martelé le chef de l’État congolais. Avant de paraphraser Joseph Ki-Zerbo : «On ne développera pas l’Afrique. Mais c’est Afrique qui se développera».

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