Libération de Benjamin Wenga et Modeste Makabuza : S’il vous plaît Fatshi Béton, il y a tollé et grogne !

Depuis la libération, vendredi 8 janvier dernier, de quelques prisonniers graciés de la prison de Makala par le président de la République, un vif tollé et une grande grogne sont perceptibles dans l’opinion congolaise à l’intérieur tout comme à l’extérieur du pays. Et pour cause, parmi les libérés, figurent deux condamnés dans le procès dit du programme de 100 jours pour détournements des deniers publics : Benjamin Wenga, ancien directeur général de l’Office de Voies et Drainage (OVD), et Modeste Makabuza, directeur général de la SOCOC.

Toutes les réactions enregistrées par scooprdc.net, particulièrement sur la toile (WhatsApp, Facebook, Twitter…) sont quasiment négatives. Beaucoup reprochent, à tort ou à raison, le vice-ministre de la Justice et le directeur intérimaire de cabinet du président de la République d’être dans ce coup qui déshonorent le combat de ce dernier d’instaurer un Etat de droit visant l’anéantissement, mieux l’éradication de la corruption, des détournements et de l’impunité.

«Je CONDAMNE avec la dernière énergie la libération d deux CONDAMNÉS POUR DÉTOURNEMENT DES DENIERS PUBLICS : Benjamin WENGA et Modeste MAKABUZA! Que reste encore de la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics en RDC? C’est scandaleux et inacceptable. J’ajoute que même la décision judiciaire condamnant les concernés, confirmée par la Cour de Cassation, leur prive du droit notamment à la remise de peine et à la libération conditionnelle. ILS DOIVENT ÊTRE RETOURNÉS EN PRISON ET LE VICE MINISTRE DE LA JUSTICE POURSUIVI EN JUSTICE», réagit Georges Kapiamba, coordonnateur national de l’ONG ACAJ sur Twitter.

Un autre internaute écrit toujours sur Twitter : «Le détournement est un cancer. On ne peut pas arriver au bout de ce mal si on fait semblant de sanctionner. C’est être en dehors de la plaque. Pire, cracher sur tout un combat. On ne doit pas perdre la ligne directrice». Un autre encore écrit : «On ne peut pas prôner l’État de droit et couvrir l’impunité par la grâce présidentielle. Un très mauvais signal».

José Mbala, président de l’association sociopolitique BOMOKO PONA CONGO et un pure fatshiste qui a adhéré à l’Union sacrée pour la nation, ne cache pas aussi sa désapprobation : «…c’est une décision inopportune et de nature à plonger le pays dans une insécurité juridique encourageant ainsi la malversation financière et le détournement des deniers publics. Le chef de l’Etat a été mal conseillé de gracier ces condamnés détenant des millions de dollars détournés et se retrouvant logés dans leurs comptes respectifs. Nous tous devons condamner le mal d’où qu’il vienne car il reste ainsi même s’il est posé par un ange».

Ce que tout le monde ne comprend pas est que sur l’ordonnance du président Tshisekedi n° 20/150 du 30 décembre 2020 portant mesure collective de grâce, il est clairement stipulé à l’article 5 que sont exclues entre autres de cette mesure de grâce, des personnes condamnées pour détournements des deniers publics et concussion. De même sur l’arrêté du vice-ministre de la justice incriminé, Bernard Takaishe Ngumbi, parmi les noms de personnes bénéficiant de la grâce présidentielle qui y figurent, ceux de Benjamin Wenga et Modeste Makabuza n’y sont pas.

On raconte que les deux condamnés sortis de Makala ont bénéficié de la liberté conditionnelle. Argument qui paraît encore drôle d’autant plus qu’ils ont étaient condamnés au premier et au second degrés et comme le précise Georges Kapiamba, leurs condamnations alourdies à la Cour d’appel qui n’ont pas encore atteint une année, leur prive du droit notamment à la remise de peine et à la libération conditionnelle. Quelle est alors cette juridiction qui leur a accordé cette liberté conditionnelle ? La même Cour d’appel ou la Cour de cassation ? Et pourquoi cette coïncidence avec la libération des graciés présidentiels pour créer la confusion et discréditer le chef de l’Etat ?

Voilà un flou qui doit pousser ce dernier dont la mesure de grâce est vivement critiquée et jetée en pâture à cause de ce tripatouillage en tenant compte de tout le tollé soulevé par la libération de sieurs Wenga et Makabuza, de sauver par des sanctions sévères envers les auteurs du tripatouillage décrié, sa vision contenue dans le combat d’instauration d’un Etat de droit.   

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