Crise à l’Université officielle de Bukavu : Thomas Luhaka interpellé !

Par une décision rendue publique le lundi 23 novembre, le recteur de l’Université officielle de Bukavu (UOB), le Professeur ordinaire Muhigwa Bahananga Jean-Berchmans, a suspendu 4 chefs de travaux, sans l’ouverture d’un dossier disciplinaire à leur charge. D’où grogne et situation de tension de l’Université jusqu’à la clinique universitaire, car l’un des suspendus est un médecin, qui a passé la journée au bloc opératoire le jour de la collation de grades académiques, cause de sa suspension. 

Si le personnel scientifique et de la clinique se plaignent et haussent le ton, c’est surtout pour prendre fait et cause en faveur du Docteur Wimba Muriro, l’un de chefs de travaux suspendus. Car en effet, le recteur reproche à ce dernier d’avoir saboté la cérémonie de collation de grades académiques sanctionnant la clôture de l’année. Mais seulement, violant les règles élémentaires en matière disciplinaire, le recteur a suspendu ces corps scientifiques, sans leur donner les moyens de se défendre. Et pourtant, si le chef de travaux Wimba ne s’est pas présenté à la cérémonie, c’est parce que le devoir de sauver de vies a fait qu’il passe la journée au bloc opératoire de la clinique universitaire. Dans ce lot, on retrouve hormis le docteur Wimba Muriro, les chefs de travaux Bavurhe Zirirane, Kakule Lyamahesana, Ngoy Biringanine. 

Contacté par la rédaction de Scooprdc.net, le Dr Patient WIMBA Muriro, Gynécologue de son état, confirme avoir passé la journée de samedi 21 novembre à soigner des femmes en détresse à la Clinique Universitaire de l’UOB. Et des sources sûres au sein de cette structure de soins, renseignent que ce gynécologue est arrivé à la Clinique Universitaire à 6 heures et a opéré jusque dans l’après-midi de ce samedi, jour prévu par le recteur pour la collation.

Les malades trouvés sur place ainsi que les agents sont choqués d’apprendre que ce médecin dévoué ait pu être sanctionné, alors qu’il n’a fait que respecter son serment en travaillant pour sauver des vies humaines. 

Cette décision est venue exacerber une crise latente que couvrait le personnel depuis plusieurs mois au sein de cette institution de l’État, sur fond de suspicion de megestion imputée au recteur et à son équipe dirigeante. A ce jour, la suspension de ce personnel a donné lieu à d’autres mouvements de boycott et revendications nés de frustrations.

Pour les agents contactés, ils dénoncent les engagements abusifs, irréguliers et massifs. Également la création des filières sans planification, alors que le budget était déficitaire. Ces derniers réclament aussi la paie de leur prime d’il y a 3 mois qui risque de disparaître, selon leur propre propos.

Depuis le 25 novembre dernier, les activités tournent au ralenti dans cette Université, car le personnel administratif et scientifique exige la levée de suspension de leurs collègues avant toute négociation. Le ministre Thomas Luhaka est appelé à intervenir vite, pour éviter le pourrissement de cette situation.

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