Passeport congolais : pourquoi autant de comptes du trésor dans autant de banques privées ?

C’est ce lundi 30 novembre 2020 qu’est annoncé la vente des formulaires pour l’obtention des passeports ordinaires électroniques et biométriques congolais, l’affaire de ces documents d’identité a révélé un conflit entre la ministre d’État aux affaires Étrangères et le ministre d’État aux Finances sur le choix de la banque devant abriter le compte séquestre ouvert à cette fin. En effet, la FBNBank était le choix de Tumba Nzeza tandis que la Sofibank était celui de José Sele Yalaghuli

De quoi soupçonner la dispute des choix de ces deux membres du gouvernement Ilunkamba étant donné que ce soit dans l’une ou l’autre banque, le compte est celui du trésor. Pourquoi donc ces querelles ? Question de rétro-commission ? Possible, estiment les fonctionnaires de ces deux ministères qui connaissent comment les choses marchent. 

Cependant, beaucoup de congolais se posent la question de savoir ce que c’est un compte séquestre. En effet, un compte séquestre est un terme juridique qui dans les finances, est utilisé pour désigner une procédure par laquelle une somme d’argent est rendue momentanément indisponible jusqu’à l’accomplissement d’une transaction entre les parties. Son objet est de bloquer une somme d’argent jusqu’à réalisation de la transaction.

Mais en dehors de compte séquestre qui se justifierait par le fait que l’État soit en contrat avec un tiers, il est connu que l’État Congolais possède autant de compte dit du trésor dans plusieurs banques commerciales occasionnant parfois et souvent d’ailleurs de coulage sérieux de recettes de l’État. Et pourtant sous d’autres cieux notamment en France, la banque de France possède des agences et effectue des transactions concernant les impôts et taxes dus à l’État français.

La question que l’on doit se poser c’est pourquoi la Banque Centrale du Congo (BCC) ne planterait-elle pas des agences pour collecter directement les sommes dues à l’État ? Ceci éviterait à l’État de dépenses découlant de frais bancaires taxés par les banques commerciales, bannir en passant cette vilaine habitude de rétro-commission tant décriée et éviter le coulage de recettes ainsi que le détournement.

L’État Congolais peut reformer la BCC au modèle de la banque de France afin qu’elle perçoivent directement les sommes dues à l’État. Le personnel de la BCC semble être sous exploité au regard de ce qu’ils engrangent comme salaire.

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