Mimie Engumba à l’occasion de la journée internationale de la femme : Il faut faire de cette lutte pour l’égalité des droits une affaire quotidienne.

Ancienne journaliste de Radio Okapi, ancienne ministre du gouverneur Bolamba en Equateur démembré, Mimie Engumba est une femme de caractère qui sait se déterminer. Elle était la première à démissionner de ce gouvernement pour comportement indigne de Tony Bolamba. Courage exceptionnel qui manque à la majorité des Congolais. Engumba Mulongo a aussi démissionné de Radio Okapi lorsqu’elle se détermine de faire la politique active. Candidate malheureuse aux législatives de décembre 2018, elle est actuellement patronne du média en ligne Dépêche.cd. Mariée et mère de trois enfants, elle n’a pas manqué de placer un mot à l’occasion de la journée, mieux du mois dédié à la femme. Dans une interview accordée à Dépêche.cd, elle martèle qu’il faut faire de la lutte pour l’égalité des droits, une affaire quotidienne. «Nous pensons donc que l’époque de l’exclusivité de certains emplois pour les hommes est révolue», martèle-elle. Ci-dessous l’interview accordée à Dépêche.cd :

Quelle est l’importance que vous accordez à la journée du 8 mars ?

Mimie ENGUMBA : Elle est importante dans la mesure où elle permet de réveiller les esprits sur  la question du droit de la femme pourtant garanti par plusieurs textes internationaux et nationaux. Cette journée permet l’évaluation de la lutte pour l’égalité des droits entre de l’homme et la femme et à tous les niveaux. Cela permet aux femmes engagées dans ce créneau en particulier et toutes les autres en général sans oublier l’Etat, de mettre en exergue les avancées réalisées et les défis qui restent à relever. Un exemple, on lutte pour l’autonomisation de la femme, sa représentativité aux instances de décision, la scolarisation de la jeune fille, etc.  Ce 8 Mars peut servir à faire un bilan et voir à quel niveau ces différents challenges ont été  accomplis. Voir également ce qu’a été l’apport de la femme elle même mais aussi de l’Etat.

Le thème de cette année est basé sur l’égalité. En tant que femme, en quoi devrait consister cette égalité ?

M.E : En ce qui concerne l’accès à l’éducation, la fille doit en bénéficier sans discrimination dans le milieu urbain comme rural. Quant à l’accès au travail dans différents domaines, la femme doit être admise au même titre que l’homme pour les mêmes compétences et le même profil. L’accès aux soins de santé spécifiques de la femme ne doit pas être un luxe. L’homme et la femme étant soumis aux mêmes exigences scolaires, académiques, ils doivent de ce fait bénéficier des mêmes privilèges et avantages au niveau professionnel et dans la vie quotidienne. Nous pensons donc que l’époque de l’exclusivité de certains emplois pour les hommes est révolue. Mais il faut souligner que ce droit ne peut être garanti dans les conditions de précarité. Il est nécessaire de rendre la femme autonome et indépendante.

Vous évoquez l’autonomisation de la femme, en quoi consiste t elle  ?

M.E : Lui accorder les mêmes chances d’accès aux crédits, aux financements et aux marchés de l’emploi comme l’homme. Il faut sortir la femme de sa pauvreté pour la libérer d’abord d’une prison mentale puis matérielle. Il faut la former dans  divers domaines pour lui permettre de se prendre en charge.

Estce dans le cadre de cette autonomisation que vous avez créé un média en ligne? Pourquoi il y a peu de femme à la tête d’organes de presse, que ce soit traditionnel ou en ligne ?

M.E : Deux raisons principales à mon avis : la peur d’affronter les réalités de gestion au quotidien et les difficultés d’accès aux financements. En ce qui me concerne, c’est dans le souci d’être indépendante et de faire un travail devenu une passion que DEPECHE.CD a été créée. Qu’à cela ne tienne, la peur est permanente et chaque jour qui passe représente des nouveaux défis.

Avoir les femmes à la tête des organes de presse équivaut à dire avoir des femmes Chefs d’entreprises. C’est justement pour ça que les femmes se battent car c’est un processus. Il faut reconnaître que le nombre augmente bien qu’il soit encore minimisable. Il est question d’une décision, d’une détermination mais surtout des moyens. Nombreuses, j’imagine, hésitent encore mais le besoin est là. Pour ce type de femmes, notre détermination (nous qui avons déjà osé) pourra les motiver et les faire avancer.  Même si les femmes sont cheffes d’entreprises, nous travaillons avec des hommes sans complexe.

Pourquoi il ny a pas assez de femmes journalistes, cheffe d’entreprise ?

M.E : Être chef de d’entreprises renvoie à faire face à plusieurs contraintes administratives et  surtout financières. Le média en général n’est pas un emploi rémunérateur à juste titre.  La valeur de ce travail n’est pas reconnue par bon nombre de gens. Et donc être employée journaliste ou cheffe d’un média, on est soumise aux mêmes difficultés. Et comme femme, la tâche est encore plus difficile car exposée à plusieurs pressions, notamment le harcèlement.

Quels sont les obstacles qui se dressent aux femmes pour entreprendre dans la presse ?

M.E : Ce n’est pas seulement dans la presse où la femme est confrontée aux obstacles ou harcèlements.  Mais nous mettons ici un accent sur la femme journaliste qui par son métier, est appelée à rester en contact permanent avec les faiseurs d’informations dans tous les domaines. Elle est donc plus exposée que les autres. La femme journaliste n’est pas épargnée de la pauvreté qui ronge la femme en général. Elle est aussi victime d’une certaine discrimination dans le traitement. Elle connaît un sérieux problème de financement

Doiton attendre la journée du 8 Mars pour parler de la question de l’ Égalité des droits ?

Il faut faire de cette lutte pour l’égalité des droits une affaire quotidienne. Dans n’importe quel créneau, la femme doit se battre pour avoir ce qu’elle mérite. Elle est tenue de faire valoir ses compétences et mérites dans le monde professionnel. Et enfin, considérer l’homme comme son partenaire dans ce combat. Bref, à travail et compétences égal, il faut penser au salaire égal. Il est encore déplorable de voir que dans certaines entreprises, les femmes sont moins bien payées que les hommes aux mêmes postes de compétence. Cela devrait changer.

  • Bendélé Ekweya té

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