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Economie

Gestion calamiteuse de la SOKIMO : pourquoi est-on très insensible aux cris de détresse des travailleurs ?

Sokimo

Par Dorcas Nzumea.

Les travailleurs de la Société Minière de Kilo Moto (SOKIMO), accusent plus de 90 mois d’arriérés de salaires. Un paradoxe que même les eschatologues ont difficile à expliquer, pour des personnes qui produisent de l’Or et sont assises sur des mines d’Or !

Depuis l’avènement de Félix Tshisekedi au pouvoir en janvier 2019, ces travailleurs et leurs syndicats lui ont écrit plus de cinq fois pour déplorer la mauvaise gestion de leur société et le bradage de ses mines, mais sans succès. Le 26 février dernier, l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) a écrit au premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, pour faire un plaidoyer en faveur des travailleurs de SOKIMO.

Infatigables, les travailleurs ont adressé ce mardi 03 mars 2020, leur pétition au président de la République, Félix Tshisekedi. Dans cette dernière correspondance au garant de la Nation, les travailleurs de SOKIMO SA exigent la destitution sans délai du directeur Général adjoint, Augustin Mpela Kindombe ainsi que son déferrement devant la juridiction compétente afin qu’il réponde de ses multiples actes ignobles.

Dans ladite correspondance, ces travailleurs dénoncent la megestion du directeur général  qui se compromet impunément en bradant contre tout gré les carrés miniers et d’autres patrimoines tant en Ituri qu’à Haut-Uélé et ce, au  mépris de passif très lourd de la Société dont notamment, plus ou moins 90 mois d’arriérés de salaires, la mise en retraite d’environ 900 agents et la paie de leurs décomptes finals ainsi que l’impaiement de plusieurs mois de loyers de locaux administratifs SOKIMO et d’autres redevances .

A en croire ces travailleurs et leurs syndicats représentatifs, la société fonctionne dans un système macabre instauré sciemment par Augustin Kindombe dans le but de mener librement ses opérations de bradage en tant que retraité et de surcroît, un directeur général partant bientôt. Ceci viole l’article 17 de la convention collective SOKIMO, mentionnent-ils dans leur dernier document envoyé à Fatshi.

Dans la même ligne droite, le directeur général a.i  aurait convenu avec Kibali Gold Mine du retrait de la plainte de la SOKIMO auprès de la Cour Internationale d’Arbitrage dans le dossier SOKIMO SA et Kibali Gold Mine, lequel dossier avait été déféré en bonne et due forme devant cette juridiction. Pour les travailleurs de la SOKIMO, C’est un acte suicidaire.

Autres griefs contre Mpela wa Kindombe

«  convaincus que les différents contrats conclus souvent de manière isolée par monsieur Mpela wa Kindombe sont bénéfiques plutôt pour les partenaires… tenant compte de ce que ce dernier a gardé un silence coupable, voire complice, face à la mise en vente aux enchères, par  voie parée, de l’immeuble SOKIMO n°08/Avenue Isiro dans la commune de la Gombe à Kinshasa en règlement de prêts contractés par des individus et non pas par la Société, en violation de la loi OHADA », lit-on dans la pétition.

Cri d’alarme et de détresse au Chef de l’Etat

Au regard de cette situation, les travailleurs de la SOKIMO exigent, outre la destitution du Directeur général a.i par le chef de l’Etat, la réouverture d’une plainte de la SOKIMO contre Kibali Gold Mine auprès de la Cour Internationale d’arbitrage afin que la SOKIMO soit rétablie correctement dans ses droits.

Aussi, ils demandent au Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, de procéder à la nomination urgente des nouveaux mandataires expérimentés et compétents ; de subventionner la SOKIMO comme promis  lors de sa première visite officielle en Ituri ; d’empêcher l’exécution du  plan machiavélique de liquidation programmée de la SOKIMO par le DG retraité et ses complices qui désirent emporter la société dans leurs poches à la fin de leur mandat.

Par ailleurs, ils sollicitent purement l’annulation de la joint-venture AJN-SOKIMO. Selon ces travailleurs, le protocole présage un aspect de bradage criant de participations de la SOKIMO au profit d’AJN inconnue.

Toujours dans leur pétition, ils demandent également au président de la République de sommer les partenaires insolvables dont Kibali Gold Mine qui doit payer tous les droits de la SOKIMO accumulés et retenus expressément depuis longtemps, de faire revisiter tous les contrats léoniens qui mettent à genou leur Société ; d’interdire aux différents partenaires en général et à Kibali Gold Mine en particulier d’interférer  dans les attributions du ministère de Portefeuille et dans l’accès libre de la SOKIMO aux places boursières internationales.

En outre, les travailleurs de la SOKIMO restent confiants et espèrent ainsi à une réponse positive à leur requête de la part du chef de l’Etat.

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