Tapez pour rechercher

Zympala Banniere
Banner Sonas
previous arrow
next arrow
Slider
Actualité

Gestion dossier Banyamulenga : qui de Kabila ou de Tshisekedi est homme politicien ou homme d’Etat ?

Belhar Mbuyi

Réflexion de Belhar Mbuyi.

« A Londres, il s’est déjà aliéné le capital confiance qui renaît pourtant à l’Est du pays avec les succès militaires des FARDC sur les groupes armés. Il s’est prononcé sur le cas délicat Banyamulenge pendant que rien ne l’y obligeait. En cas d’élections législatives anticipées, il a peu de chances de faire élire dans le Nord et le Sud Kivu des députés UDPS. Félin, Vital Kamerhe, son allié CACH, s’est prononcé ces derniers temps sur tout pour justifier les exploits de Fatshi, sauf sur celui-là ».

En d’autres mots, le chef de l’Etat, garant de la nation, comprise comme l’ensemble des composantes de la communauté nationale, devrait s’abstenir de se prononcer sur le déni de la nationalité et la persécution d’une partie du peuple congolais sur base raciale, au motif qu’il perdrait une part de sa popularité ! L’homme qui parle n’est pas n’importe qui. C’est Barnabé Kikaya en personne, homme du sérail de Joseph Kabila, la voix de son maître, dans une tribune intitulée « Déboulonnement, dissolution, balkanisation » : Des mots et des maux qui rongent la République, parue dans Le Potentiel de mercredi 5 février.

Selon Kikaya donc, Félix Tshisekedi n’arriverait pas à faire élire des députés dans le Kivu parce qu’il s’est prononcé sur la nationalité des Banyamulenge.
L’homme dévoile ainsi ce qu’a été la politique de son patron, Joseph Kabila tout au long de son mandat : jouer l’anti-Tutsi pour obtenir la popularité dans le Kivu.

Ainsi, dès la réunification du pays sous la transition dite 1+4, Joseph Kabila se donna comme vice-président Abdoulaye Tidiane Dioh Yerodia Ndombasi Tumba Nvuemba dia Bingolo Fula Bingoto, le même qui, cinq ans plus tôt, qualifiait les Tutsi de «vermine et microbes à éradiquer avec méthode et détermination». A peine installé dans son fauteuil de vice-président de la République, Yerodia s’envola vers Goma, la terre des Banyarwanda rdcongolais où, lance en main, il menaçait d’empaler «ceux qui prononcent le R à la place du L». Kabila ne réagit point !

Peu de temps après, sous la poussée d’une société politiquement civile à ses ordres, le Sud-Kivu était nettoyé de sa population Tutsi, obligée de se réfugier à Cyangugu (Rwanda) pour ceux de Bukavu, et à Bujumbura, pour ceux d’Uvira. Et pour leur ôter toute idée de retour, ils seront poursuivis dans le camp des réfugiés de Gatumba, et massacrés sur place au Burundi. De Joseph Kabila, pas un mot de compassion pour des compatriotes massacrés en terre étrangère, pas de demande d’explication au Burundi, leur terre d’exil. Rien ! Il fallait éviter de perdre sa popularité. Mais Kabila-fils fera mieux : à la veille des élections de 2006, il enjoint son ministre de l’Intérieur, Théophile Mbemba de supprimer le territoire de Minembwe, afin de réduire à néant les chances des Banyamulenge d’avoir ne fut-ce qu’un député. Kabila sera massivement élu dans le Kivu : 99% au Maniema, 98% au Sud-Kivu et 94% au Nord-Kivu.

Quant aux Tutsi du Nord-Kivu, contraints de vivre dans des camps des réfugiés au Rwanda depuis 1995, Kabila leur ferme la porte du retour. Mais leur mal-vivre va continuer à s’exprimer à travers des mouvements rebelles comme le CNDP de Laurent Nkunda et le M23 de Sultani Makenga que des ignares à Kinshasa et dans la diaspora vont mettre sur le compte d’un complot de Kabila avec les Tutsi pour balkaniser le pays !

Puis Félix Tshisekedi est arrivé. Il a pris son courage entre ses mains et a proclamé haut et fort une vérité évidente à la face du monde. En perdrait-il une partie de sa popularité ? Cela dépend de ce que les Congolais auront fait le choix d’être un grand peuple ou une minable peuplade sans ressort pour se projeter au-devant de son ambition de grandeur. Face à Joseph Kabila qui a eu l’œil rivé sur son élection et qui a laissé le pays dans le chaos, Fatshi fait sienne cette citation du théologien et auteur américain du 19ième siècle : «L’homme politique pense à la prochaine élection, là où l’homme d’Etat songe à la prochaine génération».


amet, vel, leo commodo sit justo tristique felis dolor. in