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Politique

Réagissant à sa suspension du Palu-A, Lokondo à Lugi Gizenga : ‘’nous n’avons pas besoin du Palu pour exister politiquement’’

Entre le Parti Lumumbiste Unifié (Palu) et ses alliés, les violons ne s’accordent pas. La pomme de discorde, la gourmandise manifeste du Palu à occuper tous les deux postes ministériels, quota du regroupement au gouvernement Ilunga Ilunkamba. Les alliés du parti de feu patriarche Antoine Gizenga se voyant roulés, l’ont dénoncé dans une correspondance auprès du coordonnateur du Front Commun pour le Congo (FCC) à qui revenait la charge de confectionner la liste des noms des prochains ministres au gouvernement.

Comme réaction à cette revendication, le président du regroupement Palu et alliées n’a trouvé bon que de suspendre les ‘’rebelles’’ de leurs fonctions et les priver de tous les droits d’éligibilité aux avantages dus au regroupement. Dans sa correspondance notifiée à Elvis Mutira (1er vice-président du bureau national), Henri-Thomas Lokondo (2ième vice-président du bureau national) et Yaceinte Richelieu Lumumba (rapporteur adjoint du Bureau exécutif), Lugi Gizenga leur reproche d’avoir posé des actions isolées créant la confusion et compromettant les objectifs du regroupement.

Réponse du berger à la bergère, les trois ‘’sanctionnés’’ dénient au fils Gizenga le pouvoir de les sanctionner. « Votre décision est prise en violation des articles 11 et 16 de l’Acte constitutif du Regroupement. C’est le Conseil national du regroupement qui est l’organe suprême habilité à prendre des décisions, notamment de sanctionner, et non pas le président du Conseil agissant individuellement. Par votre décision, vous avez usurpé les pouvoirs du Conseil national et ainsi, votre acte est nul et de nul effet », peut-on lire dans cette correspondance de Mutiri, Lokondo et Lumumba à Lugi Gizenga.

Dans son franc-parler et liberté d’esprit, Henri-Thomas Lokondo a déclaré sur Radio Okapi que c’est bien que Lugi Gizenga ait pris cette initiative qui va faire oublier, dit-il, ce parti-secte religieux. « Voilà un honteux comme un hibou exposé à la lumière  du jour qui pense avoir fait une fuite en avant en suspendant irrégulièrement des personnes qui ont dénoncé sa tricherie sur confection de la liste des ministrables du Regroupement politique Palu et Alliés en mettant seulement les noms des membres du Palu, particulièrement les noms de sa grande sœur Dorothée Gizenga et de sa propre épouse, respectivement comme ministre et vice-ministre… C’est triste et malheureux. Demain suivra la mise au point des Alliés… En tout état de cause, nous n’avons pas besoin du Palu pour exister politiquement… Ce sont des malhonnêtes. C’est bien qu’il ait pris cette initiative qui va faire oublier ce parti-secte religieux », a fustigé l’élu de Mbandaka.

Grande machine et force politique avant les élections de 2006, le Palu d’Antoine Gizenga va dégringolant vers son anéantissement à cause de manque de leadership et des conflits internes entre ses cadres. En 2006, ce parti avait remporté 34 sièges  l’Assemblée nationale. Aux élections de 2011, ce nombre a été réduit de moitié, soit 17 députés nationaux. En 2018, le Palu n’a que 14 élus auxquels ajouter les 5 des alliés. Il y a crainte qu’en 2023, ce parti qui a fait le beau temps, descende à moins de 10 députés ou pas du tout à l’hémicycle à cause d’une gestion démesurée des ambitions,  si ses cadres n’y prennent garde. Surtout le mythique Antoine Gizenga n’est plus.

Ginno Lungabu.


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