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Société

Viol de la fille de 13 ans de l’Ecole Révérend Kim : halte à la surmédiatisation,  à la politisation à outrance et à l’instrumentalisation du dossier !

Depuis l’éclatement de l’affaire de viol d’une fille de 13 ans à Kinshasa par ses aînés de l’Ecole Révérend Kim, les ONGs et autres associations, même des mallettes, en ont fait une plate-bande à choux pour une certaine visibilité. Cette affaire jugée au premier degré et dont le verdict a envoyé  à la prison de Makala le présumé violeur, garçon de 14 ans, et au paiement de 10 mille USD de dommages et intérêts en faveur de la victime, est actuellement en instruction en appel, toujours devant le Tribunal pour enfant.

Seulement, il  y a une grande inquiétude de la part de la famille du garçon mineur détenu au pavillon 10 de la prison de Makala. Ses avocats qui sont sortis de leur silence, ce samedi 29 juin, pour, disent-ils, ne pas donner corps à un mensonge, estiment qu’autant la loi portant protection de l’enfant protège l’enfant victime, autant elle protège également celui en conflit avec elle. « Nous sommes étonnés qu’une affaire qui concerne les enfants, rien que les enfants et en cours d’instruction, nous voyons des marches et entendons des déclarations fracassantes dans les médias », déclarent Maîtres Elie Osoko et Christian Sese (photo ci-haut) en rappelant que la loi sur l’enfant n’a pas pour vocation que de protéger la victime ; elle protège la victime et l’enfant qui serait en conflit avec la loi. « Cette loi garantit l’égalité de tous les enfants », insistent-ils.

Pour ces avocats qui évoquent l’article 6 de cette loi sur l’enfant, l’intérêt supérieur de ce dernier doit être la préoccupation majeure dans toute mesure que le juge doit prendre à l’égard d’un enfant. Elie Osoko et Christian Sese martèlent que ces mesures du juge doivent concourir uniquement dans le sens de l’éducation et la garde de l’enfant. « Mais à voir les conditions de la prison de Makala, nous craignons que cet enfant en sorte pire qu’avant. Or, en voulant le punir pour manquement et non pour infraction, parce que n’ayant pas de discernement les enfants ne commettent pas des infractions, la loi envisage son redressement. Mais quand cet enfant n’a passé ses examens à l’école, dites-vous que ses droits à l’éducation sont bafoués par l’Etat censé les protéger. Il est présentement malade ; ses droits aux soins médicaux sont aussi bafoués », relatent les deux avocats aux journalistes.

Ils signent et persistent : « le milieu naturel de tout enfant, dit la loi, c’est sa famille. Son milieu naturel n’est pas la prison surtout qu’un enfant ne commet pas des infractions mais plutôt des manquements. Et comme il n’y a pas de sanctions pénales pour les enfants mais seulement des manquements, nous estimons que notre client doit bénéficier de ses droits y compris la liberté provisoire. A l’évidence où manquement sera constaté par les juges d’appel, nous nous attendons à des réprimandes et recommandations dans le cadre des mesures de garde et d’éducation comme prévoit la loi sur l’enfant », déclarent les avocats de l’enfant incarcéré à Makala.

Ils fustigent, par ailleurs, que les parents de cet enfant en conflit avec la loi qui n’ont rien avec cette affaire soient vilipendés à outrance dans les réseaux sociaux et par les ONGs. « En Droit, il n’y a pas de mandat criminel. Les parents de cet enfant ne l’ont pas poussé à commettre le manquement dont il est reproché. Nous voulons un Etat de droit, celui-ci requiert le respect à la dignité de l’autre », font remarquer Maitres Elie Osoko et Christian Sese qui croient à l’indépendance des juges en appel en vue de l’aboutissement heureux de cette affaire qui mérite nullement la politisation ni l’instrumentalisation des ONGs.

Innocent Olenga.


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