Sankuru : Mukumadi marque l’histoire politique de la RDC !

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« Patin politicien, petit vendeur de bilokos, marionnette, Français… », tous les qualificatifs ont été utilisés par les partisans de Lambert Mende pour dénigrer celui qui pouvait être son seul adversaire à l’élection du deuxième gouverneur de la province du Sankuru. Même s’il est non partant dans la course au gouvernorat par la complicité et manœuvres de la Ceni prévue ce lundi 15 avril, le jeune Joseph Stéphane Mukumadi vient de marquer avec l’encre indélébile l’histoire, non seulement du Sankuru, mais aussi de la RDC. Jamais un candidat gouverneur dans aucune province ne s’est parlé de lui dans le pays comme Mukumadi jusqu’à mettre en conflit les institutions de la république !

Cette histoire retiendra que Lambert Mende a eu grandement peur d’affronter à une élection un candidat, politiquement « petit » que lui. Il a usé de tous les moyens d’obstruction pour écarter son adversaire Mukumadi. Sa peur d’être battu à plate couture à l’Assemblée provinciale s’est avérée avec la démonstration, mieux le décor de samedi 13 avril à Lusambo-ville où 16 députés provinciaux sur 25 ont refusé de siéger pour voter un candidat unique. Simplement, tout observateur lucide devra conclure que si élection il y avait, Mukumadi l’emporterait par 16 voix contre 9 pour l’ancien ministre des médias et communication et porte-parole du gouvernement sortant. Tout est clair…

Les embrouillements de la Ceni

Impartiale tout au début lorsqu’elle reçoit la candidature de Mukumadi à Lusambo malgré les pressions de son adversaire, la Ceni au niveau national s’est montrée partisane et incohérente. Tenez, son rapporteur Jean-Pierre Kalamba publie vendredi 12 avril un communiqué annonçant l’organisation des élections des gouverneurs du Sankuru et du Sud-Oubangui conformément à la décision de la Ceni du 15 février relative à sa liste provisoire des candidats gouverneurs de provinces. Quelques temps après, c’est le même Jean-Pierre Kalamba qui publie un autre communiqué dans les mêmes termes, mais cette fois-ci en se référant à la décision de la Ceni du 12 mars dans laquelle elle exclut le candidat Mukumadi.

Le président de la Ceni Corneille Nangaa longtemps indexé comme bras séculier de l’ancienne Majorité présidentielle et actuellement du FCC joue sa partition de maintenir un seul candidat gouverneur au Sankuru. Question : organise-t-il un vote ou une cooptation car le vote exige un choix devant deux ou plusieurs propositions ? Pourquoi abuse-t-il des machines à voter là où le vote à main libre est très possible et simplifiée : qui sont pour et qui sont contre étant donné qu’il y a un seul et unique candidat ?

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Conflit entre les écoles du Droit ?

Le Droit, dit-on, est absolu mais son interprétation qui pose problème. Le cas Mukumadi a créé un conflit des écoles entre les hauts juges au sein du Conseil supérieur de la magistrature. Les pro-FCC comme Benoît Lwamba (non juriste de formation), Mikobi…ont soutenu que les arrêts de Conseil d’État concernant le Sankuru et le Sud-Oubangui étaient illégaux et par conséquent inexistants. Le Conseil supérieur de la magistrature a même menacé les juges du Conseil d’État qui les ont pris. Position qui, à travers un communiqué public répandu dans les réseaux sociaux, a réconforté la Ceni dans son entêtement.

Mais ne s’avouant pas vaincu sur les principes de Droit, le président du Conseil d’État qui n’est autre que le professeur Félix Vunduawe Te Pemako, soutient mordicus dans un communiqué aussi répandu sur les réseaux sociaux que les arrêts rendus par ses juges sont conformes à la Constitution et aux lois du pays et qu’aucun de ses juges n’encourent aucune sanction.

VTP dénie au Conseil supérieur de la magistrature le droit constitutionnel et légal de statuer sur les arrêts de son institution jusqu’à les qualifier d’inexistants. Pour cet éminent professeur de Droit Administratif, le CSM est un organe de gestion administrative, budgétaire et de discipline du pouvoir judiciaire et non un organe juridictionnel. Par conséquent, les arrêts rendus par son institution dans les affaires Mukumadi et Taïla au nom du peuple congolais, le sont en dernier ressort. Ils restent valables et doivent être exécutés promptement au nom du président de la république.

She Okitundu : bouc-émissaire ou âme expiatoire ?

Non seulement que les partisans de Lambert Mende voient l’ombre de Leonard She Okitundu derrière Joseph Stéphane Mukumadi, mais aussi leur mentor l’a déjà sans ambages dans une interview d’il y a plus d’un mois avec la consœur Élysée Odia de 7sur7.cd confirmé. Mais interviewé ce week-end par alternance.cd, André Tambwe, député national élu de Katako Kombe et ancien parsec de l’ancien vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères a qualifié les accusations de Lambert Mende et les siens « d’insensées qui procèdent d’une malhonnêteté politique déplorable».

Pour ce député national, le camp de Lambert Mende cherche de boucs-émissaires pour justifier son fiasco à imposer sa candidature unique contre la volonté de la population Sankuroise. Par contre, l’élu de Katako-Kombe appelle les sympathisants de l’autorité morale de la Convention des Congolais Unis(CCU) et leur mentor « à revêtir une conscience humaine et à tirer les leçons de leur incapacité à tenir face à une confrontation démocratique». Et d’ajouter : « il faut que ceux qui tentent de faire un forcing se miroitent et observent leur passé souillé qui a négativement marqué les communautés sankuroises depuis des années ».

A la question d’alternance.cd de savoir si She Okitundu parraine Stéphane Mukumadi, André Tambwe répond : « Léonard She Okitundu ne connaît pas qui est Stéphane Mukumadi et je pense qu’il en est de même pour ce dernier. Comment peut-il le parrainer ? Une chose est vraie, ce garçon n’a pas perdu du temps à chercher comment nuire à son adversaire. Il s’est préoccupé de convaincre les jeunes intellectuels qui ont soif du changement au Sankuru. Il a réussi à démontrer qu’il incarnait l’espoir pour mettre fin au règne de la terreur et ses antivaleurs. D’où les adhésions de jeunes indépendamment de leurs appartenances politiques. Il est à soutenir sans l’idée du parrainage ».

Idée soutenue par un cadre du FCC que Scooprdc.net tait le nom qui pour lui, Mende devait se retirer de la course s’il avait en lui encore un peu d’élégance politique, d’estime personnel et le sens de l’honneur. Car le désaveu de sa population est trop flagrant. Aujourd’hui, même si Lambert Mende est gouverneur du Sankuru, sa victoire forcée s’inscrira dans la logique de l’adage qui dit : « vaincre sans péril, c’est triompher sans gloire ». Mais ce qui est vrai, le combat ne fait que commencer pour Mende, car après le vote, il y a les étapes de la Cour constitutionnelle pour la validation définitive des résultats et l’investiture par le chef de l’Etat. Or Fatshi a déjà pris l’engagement avec les congolais de pouvoir déboulonner les antivaleurs. Mais aussi comment sera sa future cohabitation avec la majorité des députés provinciaux qui ne l’ont pas élu ? Wait and see !

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Owandi

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