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Société

2ième anniversaire du massacre à Nganza/Kananga : aucun procès n’a été ouvert,  s’indigne le bâtonnier Kambala

Le bâtonnier du barreau du Kasaï central, Maître Dominique Kambala Nkongolo se plaint qu’aucun procès n’ait été ouvert pour engager la responsabilité pénale des auteurs de ce qu’il qualifie de « crimes graves » commis dans la commune de Nganza (une des cinq entités de Kananga, chef-lieu du Kasaï central) en mars 2017. « Il y a deux ans, les forces de défense et de sécurité, en particulier, les forces armées de la République Démocratique du Congo avaient organisé, suite à l’échec des tentatives de désarmement de miliciens Kamuina Nsapu et des affrontements dans la ville de Kananga, une opération porte-à-porte dans la commune de Nganza. Il ressort du rapport de l’équipe indépendante des experts onusiens sur la situation du Kasaï que les actes de violence commis par les forces de défense et de sécurité au cours de cette opération constituent des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire et peuvent être qualifiés de crimes internationaux », indique-t-il .

Dans le rapport de l’équipe indépendante des experts onusiens publié le 23 juillet 2018, auquel le bâtonnier Kambala fait allusion, des cas traduisant des bavures d’une grande ampleur sont explicitement détaillés maison par maison notamment « des enfants de tout âge tués en plein sommeil », peut-on lire entre les lignes du rapport.

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Deux ans après, bien des habitants de Nganza se souviennent de ce qui s’était passé comme si c’était hier : « vers 23h00′ et minuit entre le 26 et le 28 mars 2017, les militaires sont entrés et ont tiré sur tout ce qui pouvait bouger dans nos maisons, estimant être à la recherche des miliciens. Mes deux amis ont été tués dans une maison où on était ensemble, j’ai réussi à m’échapper et m’ont pourchassé sans succès en brousse », a témoigné ce jeudi 28 mars à Scooprdc.net Mirlo Muanza, un habitant rencontré dans la résidence familiale à Nganza.

Le président de l’ordre des avocats du Kasaï central exige une réponse judiciaire efficace et efficiente de la justice militaire prenant en compte la responsabilité du supérieur hiérarchique militaire et l’appui technique, matériel et logistique de la justice militaire par le gouvernement central. Ceci dans  le but,  selon lui, « d’obtenir la réparation des préjudices subis par les victimes ». Il propose aux députés provinciaux de recommander au prochain gouvernement provincial de construire un mémorial sur la Grand-Place de la commune de Nganza, un mémorial qui rappelle la mémoire collective.

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Le bâtonnier du barreau du Kasaï central recommande au prochain gouvernement provincial et aux partenaires de mettre en place les mécanismes d’une justice transitionnelle qui privilégie le droit à la vérité, la réconciliation, le droit à la réparation et la garantie de la non répétition, exhortant par dessus la population à la culture de la paix  et du respect de droit de l’homme, « gage du développement » soutient-il.

Van Frédéric Tshilanda.


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