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Actualité

Devoir de mémoire : il y eut au moins 200 morts dans les affrontements entre les militaires de Kabila et Bemba le 22 mars 2007 à Kinshasa

Jour pour jour ce 22 mars 2019, cela fait exactement 12 ans que les Congolais en général et les Kinois particulièrement se rappellent des tristes affrontements intervenus entre la garde rapprochée de Jean-Pierre Bemba et l’armée régulière mais spécialement la garde républicaine e Joseph Kabila appuyée le deuxième jour par des forces étrangères. L’élément déclencheur de ces affrontements violents de deux jours qui ont fait, selon les ONG des droits de l’homme, au moins 200 morts, militaires comme civils dont 3 écoliers en uniforme,  était le refus de Jean-Pierre Bemba d’intégrer ses militaires, une centaine, dans l’armée régulière, à qui l’ultimatum lancé par le général Kisempia, alors chef d’Etat-major général des FARDC, avait expiré le 15 mars. Perdant de l’élection présidentielle d’octobre 2006, Jean-Pierre Bemba qui avait reconnu la victoire de son adversaire au deuxième tour, Joseph Kabila, craignait pour sa sécurité. Elu sénateur en janvier 2007, il voulait s’entourer de ses hommes sûrs.

Mais lorsque ces affrontements déclenchent le 22 mars 2007 aux alentours de la résidence de l’ex-vice président de la république Jean-Pierre Bemba située à côté du cimetière de la Gombe, dans la soirée, le Détachement de Protection Personnelle (DPP), « armée » de JP Bemba, semblait l’emporter sur les FARDC. « Nous avons vu les GR zigouillés au rond-point Forescom par six militaires seulement qui gardaient nos installations », rapporte un journaliste de Canal Kin Télévision (CCTV) de Jean-Pierre Bemba, témoin oculaire de ces affrontements qui avaient en principe commencé la nuit du 21 mars.

Dépourvus de ravitaillement en munitions et vivres et coupé du renfort des troupes qui devaient venir de Maluku, les forces gouvernementales prendront le dessus sur le DPP de Jean-Pierre le 23 mars. Un nombre important de soldats de Bemba se rendront alors au QG de la Monuc et d’autres traverseront à Brazzaville. C’est à l’issue de ces combats que JP Bemba qui s’était déjà réfugié à l’Ambassade sud-africaine, se décidera de quitter le pays pour se rendre au Portugal le 11 avril 2007, officiellement pour raison de santé. Mais cela ne l’épargnera pas d’un mandat d’arrêt lancé contre lui par le PGR près le Parquet de la Cour Suprême de Justice pour haute trahison. Comme le malheur ne vient pas seul, dit-on, JP Bemba est arrêté en mai 2008 par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour un autre dossier lié à l’intervention de ses troupes en République Centrafricaine.

Ce qui est vrai aujourd’hui, pendant ce triste rappel des événements qui avaient fait de la commune de la Gombe le triangle de la mort et où pour une première fois dans l’histoire de la RDC, on a vu des chars de combat tirer dans la capitale, les familles des victimes surtout celle des innocents écoliers, n’ont jamais été indemnisées. Elles réclament toujours que justice soit faite, Etat de droit oblige. Bemba et Kabila ne doivent pas dormir calmement têtes sur leurs oreillers.

Innocent Olenga.

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