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Actualité

Plainte de Brusthi contre Eliezer Ntambwe : acte précipité et improductif !

Le premier ministre Bruno Tshibala, a, par l’entremise de son avocat-conseil, déposé le 05 février dernier une plainte contre le journaliste devenu député national, Eliezer Ntambwe à la Cour de cassation. Le chef de l’exécutif congolais le poursuit en justice pour diffamation. En effet, le journaliste-député aurait déclaré dans une vidéo sur les réseaux sociaux que « Bruno Tshibala laisse une primature sans climatiseurs opérationnels, avec des toilettes sales. Ses enfants ont gaspillé inutilement l’argent et ont tous échoué».

Il est vrai que toute personne lésée est en droit de saisir la justice pour réparation du préjudice subi. Cependant, il y a une catégorie des personnes, au regard de leurs fonctions ou notoriétés qui les soumettent à des sévères critiques, doivent s’interdire des réactions épidermiques sous l’influence de leurs collaborateurs. Bruno Tshibala comme cadre ou membre de l’UDPS, n’attirait pas du tout l’attention de tous les congolais. Devenu premier ministre, ses faits et gestes sont actuellement suivis à la loupe parce qu’il est un homme d’Etat. Si Joseph s’était comporté comme lui le fait à tout moment, tous les journalistes et opposants politiques seraient en prison.

Y a-t-il vraiment diffamation lorsqu’un journaliste révèle qu’il y a des climatiseurs non opérationnels et des toilettes non propres à la primature ? Au contraire, cette alerte pouvait être interpellatrice pour le premier ministre étant donné que la Primature n’est pas que le bâtiment qui abrite son bureau, mais plutôt c’est l’ensemble de cette dizaine de bâtiments dans l’enceinte de la concession. Le premier ministre visite-t-il quotidiennement tous ces bâtiments pour se rendre compte personnellement de l’état des climatiseurs et des toilettes ? Une fois, Scooprdc.net lui avait rappelé que le climatiseur de son antichambre suintait et grâce à cette interpellation, les services  l’avaient vite réparé.

Au lieu de vite se plaindre devant la justice, il aurait fallu pour le premier ministre vérifier d’abord si son intendance fait correctement le travail. Contrairement du temps de Matata Ponyo, il n’y a plus de papiers hygiéniques blancs dans ces toilettes qui ne sont non plus entretenues avec des produits comme auparavant. Les agents de la Primature s’en plaignent et cela arrive dans les oreilles de la presse. Par cette agitation du premier ministre, peut-on alors comprendre que c’est lui qui ne donne plus l’argent pour l’entretien général de la Primature ? Sinon, il sanctionnerait les responsables de l’intendance.

Quant à l’allégation du gaspillage de l’argent, les images ont circulé dans les réseaux sociaux montrant l’un de ses enfants acheter du champagne à tout le monde dans une boîte de nuit. Est-ce une dépense rationnelle ? Aussi, en quoi le fait de dire que les enfants du premier ministre ont gaspillé l’argent et ont échoué, constitue-t-il vraiment une diffamation ?

Souvent, les collaborateurs et les avocats induisent les autorités dans l’erreur. Sachant que ces dernières d’habitude vexées par les articles de presse, ont toujours tendance à se venger, ils font des pareilles occasions des moments très favorables pour leur soutirer indûment de l’argent dans des procès expéditifs et souvent peu productifs. Le gouverneur Alphonse Ngoyi, avions-nous appris, avait dépensé plus de 10 mille USD dans son affaire avec le même Eliezer. Pour quelle finalité : trois mois de prison pour le journaliste qui y sort ragaillardi par une célébrité gratuitement lui offerte, et l’opprobre sur le gouverneur plaignant qualifié de prédateur de la liberté de la presse. Tout ça, à cause des collaborateurs et avocats jouisseurs.

Le premier ministre Bruno Tshibala qui en a l’expérience pour s’être attiré la foudre de la presse dans le dossier Peter Tiani, devra s’inscrire à l’école de caméléon qui, avant de poser sa patte sur une branche d’arbre, se rassure. Lorsqu’un journaliste écrit ou parle, c’est peu de gens qui l’ont lu ou l’ont écouté. Mais lorsqu’il est arrêté pour ce qu’il a fait, c’est le monde entier qui voudra savoir ce qu’il avait dit. Et le fait de l’emprisonner le rend gratuitement célèbre. C’est ce que les autorités devraient éviter. Les démentis et les mises au point sont des moyens appropriés pour réagir contre des reportages ou des articles de la presse, jugés moins corrects.

Ginno Lungabu.

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