Tapez pour rechercher

Actualité

UNIKIN : la police « professionnelle » qui tue « professionnellement », Jean-Philibert Mabaya s’inquiète

Deux étudiants de l’Université de Kinshasa parmi ceux qui manifestaient sur le campus pour ne réclamer que la reprise des cours et la cessation de la grève déclenchée par les professeurs, sont tombés deux jours différents sous les balles des policiers. Acte jugé inadmissible et condamné par la majorité de Congolais de la part d’une police dont le « professionnalisme » a été toujours vanté. Les candidats à la présidentielle de décembre 2018 ne sont pas du reste. C’est le cas de Jean-Philibert Mabaya, candidat du regroupement Arc-en-ciel du Congo (ACC). « L’ACC a appris avec consternation la mort par balles des paisibles étudiants qui exerçaient leur droit de manifestation sur le campus de l’Unikin. A travers son Président, l’ACC hausse le ton et condamne avec la toute dernière énergie cette barbarie orchestrée de nouveau par les forces de l’ordre. L’ACC ne peut plus accepter que nos propres services de sécurité continuent à ôter gratuitement la vie humaine à ceux qu’ils sont sensés sécuriser », déclare Jean-Philibert Mabaya ce samedi 17 novembre à la presse.

Le candidat de l’ACC qui invite les autorités de la police Nationale Congolaise à diligenter une enquête pour non seulement connaître les auteurs de ces crimes, mais également de leurs infliger des sanctions exemplaires afin de dissuader tout celui qui tenterait d’user de son arme pour tuer les paisibles citoyens, demande en même temps aux autorités compétentes d’interdire aux policiers envoyés sur le campus universitaire pour mission de sécurisation ou de rétablissement de l’ordre, l’usage des balles létales.

Les fautes de la police retombent sur Shadary

Si Jean-Philibert Mabaya ne s’est pas déchargé sur le candidat FCC Emmanuel Ramazai Shadary qui incarne la continuité du régime Kabila selon le propos du candidat lui-même, beaucoup d’autres congolais l’ont fait. Sur les comptes Twitter des acteurs politiques de l’opposition, nombreux sont ceux qui font  payer à Emmanuel Ramazai Shadary les péchés de la police. Les étudiants de l’UNIKIN qui ont marché ce samedi 17 novembre sur le campus appuyés par ceux de l’ISTA brandissaient des calicots où l’on pouvait lire « je ne voterai pas Shadary ni le FCC ».

Ce dernier qui est chef de travaux à l’UNIKIN venait d’avoir il n’y a pas longtemps le soutien ses pairs voire celui de professeurs des universités à l’élection présidentielle de ce 23 décembre. Voilà que la situation tourne au vinaigre à cause de la maladresse des éléments de la police. Leur fallait-il tirer à balles réelles dans une manifestation des étudiants au sein de leurs installations ? Pourquoi le vice-premier ministre de l’Intérieur, Henri Mova Sakani qui gère en patron la Police nationale congolaise, n’a-t-il pas pris des précautions pour éviter de polluer l’atmosphère à quelques jours de la campagne électorale et des élections générales ?

Les turpitudes de Steve Mbikayi

Le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU), Steve Mbikayi, a lors de son point de presse tenu le vendredi 16 novembre, chargé les vénérables professeurs de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), affirmant que c’est leur grève qui serait à la base de trouble ayant conduit au décès de deux étudiants dont l’un en dernière année de licence.  Derrière ce mensonge grossier du ministre de l’ESU, estiment beaucoup d’observateurs, se cache plutôt une incompétence notoire à pouvoir résoudre les difficultés auxquelles font face le corps enseignant à l’unikin en particulier et des professeurs d’universités de la RDC en général.

Accusé le processus électoral d’être budgétivore au point de ne pas permettre l’affectation de ressources à d’autres secteurs est une chimère. Non sans raison, l’opinion congolaise peut se rappeler qu’à l’époque de Matata Ponyo, soit quatre ans d’exercice budgétaire où 250 millions de dollars étaient mis de côté chaque année pour préparer les élections à venir. Aussi dans la loi budgétaire, les rubriques sont tellement claires que les fonds destinés à l’enseignement supérieur ne peuvent servir à autre chose qu’à l’enseignement supérieur, sinon il y a détournement. C’est ça la loi budgétaire.

Autre hérésie du ministre de l’ESU, c’est d’accuser les professeurs d’être à la base de troubles ayant conduit au meurtre de deux étudiants. Ce n’est ni plus ni moins une lâcheté qui ne dit pas son nom. Le véritable responsable de cette situation est bel et bien le gouvernement de la république au travers de son ministère.  N’est-il pas permis à un corps constitué de faire grève pour réclamer de meilleures conditions de vie ? Est-il interdit aux étudiants d’être solidaires avec leurs enseignants clochardisés par une politique antisociale des gouvernements successifs ? Fallait-il en guise de réponse du Gouvernement que  les canons de fusils des policiers rugissent et s’en suivent meurtres d’étudiants en plein site universitaire ?

Dans un pays sérieux, Steve Mbikayi aurait pu démissionner de ses fonctions et le commandant district de la police Funa  limogé en attendant les enquêtes exhaustives. Car, il sied de rappeler que parmi les revendications de professeurs, il y a aussi la problématique du taux de la paie de leurs salaires que le gouvernement devait améliorer pour le faire passer de 920 FC le dollar à 1.600 FC quoi de plus normal.

Ben Lévi et Ginno Lungabu


Phasellus id, justo at leo in quis nec felis mattis sit