MAKILA ET MATATA - Kinshasa : José Makila « dématatise » Transco !

A la tête de la société Transport du Congo (Transco) depuis plus de quatre ans par la faveur d’Augustin Matata Ponyo, Michel Kirumbu est débarqué de son poste depuis le 03 août par José Makila Sumanda. Par son arrêté de suspension, le Vice-premier ministre, ministre des Transports et Communication reproche au disciple de Matata des faits gravement préjudiciables pour l’Etablissement, occasionnés par des actes de destruction méchante perpétrés en date du 1er août par quelques inciviques sur les bus Transco, en conséquence de l’insubordination de directeur général et de son refus d’obtempérer aux mesures préventives préconisées par la tutelle (NDLR : le jour de retour de Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, le 1er août, quelques bus de Transco avaient été vandalisés par des badauds dans les rangs des sympathisants du sénateur libéré par la CPI).

Bien que l’acte administratif de José Makila parle de suspension sans en déterminer la durée, pour donner à Michel Kirumba la possibilité de présenter ses éléments de défense aux faits lui reprochés devant une commission de discipline ad hoc, en RDC, et surtout dans des établissements étatiques, les suspensions sont généralement la forme camouflée des limogeages.  L’intérim assumé par le directeur général adjoint, Mbongi Andrew-John, peut prendre autant de temps, étant donné que l’expérience de la plupart des sociétés, notamment la Sonas, la RTNC, l’INSS…où les mandataires ont eu à assumer l’intérim pendant plus de cinq ans, est patente. Bonne note peut-être pour José Makila, contrairement à l’OEBK où on lui a reproché l’« équatorisation » de l’entreprise, il a pris soin de placer un fils maison à la tête de Transco.

La réaction des agents de cette société caractérisée par une liesse, démontre que ces derniers en avaient marre de l’homme de Matata, remplaçant direct du Français Henriquet, dépêché par la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) pour faire bénéficier de l’expérience de cette firme française à Transco, nouvelle société que venait de créer le gouvernement congolais à l’époque (NDLR : on accuse Michel Kirumba, alors directeur adjoint de Henriquet, d’avoir mis mal à l’aise ce dernier jusqu’à obtenir de son mentor Matata, son départ. Ainsi le contrat signé par Justin Kalumba, ministre des Transports à l’époque et géniteur de Transco, fut rompu avec la RATP). Héritier de 500 bus, Michel Kirumba laisse au parking 409 bus opérationnels dont 297 grands et 112 mini.

En quatre ans, Transco n’a acheté aucun véhicule, mais par contre elle en a déclassé 91. Pourtant, la société reçoit des subventions du Gouvernement en termes des carburants et lubrifiants. En effet, sur chaque litre d’essence ou de gasoil acheté sortant de SEP-CONGO et vendu à la pompe ou directement fourni aux grands clients, il y a là dedans une quotité de Transco dans la structure du prix. Généralement cette quotité rapporte par mois entre 800 mille et 1 million de dollars américains. Mensuellement, les recettes réalisées par Transco s’élèvent entre 1,5 million et 1,8 million de dollars américains. Ce qui tuerait l’entreprise, bien que le prix de transport fixé à 500FC par longue course ne soit pas rentable, c’est la charge du personnel à cause du nombre pléthorique des travailleurs. Michel Kirumba aurait déporté tout Maniema à Transco. A cela, il faut ajouter une gestion opaque caractérisée par des comptes occultes gérés, rapporte-t-on à scooprdc.net, que par lui-même. Mbongi Andrew-John qui assure l’intérim, déjà surnommé pendant ce laps de temps de gestion « papa social », saura-t-il redresser la situation de Transco ? Attendons voir !

Georges Ilunga

 

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