SAFAK 3 - Kinshasa : enfin, l’école SAFAK remise à la fondation MAARIF, sans le comité de gestion sortant !

C’est ce jeudi 16 août dans la matinée que s’est déroulée la cérémonie de remise officielle de la gestion de l’école turque SAFAK par l’Etat congolais  au nouveau gestionnaire qui est la fondation MAARIF. Sur instruction personnelle du premier ministre Bruno Tshibala, cette cérémonie a été présidée dans l’enceinte même de l’école, par le vice-premier ministre, ministre des affaires étrangères Léonard She Okitundu, accompagné du ministre de l’Epsp Gaston Musemena et le chargé d’affaires de l’ambassade Turque qui représentait son ambassadeur empêché. Et à entendre les discours des parties, il est apparu que les violons se seraient accordés entre partenaires de cette école turquo-congolaise dans le conflit de changement de gestion qui les opposait au gouvernement congolais.

Pour le représentant de la Fondation étatique turque MAARIF en RDC, Mustafa Dogan, c’est l’aboutissement d’une longue et fatigante marche vers la connaissance du Congo profond selon ses propres mots. « …avec ces démarches longues et fatigantes, nous avons beaucoup appris sur la civilisation congolaise et nous sommes prêts comme fondation MAARIF de Turquie à enseigner des élèves avec de normes internationales de plus hautes qualités et en même temps, de former des bons citoyens congolais. La fondation MAARIF de Turquie est une fondation étatique et l’Etat de la Turquie vous garantit que nous n’avons aucun problème avec les personnels enseignants, administratifs ou travailleurs de l’école… ». Il a par ailleurs garanti au personnel présent à cette cérémonie que leurs conditions de travail et de vie seront améliorées plus qu’avant. Dans cette série des promesses, le représentant de MAARIF a également promis aux parents et futurs parents que les frais scolaires vont baisser.

Quant à Monsieur Sumaili Amzati, directeur de l’école et représentant du personnel, ce dernier n’a pas caché ses sentiments antérieurs qui furent l’inquiétude du personnel face à ce qu’il a qualifié de rumeurs sur la cession de l’école SAFIK à l’Etat Turque à travers la Fondation MAARIF. Inquiétudes fondées sur le sort du personnel et des élèves une fois le transfert effectué. « Mais, le discours rassurant du représentant de la fondation vient dissiper toute peur et rassure tout le personnel qui s’engage à continuer leur travail d’éducateur au sein de l’école », déclare-t-il avant d’ajouter : « …c’est pour moi l’occasion de remercier tout le monde et plus précisément les parents en leur disant que ces sont les mêmes enseignants qui seront devant leurs enfants. Donc, il ne faut pas avoir peur de quoi que ce soit. Il faudra que les parents acceptent d’envoyer leurs enfants à l’école au moment opportun, c’est-à-dire à l’ouverture, l’éducation sera bonne et elle sera même meilleure ».

Le représentant du gouvernement congolais Léonard She Okitundu en fin diplomate a dans son allocution dédouané définitivement le ministre de l’Epsp Gaston Musemena que le Comité de gestion sortant vilipendait comme instigateur de cette décision. Le vice premier-ministre a affirmé que la décision de faciliter le transfert de la gestion des écoles SAFAK à la Fondation MAARIF émane du sommet de l’Etat. « …le 16 août 2018 sera une date gravée pendant longtemps dans la mémoire de la Fondation MAARIF, car en effet, la décision du gouvernement congolais de procéder au transfert de gestion des écoles SAFAK  à la fondation MAARIF, traduit la volonté manifestée par les autorités congolaises respectives au sommet de l’Etat de resserrer les liens d’amitié et de coopération entre la RDC et la république de Turquie ».

Toutefois, Scooprdc.net note que cette cérémonie de remise et reprise s’est déroulée sans le comité de gestion sortant. Interrogé à cet effet, ses membres confirment être victimes d’un coup de force du gouvernement congolais (lire l’article de Scooprdc.net de lundi 13 août dernier, intitulé : « Expropriation de l’école SAFAK : Gaston Musemena mis en cause, mais ce dernier déclare exécuter l’ordre de la hiérarchie »). Me Awazi, secrétaire général de l’Ong AUBE qui revendique être promotrice de l’école, dénonce cette expropriation du gouvernement Tshibala : « …ils se sont permis d’entrer dans un domaine privé sans autorisation, sans mise en demeure à l’endroit des actuels gestionnaires et en l’absence des responsables pour faire ce qu’ils ont fait alors que nous sommes en contrat avec l’Etat congolais. Ce que nous venons de voir c’est vraiment regrettable et ce n’est pas bien pour le développement du pays. On nous a retiré l’agrément et l’autorisation de fonctionnement ». Le SG de AUBE promet que son organisation se battra jusqu’au bout pour faire valoir ses droits. Affaire à suivre…

Nzakomba

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