KABILA SHADARY 2 - Le « diable » sanctifié : pluie d’hommages et de félicitations sur Joseph Kabila…

Depuis le 08 août dernier, le président Joseph Kabila n’est plus la bête noire ni des congolais, moins encore de la communauté internationale qui lui prêtaient les intentions de vouloir se représenter pour un troisième mandat. C’est pour avoir désigné son dauphin (Emmanuel RAmazani Shadary), preuve à la face du monde qu’il ne s’accroche plus au pouvoir. A la place des flèches et des boulets rouges, Joseph Kabila fait actuellement l’objet d’éloges et hommages y compris ceux émanant de ses détracteurs d’hier. « Le président de la République française salue la décision annoncée hier par le président Kabila de ne pas se représenter aux prochaines élections présidentielles, conformément à son engagement de respecter les termes de la Constitution congolaise. La France, qui s’est constamment tenue aux cotés de la RDC, rend hommage à l’action du Président Kabila pour l’unité et l’intégrité de la RDC… », peut-on lire dans le communiqué de l’Elysée.

Cette annonce fait suite à celle livrée un jour avant par la représentante du secrétaire général des Nations-Unies en RDC et des ambassadeurs ou chefs de mission du Canada, des Etats Unis, de la Suisse, de l’Union africaine ainsi que de l’Union européenne en accord avec les chefs de mission de l’UE à Kinshasa : « Nous saluons la décision du Président Joseph Kabila Kabange d’avoir tenu son engagement de respecter la Constitution congolaise. La conclusion du dépôt des candidatures pour les élections présidentielles et législatives en RDC, conformément au calendrier électoral de la CENI, constitue une étape clé sur la voie devant mener à la première alternance politique pacifique en RDC, grâce à des élections crédibles le 23 décembre 2018… » 

Vendredi 11 août, c’est le tour du président sud-africain et président en exercice de la SADC, Cyril Ramaphosa, en séjour éclair à Kinshasa. D’après un communiqué conjoint publié à l’issue de sa rencontre avec Joseph Kabila, Cyril Ramaphosa a félicité son homologue congolais pour son sens du respect de la parole donnée en vue du respect de la Constitution de la RDC. « Les deux chefs d’Etats se sont entretenues principalement sur trois sujets à savoir : l’évolution de la situation politique, électorale et sécuritaire en RDC ainsi que le renforcement des relations entre les deux pays et les questions d’intérêt régional. Ils ont par ailleurs apprécié la situation sécuritaire sur toute l’étendue du territoire national et noté les avancées importantes dans le processus électoral en cours, du calendrier jusqu’à son financement par les efforts du gouvernement congolais », peut-on lire dans ce communiqué.

S’il est vrai que l’Occident et l’Afrique ont salué la décision combien sage et courageux de Joseph Kabila, scooprdc.net note qu’à l’interne aussi des langues se sont déliées. C’est le cas du docteur Emile Ilunga qui a salué le sens du respect de la parole donnée par JKK depuis son interview avec François Soudan dans Jeune-Afrique, déjà le 25 Juin 2007 : « la constitution, c’est sacré. Mais Joseph Kabila n’est pas comme les autres. J’ai donné ma parole d’honneur en promulguant cette Constitution, je n’y toucherai donc pas. Le pouvoir use. Il faut savoir s’arrêter », répondait Joseph Kabila au confrère de jeune-Afrique.

A ces éloges et hommages, s’ajoute le souhait de la Nouvelle Génération pour l’Emergence du Congo (NOGEC) de Me Constant Mutamba qui souhaite que de son vivant Joseph Kabila soit élevé au rang de héros national et père de la démocratie congolaise. La NOGEC ne s’arrête pas là, elle plaide pour que la date du 08 août soit retenue et célébrée dans le calendrier de la RDC comme journée de la démocratie.

D’après plusieurs analystes, bien que sa décision de ne pas se représenter pour un troisième mandat soit prise un peu plus tard qu’au moment où on l’attendait, le président congolais est en phase d’entrer dans le cercle très réduit des chefs d’Etats africains qui ont quitté le pouvoir par la grande porte, et aussi longtemps que remonteront les souvenirs des congolais en arrière, l’histoire retiendra qu’il y a eu un Joseph Kabila élu à deux reprises président de la RDC et qui à la fin de ses deux mandats a passé la main de la manière civilisée à son successeur ce, à la stupéfaction générale de ses détracteurs. Mais gardons encore le souffle jusqu’au 23 décembre, l‘imprévisibilité étant possible.

Nzakomba

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