Denis Kambayi - Kasaï Central : des miliciens Kamuina Nsapu dans la garde privée de Denis Kambayi

Le gouverneur du Kasaï Central Denis Kambayi Cimbumbu a réuni près de 155 personnes dans la salle de réunion du bâtiment administratif, lundi 23 avril 2018. Au menu, sa communication portant sur les arrêtés nommant les membres de son cabinet politique et ceux des services d’appoint. Cet exercice intervient trois mois après son entrée en fonction. Tous les arrêtés communiqués portent la date du 30 mars 2018 notamment l’arrêté provincial No 01/14/CAB/GP/KC/…./2018 qui n’a pas de numéro à part les coordonnées indicatives.

Dans cet arrêté,  Denis Kambayi Cimbumbu nomme le Professeur Philippe Kanku  Tubenzele directeur de cabinet. Secrétaire général académique à l’ISP Kananga, le professeur Kanku  s’entoure de deux directeurs de cabinet adjoints, Me Johnny Mayi Musangana, ancien directeur de cabinet d’Alex Kande, qui a en charge la politique et l’administration et le diamantaire Jimmy Tshijima Kayitula, président provincial du parti Alliance des Nationalistes de la Nouvelle Génération (APNG), présenté comme formation politique du professeur Néhémie Mwilanya Wilondja, directeur de cabinet du président Kabila. Jimmy Kayitula aura en charge l’économie et les finances.

Outre les trois personnalités, Denis Kambayi Cimbumbu nomme 8 conseillers dont un juge en fonctions au Tribunal pour enfants, José Mukendi et Mme Denise Malaji Tshibuyi, présentée comme la « maîtresse » du gouverneur Kambayi lui-même veuf. A côté de ce cabinet politique, le gouverneur du Kasaï Central nomme 144 personnes aux services d’appoint.

Denis Kambayi Cimbumbu crée une unité au sein de sa garde personnelle. Cette unité s’appelle « Garde civile « . Elle est placée sous le commandement d’un des « douze apôtres », les fidèles des fidèles  de Jean-Pierre Pandi alias Kamuina Nsapu, auteur de la révolte contre les institutions de la République et à la base de milliers de morts au Kasaï depuis 2016, tué par l’armée le 12 août 2016. Le commandant de la garde civile de Kambayi s’appelle Kanku Nkata Muena Nsanku. Il est celui qui avait géré la milice après la mort de Pandi. Il avait accepté de négocier avec le gouvernement central et avait déposé les armes. La justice ne s’est jamais occupée de ce chef de la milice comme annoncé par le président Kabila lors de la conférence de Kananga de septembre 2017.

Outre Kanku Nkata Muenansanku, Denis Kambayi recycle d’autres redoutables miliciens à l’instar de Guelord Tshimanga autoproclamé « Général ». Les chefs miliciens qui l’ont recruté Ali Mputu et Fernand Bakenga répondent aujourd’hui devant la justice militaire  des actes terroristes de Kinshasa et croupissent à la prison de Ndolo. « Guelord » se la coule douce à Kananga. Les ONGDH le soupçonnent d’avoir conduit l’unité de l’armée qui a tué de maison en maison du 26 au 28 mars 2017 dans la commune de Nganza. Un prêtre catholique qui avait dénoncé ce massacre et parlé de trois cent morts, vit en exil.

Un autre chef milicien Kamuina Nsapu récompensé par Denis Kambayi Cimbumbu est Jean-Pierre Kasonga.  Il s’était présenté devant le vice gouverneur Milonga  au plus fort de l’occupation de la commune de Nganza par les miliciens  comme coordonateur national du mouvement Kamuina Nsapu. Ses hommes sont soupçonnés par les services de sécurité à Kananga d’avoir ouvert le feu sur le cortège du vice-gouverneur Milonga à Nganza en 2017. Arrêté et gardé à la prison centrale de Kananga, il est sorti début avril et est affecté au ministère provincial de l’intérieur que dirige un recommandé du nouveau Kamuina Nsapu, Mathieu Ntolo Mutatayi.

Réactions 

Tous les promus de Kambayi ne sont pas d’accord. Des sources de scooprdc.net, il nous revient que le diamantaire Jimmy Kayitula Tshijima nommé directeur de cabinet adjoint chargé des finances rejette le poste. Il considère qu’en tant que l’homme de Néhémie Mwilanya au Kasaï central,  il ne peut pas se placer sous l’autorité de Denis Kambayi ou de Manix Kabuanga, vice-gouverneur que lui a placé.

D’autre part, les organisations de défense des droits de l’homme prépareraient une déclaration pour dénoncer la nomination des miliciens dont les mains sont ensanglantées dans la garde du gouverneur.

Aux dernières nouvelles, scooprdc.net apprend que le gouverneur Kambayi serait en train de falsifier ses arrêtés pour contenir le tollé que leur annonce a provoqué. La source en veut pour preuve la non-mise en circulation de ses arrêtés même s’ils ont déjà fuité.

KSP, correspondant particulier

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