Patrice Kitebi - FPI : Patrice Kitebi traduit en justice
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Le directeur général a deux plaignants devant le Parquet Général près la Cour d’Appel de Kinshasa-Gombe. Il s’agit de deux agents du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) licenciés récemment : Junior Bakokela et Calvin Mingashanga Kwete. Le premier traine son directeur général devant la justice pour imputations dommageables et licenciement abusif tandis que le second se plaint pour usage de faux, abus de pouvoir, imputations dommageables et dénonciations calomnieuses.

En effet, Junior Bakokela, agent au service juridique s’est vu licencier pendant qu’il était en prison où il a passé quatre mois avant d’être libéré à main levée. C’est Patrice Kitebi, dit-on, qui l’avait fait emprisonner en l’accusant d’avoir substitué un certificat d’un immeuble hypothéqué par un client qui a bénéficié d’un crédit du FPI par un faux dans le coffre-fort. Mais devant la justice, Junior Bakokela a plaidé non coupable et a était acquitté. Il aurait été prouvé que ce jeune agent, non seulement n’a jamais mis ses pieds dans le local qui héberge le coffre-fort, mais également n’en connait pas le code de déverrouillage et ne fait pas partie de ce service en charge dudit coffre-fort.  Selon le DG du FPI, un témoin aurait dénoncé Junior Bakokela auprès de lui. Mais ce témoin à charge ne s’est jamais présenté devant la justice. Pour Junior Bakokela, il y a eu de la part de son directeur général les imputations dommageables. Ce dernier a également violé la convention collective qui ne prévoit le licenciement d’un agent en conflit avec la justice qu’en cas de condamnation. Ce qui n’était pas le cas avec Junior Bakolela.

Quant à Calvin Mingashanga, fondé de pouvoir au Département de Coordination Provinciale (DCP), il est viré pour avoir revendiqué contre sa rétrogradation en estimant qu’il y a eu injustice caractérisée par une politique de deux poids, deux mesures. Acte jugé d’indiscipline par le DG Patrice Kitebi qui l’avait envoyé en janvier dernier en procédure de flagrance devant la Commission de discipline. Après analyse du dossier, cette commission constituée du banc employeur représenté par Mutware Binyonyo et Mukadi Kamba, du banc syndical représenté par Diambu Bamona et Vital NSona ainsi qu’un rapporteur en la personne de Mlle Cigolo Maombi,  a estimé dans le PV transmis au DG du FPI le 22 janvier 2018, qu’il n’y avait aucunement flagrance du fait que la revendication date de février 2017 et qu’il faille que Calvin Mingashanga soit entendu en procédure ordinaire.

On peut lire dans ce PV ce qui suit : «  Au regard de ce qui précède, le Banc Employeur a estimé, d’une part que les faits de la présente cause sont déjà cristallisés et, d’autre part qu’il s’agisse de la procédure d’urgence ou ordinaire, la sanction demeure la même. Par conséquent, il a opté pour la mise en place d’une procédure ordinaire proposée par le Banc syndical, e vue d’entendre l’intéressé dans le plus bref délai ». D’après la Convention collective du FPI, cette procédure ordinaire devait commencer par une lettre de demande d’explications collée à l’agent concerné. Ce à quoi s’attendait Calvin Mingashanga. Mais à sa grande surprise, à la place de la lettre de demande d’explications, c’est plutôt la lettre de révocation sans préavis qui lui est adressée le 12 février 2018. Comme motivation, Patrice Kitebi écrit : « déféré en procédure de flagrance pour être entendu sur les faits vous reprochés, vous avez usé des manœuvres dilatoires pour empêcher toute audition à cet effet ». Allégation que le concerné rejette. Par deux fois, affirme-t-il, il s’est présenté devant cette commission qui lui a demandé d’attendre que la procédure commence par la lettre de demande d’explications.

Or, dans sa lettre à Patrice Kitebi le 08 février, soit quatre jours avant la prise de sa décision de révocation de l’agent Calvin Mingashanga, le banc syndical ayant siégé à la Commission de discipline, tout en faisant le Ponce Pilate face aux conséquences qui découleraient d’une décision unilatérale, l’invitait à se conformer aux prescrits de l’article 78 de la Convention collective et le prévenait que dans le cas contraire, il ne se sentira pas concerné par une décision qui ne respecterait pas la procédure prévue par la Convention collective du FPI. Et ces conséquences ont commencé par cette assignation en justice devant le Parquet Général près la Cour d’Appel de Kinshasa où à deux reprises, le Dg du FPI est déjà convoqué. Vendredi 23 février, il a délégué ses avocats à qui le Parquet a signifié qu’il ne s’agit pas d’une affaire au civil mais plutôt au pénal qui exige sa présence physique de l’accusé. Mardi 27 février, patrice Kitebi ne s’est pas encore présenté. Mercredi, non plus. Selon les informations que détient Scooprdc.net, le Parquet a établi une troisième et dernière convocation adressée à Patrice Kitebi. S’il ne répond pas, il lui sera établi un mandat d’amener.

Dans son processus de réforme du FPI entrepris depuis sa nomination en novembre 2016 à la tête de cette entreprise, Patrice Kitebi a procédé à la rétrogradation d’une quarantaine des agents ainsi qu’au licenciement d’une trentaine. Seulement, on lui reproche de faire la chasse aux sorcières. Une sorte de purge des anciens collaborateurs de son prédécesseur, Constantin Mbengele. Reprochant à ce dernier les recrutements abusifs et clientélistes ayant entrainé une pléthore, Patrice Kitebe serait tombé dans la même erreur. En une année, l’accuse-t-on, il aurait engagé au moins 90 personnes dont certaines au grade de directeur. Ce qui serait contraire aux dispositions de la convention collective.

 Owandi.  


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