cenco eveques 17 0007 640 350 1 - Les Evêques catholiques : “A ce stade du processus électoral, à qui profite cette déstabilisation du pays ? »

Ils étaient réunis en Assemblée plénière extraordinaire qu’ils ont achevée samedi dernier pour analyser la persistance et l’aggravation de la crise sociopolitique du pays. D’abord face à une série de campagnes d’intoxication, de dénigrement, voire de diffamation visant à affaiblir la force morale de l’Eglise et détourner l’attention du peuple de vrais enjeux, les 39 évêques ayant siégé à cette Assemblée déclarent haut et fort réaffirmer leur soutien et leur proximité au Cardinal Archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo. « Inébranlables dans notre foi en Jésus-Christ, Roi de l’Univers, et fidèles à notre mission prophétiques, nous n’abandonnerons jamais notre engagement pour l’avènement d’un Etat de droit en RDC », disent comme un seul homme les prélats catholiques. Avant de rassurer : « Corps du Christ, l’Eglise n’est inféodée à aucune organisation politique. Sa seule préoccupation, c’est de contribuer au bien-être du peuple congolais tout entier, à la sauvegarde et à la promotion de la dignité de la personne humaine, au respect de la vie, des libertés et des droits fondamentaux ».

Les princes de l’Eglise catholique en RDC ont fermement condamné la répression et les tueries intervenues dans les marches du 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018 et recommandent des poursuites judiciaires à l’encontre de ceux qui ont commis des actes délictueux à l’occasion de ces marches. Ils exigent également l’abandon des poursuites et menaces à l’endroit des organisateurs de ces marches qui, disent les Evêques, n’ont fait qu’exercer leurs droits constitutionnels. Au sujet de l’insécurité dans différentes provinces (Grand Kasaï, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri…) et la présence suspecte des éleveurs étrangers dans le Kwango et Kwilu, les membres de la Cenco ne s’empêchent de penser à une mise en œuvre d’un plan d’occupation et de balkanisation constamment dénoncé. Et de se demander : « A ce stade du processus électoral, à qui profite cette déstabilisation du pays ? »

Dénonçant l’application sélective et biaisée des dispositions de l’Accord de la Saint-Sylvestre, les évêques catholiques estiment que s’obstiner sur cette voie ne peut que conduire à des élections contestables et à de nouvelles crises. Ils recommandent l’application intégrale et effective des dispositions en souffrance de cet accord, notamment le parachèvement des mesures de décrispation du climat politique, la redynamisation de la CENI, les dispositions relatives au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC). A la CENI, les évêques demandent de lever l’équivoque et les suspicions autour de la machine à voter, en acceptant sa certification par des experts nationaux et internationaux.

Agnelo Agnade

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