Bâtiment du 30 juin - Vente-spoliation du terrain de l’Assemblée provinciale de Lubumbashi : Pande Kapopo accusé, les siens incriminent Kazembe

Le gouverneur du Haut-Katanga Pande Kapopo est mis en cause en complicité avec le conservateur des titres immobiliers Dethou Katuta, dans la vente de l’espace vert situé derrière le Bâtiment du 30 juin abritant l’Assemblée provinciale. Ce terrain est vendu à Rahim Dhrolia, un homme d’affaires indien naturalisé  canadien. Ceux qui dénoncent cette vente-spoliation de l’espace  qui serait destiné à l’érection du siège proprement dit de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, citent également dans cette opération le ministre national des affaires foncières, Lumeya Dhu Malegi. Ce dernier, dans cette opération, est accusé d’avoir perçu 150 mille dollars de commission que le conservateur Dethou Katuta serait venu lui déposer personnellement à Kinshasa. Pour sa part, le gouverneur Pande Kapopo aurait obtenu 200 mille dollars de commission. Mais le montant proprement dit de la vente n’est pas révélé.

Pour les proches du gouverneur Pande Kapopo, ce dernier n’est pas impliqué dans ce dossier du terrain situé derrière le bâtiment du 30 juin. Ils incriminent par contre l’ex-gouverneur Jean-Claude Kazembe. Celui-ci qui avait nourri l’idée de créer un terminal pour le parking des bus de Likasi, Kolwezi, Kasenga et Nguba en dehors de la ville de Lubumbashi, avait exproprié vers la sortie de la ville sans aucune compensation une parcelle appartenant à l’homme d’affaires précité. La parcelle en question comportait le numéro cadastral 23.164 et le certificat d’enregistrement Vol 021 folio 145 et s’étendait sur 3 hectares 44 ares. A en croire la version des « kapopistes », l’exproprié aurait saisi la justice et autres autorités du pays qui ont décidé de le remettre dans ses droits. Les « kapopistes » soutiennent que le terrain derrière le Bâtiment du 30 juin n’appartenait plus au domaine public de l’Etat depuis l’époque du gouverneur Moïse Katumbi qui l’avait désaffecté en faveur du supermarché « Shoprite » qui comptait y ériger un grand immeuble commercial.

Et pour matérialiser cette aliénation de l’espace, un certificat d’enregistrement sous le numéro vol 289 folio 79 a été établi au profit de la société Platine Investissement. N’ayant pas mis en valeur cet espace et abandonné le projet, l’Etat a fait annuler le certificat. Les « kapopiste » argumentent que pour corriger l’abus de pouvoir de Jean-Claude Kazembe, le ministre Lumeya Dhu Malegi a signé il y a trois semaines un arrêté portant compensation au profit de Rahim pour le dédommager en lui attribuant l’espace derrière le Bâtiment du 30 juin.

Contactée par scooprdc.net, Jean-Claude Kazembe donne la version suivante : « cette concession à l’entrée de la ville de Lubumbashi avait appartenu à des Congolais. Le maire Kaseba les avait expropriés pour cause de l’intérêt public et c’était pris en compte dans le domaine public de l’Etat. Dans la précipitation, avant sa sortie, le dernier gouvernement du Katanga [Ndlr : gouvernement Katumbi] l’a vendu à ce sujet indien naturalisé canadien. Nous avons annulé cette acquisition frauduleuse et nous avons remis l’Etat dans ses droits pour y construire une gare routière pour l’intérêt des Lushois. L’étude de l’irrégularité a été menée avec brio par le professeur Kitoko. Il existe. La Présidence (direcab), la Primature avaient été édifiées à ce sujet et nous avaient donné raison. Sanguzaa confessé sa forfaiture et annulé les faux titres.

Si dépouiller les Congolais, dépouiller l’Etat au profit des expatriés qui m’avaient proposé 200 mille dollars que j’avais refusé, c’est corriger une erreur ? », s’exclame Jean-Claude Kazembe. Et d’ajouter : « les Lushois devaient en principe protester comme un seul homme pour ce terrain, celui de Karavia et celui du Bâtiment du 30 juin qui ne sont pas des propriétés des individus qui abusent de leurs fonctions pour désaffecter des biens de l’Etat à leur profit au lieu de les valoriser. Quelle erreur corrige-t-on en pillant l’Etat. J’ai remis un bien volé aux Lushois. Je demande au premier ministre, au vice-premier ministre de l’Intérieur, au directeur de cabinet du chef de l’Etat et au Conseiller spécial du chef de l’Etat ainsi qu’aux députés qui me lisent, en ma qualité d’élu du peuple, à ne pas cautionner cette méprise ».

Face à ce dossier à plusieurs implications, les analystes s’interrogent si pour une parcelle expropriée à la sortie de la ville, la compensation doit se faire en plein centre-ville de Lubumbashi. Si solution à trouver il y avait pourquoi ne pas carrément supprimer ce parking encore en construction au sortir de la ville et remettre cette parcelle à son propriétaire reconnu par Pande et Lumeya. Sinon, attribuer une autre parcelle plus importante de par sa position, en guise de compensation, ça sent la magouille surtout que l’on connaît bien la faiblesse des dirigeants congolais face à l’argent.

Owandi.      

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