Répression après la messe à la Cathédrale Notre-Dame de Lingwala : les élèves de l’école Révérend KIM, victimes des gaz lacrymogènes de la police « professionnelle »

Répression après messe - Répression après la messe à la Cathédrale Notre-Dame de Lingwala : les élèves de l’école Révérend KIM, victimes des gaz lacrymogènes de la police « professionnelle »

Ce vendredi 12 janvier, alors que bon nombre des parents s’afféraient à récupérer leurs enfants à l’école Révérend KIM, dans les environs de la Cathédrale Notre-Dame de Lingwala où le Cardinal Laurent Monsengwo venait de célébrer une messe en mémoire des victimes de la marche des Chrétiens du 31 décembre, deux bombes lacrymogènes larguées par la police pour disperser les chrétiens, explosent non loin de cette école primaire et secondaire. C’est la panique ! Non seulement que les détonations des balles réelles qui s’en sont suivies ont créé une débandade dans les salles de classe, mais aussi que le souffle atmosphérique a emporté le gaz dans les locaux : éternuement, larmoiement et cris de détresse de la part des bleu-blancs, surtout de touts petits, car le collège KIM compte en son sein une section maternelle.

La cacophonie qui a suivi cet instant, a mis le personnel enseignant et de direction devant une épreuve : un flux d’élèves devant les portes de salles, cherchant à tout prix à atteindre le robinet pour se laver le visage afin d’atténuer ainsi les effets piquants du lacrymogène. « Où sommes-nous, bon Dieu ! », se sont exclamés les pauvres parents, coincés entre les quatre murs de l’école, eux aussi suffoquant. Voilà ce qui arrive quand on ne fait pas bien l’étude du milieu avant de faire usage d’équipements de dissuasion !

Une police au « professionnalisme » controversé…

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Fallait-il vraiment faire usage des engins explosifs dans un milieu envahi d’écoles pendant une journée ouvrable ? Fallait-il traumatiser les jeunes écoliers, sacrifier la vie mentale des enfants, rien que pour disperser des personnes présumées non violentes, n’ayant que leurs pieds et mains ? Parce que selon le porte-parole de la Police, le lieutenant-colonel Muanamputu, il s’agissait des militants des partis politiques qui suivaient et scandaient les chants de gloire à l’endroit de leurs leaders, notamment Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi, qui venaient de sortir de la messe en mémoire des tués de la marche du 31 décembre dernier ! En quoi cette scène de liesse devra-t-elle être jugée dangereuse et de potentielle menace de mouvement insurrectionnel pour être étouffée à tout prix sans penser calculer les conséquences collatérales sur les enfants-élèves ?

Cette énième répression intervient au moment où l’appréciation du comportement des forces de sécurité congolaises lors de la marche organisée, le 31 décembre dernier par le Comité Laïc de Coordination, est un sujet de controverse. Pendant que le gouvernement congolais se dit satisfait et salue le « professionnalisme » des policiers et militaires déployés ce jour-là pour réprimer et mater les manifestants, les Nations Unies ont sans ambages condamné et mis en cause ce que l’on peut, sans mâcher les mots, qualifier d’amateurisme des forces de sécurité congolaises : bastonnade des vieilles personnes, extorsion des biens, notamment des téléphones, argent et bijoux ; bref… Une police et une armée répressives et mateuses, ravisseuses et extorqueuses, voleuses pour lesquelles les partenaires extérieurs de la RDC ont investi des millions des dollars américains pour la réforme. L’on comprend maintenant que le mot « professionnalisme » a un autre sens lorsqu’il est utilisé par les membres du gouvernement.

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En effet, au moins neuf partenaires (Union européenne, France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Japon, Monusco, Pnud,…) financent différentes formations des policiers et militaires dans le cadre de la réforme. De l’argent visiblement jeté par la fenêtre quand ces forces de l’ordre se montrent déraisonnablement capables de sacrifier la jeunesse et même toute la population rien que pour garantir une longue vie dans la peau d’une seule personne : Joseph Kabila.

Ngababa   

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