André Kimbuta et Roger Nsingi - Gestion de la ville de Kinshasa : des rapports parlementaires à exhumer !

« Est pris celui qui croyait prendre ! », « A malin, malin et demi ! », tous ces adages correspondent bien à la situation que traverse actuellement Roger Nsingi, président déchu de l’Assemblée provinciale de la ville-province de Kinshasa. Après qu’il soit débouté par les juges de la Cour constitutionnelle qui lui auraient bouffé au moins 80 mille dollars américains dans sa requête d’inconstitutionnalité de sa déchéance par ses pairs, Roger Nsingi est enragé et veut bien régler les comptes au gouverneur André Kimbuta dont il commence à dénoncer la mauvaise gestion de la ville. Pourtant il y a pas longtemps, les deux messieurs se couvraient et se protégeaient dans moults sales dossiers de malversations financières.

C’est lui, Roger Nsingi, qui aurait fourni les éléments au conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de bonne gouvernance, de lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux et financements terroristes ; lesquels éléments ont servi à l’arrestation des hauts responsables de la Direction Générale des Recettes de Kinshasa (DGRK). Mais, c’était sans compter sur la puissance financière d’André Kimbuta qui a payé sans moindre hésitation, la caution de 200 mille dollars exigée par le parquet de Matete pour leur liberté provisoire !

Pour beaucoup d’observateurs, Roger Nsingi qui ne jure que par la vengeance, paie ses propres turpitudes. C’est lui qui a protégé depuis 2007 le gouverneur André Kimbuta de toute action dirigée contre celui-ci par les députés provinciaux. Pour ses intérêts égoïstes, il a fragilisé et chosifié le parlement provincial de Kinshasa jusqu’à placer ses collègues députés sous la botte du gouverneur. Il s’est assis sur plusieurs rapports de contrôle parlementaire et a bloqué leurs débats dans les plénières en contrepartie d’une cagnotte importante d’André Kimbuta. Argent qui lui a permis de se construire des immeubles dans la ville province de Kinshasa. C’est notamment au croisement des avenues Assossa et Maringa dans la commune de Kasavubu et sur l’avenue Nyangwe numéro 227 dans la commune de Lingwala ; pour ne citer que ceux-là. Par ailleurs, pour chaque vote du budget de la province, Roger Nsingi recevait 200 mille dollars de Kimbuta pour le faire passer. Il a monnayé toutes les redditions des comptes pour les années 2012, 2013 et 2014.

Comme les glas ont ainsi sonné pour Roger Nsingi, la logique serait qu’il en soit aussi pour le gouverneur Kimbuta dont la gestion de la ville est pire que celle d’une boutique personnelle ! Etant donné que les deux sont du bonnet blanc, blanc bonnet. Les députés provinciaux doivent exhumer tous les rapports de contrôle de la gestion de la ville et les examiner en plénière. Il s’agit, premièrement, du rapport Retranskin. C’est un dossier sur la surfacturation éhontée dans l’acquisition de vieux bus que la ville avait mis en transport en commun à travers la Régie de Transport de Kinshasa (Retranskin), une nébuleuse société sans statuts ni acte fondateur et qui n’a survécu que dans l’espace d’un matin pour se transformer avec la maffia chinoise en New Retranskin. La carte jouée par André Kimbuta avec la complicité de Roger Nsingi dans ce dossier, a fait que Martin Fayulu, alors à l’époque député provincial, perde son poste du président de la Commission Ecofin.

Deuxièmement, il y a le rapport sur le Marché Delvaux. En principe sous gestion de la commune, ce marché a été ravi au bourgmestre de Ngaliema à cause des intérêts financiers qu’il représentait dans sa réhabilitation et modernisation. C’est un flou artistique sur les contrats signés avec des opérateurs asiatiques qui y ont érigés des magasins.

Troisièmement, le rapport sur le contrat de gérance du marché central de Kinshasa confié à un certain Hassan. D’après les informations recoupées par scooprdc.net, pour un montant inconnu et pour un temps aussi inconnu de récupération de son investissement, ce Libanais qui a construit des magasins quadrillant le grand marché et gérerait les recettes de ce marché, ne verserait mensuellement qu’une modique somme de 1.500$ à la ville-province de Kinshasa !

Quatrièmement, il y a le rapport de contrôle de la gestion des comptes de la ville. A l’époque, ce rapport révélait que dans presque toutes les banques, la ville de Kinshasa disposait de 173 comptes reconnus. Elle disposait également d’au moins 80 autres comptes non reconnus, appelés « comptes spéciaux » qui ne sont pas accessibles aux comptables de la ville. Qui les gèrent et quel type des recettes y entrent ? Secret entre Kimbuta et son complice ministre provincial des finances.  A ce dossier s’ajoute les recettes des secteurs brassicole, tabacicole et sucrier hypothéquées pour une longue période à plusieurs banques auprès desquelles la ville a contacté des crédits.

Enfin, cinquièmement il y a le rapport sur le contrôle de la DGRK et de la Commission sur la publicité extérieure. Ici, le rapport dénonce entre autre la gestion de toutes les recettes générées par les grandes publicités par le directeur de cabinet du gouverneur Kimbuta. Le compte bancaire dans lequel elles sont versées, échappe au contrôle de la DGRK et aucun comptable n’y a accès. Voilà comment la ville de Kinshasa est gérée !

Agnelo Agnade.

Vous avez aimé ? Partagez !