casques bleus 1 - Carnage des casques bleus par les ADF : matière à réflexion pour les Nations unies

Les rebelles des Forces Démocratiques Alliées, connus plus sous l’appellation des ADF (Allied Democratic Forces), ont dans une attaque et sous une puissance de feu redoutable jeudi 07 décembre dernier, oté la vie à 14 casques bleus de la Brigade d’intervention de la Monusco et en ont blessé une cinquantaine. Cette atrocité sur les soldats de la paix est décriée partout au monde. Mais si des voix s’élèvent au monde pour condamner cette attaque meurtrière et au-delà des hommages leur réservés  lundi 11 décembre à Beni et ce jeudi 14 décembre en Tanzanie, il y a aussi lieu de remettre véritablement en question le travail de la Monusco et surtout celui de cette brigade dite d’intervention.

En effet, contrairement à d’autres casques bleus, ceux de la brigade d’intervention ont reçu un mandat spécial de mener des actions offensives pour désarmer des groupes rebelles, notamment le M23, les FDLR, les ADF et autres milices mai-mai. Bref, ce sont des troupes combattantes et non dissuasives comme les autres. C’est ce qui explique qu’après deux mois de la création de cette brigade en mars 2013 par la résolution 2098 des Nations unies, le général Babakar Gaye, conseiller militaire de l’ancien SG de l’Onu, Ban Ki-moon, pour les opérations de maintien de la paix, déclara que c’était une première dans les missions qu’un mandat offensif soit accordé aux casques bleus. L’ancien Force commander de la Monusco ne manqua pas de vanter cette brigade : « elle sera dotée d’un équipement robuste et des troupes bien formées. C’est un développement qui traduit la complexité des situations dans lesquelles le personnel de l’Onu opère aujourd’hui ».

Constituée des Sud-africains, des Tanzaniens et de Malawites, cette brigade a donné comme impression qu’elle n’avait été créée que pour mater  la rébellion du M23. Non sans raison, la vitesse avec laquelle et la puissance de feu engagée pour mener les opérations et déloger les combattants du M23 ont fait croire à tout observateur que la même intensité d’intervention allait se poursuivre sur toutes les forces négatives opérant dans l’Est et que dans peu de temps, la paix devait être réinstaurée dans cette partie du pays. Mais hélas ! Il y a eu une sorte de relachement des casques bleus de la Brigade d’intervention qui se comportaient comme des casques bleus ordinaires. En quatre ans d’existence de leur brigade, les atrocités et les tueries enregistrées sur les populations civiles au Nord-Kivu, dépassent celles d’avant le M23. Une léthargie qui ne pouvait qu’offrir du recul aux forces négatives pour revenir à la charge et faire le boucher dans leur propre camp.

L’autosatisfaction et la sous-estimation de la force des ADF supposés anéantis à 85% de leur capacité de nuisance, est la conséquence de ce que l’on déplore maintenant. Quand ces rebelles pénetrent le camp de la Brigade jusqu’au hall et neutralisent la base de communcation avant de se livrer au carnage des casques bleus, c’est un défi, mieux c’est un doigt enfoncé dans l’œil de l’Onu qui a pris énormément du temps pour restaurer la paix dans l’Est de la RDC : 18 ans, c’est trop. Avec son mandat offensif, la Brigade doit impérativement se comporter comme la force européenne (Eufor) dans l’opération Artemis en Ituri, en 2003. En effet, les troupes de l’Eufor, constituées spécialement des militaires français, n’avaient pas mis beaucoup de temps pour neutraliser les miliciens Hema et Lendu qui avaient rendu l’Ituri invivable. C’est l’exemple à suivre par la Brigade d’intervention de la Monusco avec son équipement robuste dont on a tant vanté.

Agnelo Agnade.

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