PNC - Manifestation des étudiants de l’INBTP : l’intervention de la Police nationale congolaise  a été moins professionnelle !

La fixation du taux paritaire en franc congolais des frais académiques d’une manière unilatérale et contraire aux exigences du ministère de tutelle par le directeur général de l’Institut National des Bâtiments et des Travaux Publics (INBTP), a poussé les étudiants dudit institut de descendre dans la rue, hier jeudi 07 décembre. Et comme pour toutes manifestations estudiantines, des barrières enflammées ont jonché çà et là sur l’artère principale qui mène vers cette institution universitaire située en face de l’Etat-major des FARDC et à quelques mètres de la maison communale de Ngaliema. Pendant un moment, les étudiants étaient maitres de la rue avant que la police vienne les déloger en procédant à l’interpellation d’au moins cinq d’entre eux.

Cette interpellation a alors alimenté la tension entre les étudiants et les éléments de la police bien équipés d’armes d’assaut et de lanceur des bombes à gaz lacrymogène, conduits par une dame lieutenant-colonel. Il a fallu, la descente d’une dizaine de militaires FARDC sans armes sur le lieu pour arriver à apaiser la tension et cantonner les étudiants dans l’enclos de l’INBTP. Malgré cela, la tension était toujours vive, car les étudiants réclamaient la libération de leurs collègues interpellés par la police. La médiation des FARDC a produit d’effet, les cinq étudiants ont été libérés et reconduits à l’institut.

Cependant, les étudiants n’ayant toujours pas obtenu gain de cause quant à leur revendication, continuaient à scander des chansons hostiles au chef de leur établissement et souhaitaient voir le ministre descendre sur le lieu pour  de décanter la situation. Pendant que ces étudiants, toujours dans leur enclos, continuaient à chanter et jeter des quolibets contre les policiers toujours stationnés en face de l’INBPT du côté de l’Etat-major des FARDC, deux jeeps bondées d’autres policiers débarquent en trombe et vomissent ses occupants au même endroit. Ces derniers arrivants démontrent vite qu’ils avaient une autre mission. Un petit déploiement est vite fait à gauche et à droite de l’entrée principale de l’INBTP. Soudain, un cri strident est lancé par l’officier comandant des troupes : « A l’assaut !!!! ». Du coup, des bruits assourdissant de largages des bombes à gaz lacrymogènes nous envahissent tous.

Ces dizaines de policiers pénètrent  dans le site Universitaire, les uns tirant à balle réelle avec leurs AK 47 et autres armes, d’autres larguant des gaz lacrymogènes. Quelques secondes ont suffi pour que les étudiants soient dispersés. Beaucoup d’entre eux ont regagné leurs chambres dans les différents homes.  Mais, l’air piquant des gaz lacrymogènes qui soufflait dans tous les sens jusque dans les chambres à coucher a failli emporter certains étudiants qui y étaient regroupés. Bilan que nous pouvons dresser, au moins 6 étudiants ont été blessés dont un par balle au niveau de la jambe droite. Près de vingt autres ont été interpellés et embarqués dans des jeeps pour une destination qui nous était inconnue.

L’entrée de ces policiers dans le site était également l’occasion pour certains d’entre eux de verser dans les extorsions. Beaucoup d’étudiants ont perdu téléphones et autres objets de valeur. Un policier nous est passé à quelques centimètres en courant avec une vitesse inouïe, tenant entre ses mains un lap top. C’est avec l’arrivée du Général Sylvano Kasongo sur le site qu’on saura que c’était un lap top ravi à un étudiant. Le général instruira illico ses services pour qu’on retrouve le policier voleur. Cependant une fausse note du Général Sylvano Kasongo, c’est lorsque s’adressant aux étudiants pour les calmer, il attribue cette manifestation à une manipulation politique : « Quand vous venez ici c’est pour étudier, ce n’est pas pour être manipulé par les politiciens. Un problème de taux, c’est un problème qui se règle à l’amiable, Ce n’est pas un problème de prendre la rue en otage », a-t-il dit aux étudiants qui se plaignaient devant lui d’avoir perdu beaucoup de biens personnels.

Steve Mbikayi chassé par le gaz lacrymogène

Et ce n’est pas tout, tenez, cette situation a contraint le ministre de l’enseignement supérieur et universitaire à interrompre les autres activités liées à ses fonctions pour descendre sur le site de l’IBTP. Très applaudi par les étudiants à son arrivée, parce que pour eux la solution à leur situation était en vue, Steve Mbikayi s’est retrouvé là dans sa peau de syndicaliste et a aussitôt joué à l’apaissement, demandant aux policiers de quitter le site universitaire et de le laisser seul discuter avec les étudiants, ce qui a été fait. Après moults tergirversations entre les deux parties pour le lieu de la causerie, ils tomberont d’accord pour l’amphithéatre. Pendant que tous, Ministre, étudiants et journalistes gagnaient la grande salle pour amorcer sa médiation, deux ou trois étudiants lancèrent quelques projectiles en direction des policiers qui se trouvaient en dehors de l’enclos. C’est en ce moment qu’un des policiers va larguer une bombe à gaz lacrymogènes malheureusement tout droit vers le lieu où se trouvait le ministre Steve Mbikayi et les etudiants. C’est la débandade totale. La médiation est interrompue. Et le ministre, et sa délégation, et les étudiants et journalistes tous dans l’asphyxie, cherchaient une issue d’autant plus que tous avaient de larmes aux yeux. Il faut à ce stade louer la bravoure des gardes du ministre qui l’ont évacué avec une vitesse éclair, malgré tout ces efforts, Steve Mbikayi mettra tout de meme beaucoup de temps pour se remettre. La suite, malheureusement a été catastrophique pour les etudiants, une fois de plus ils se verront extorquer d’une manière beaucoup trop éloquente par les policiers.

JYMAM

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