BGFIBANK - RDC-Economie : pourquoi seulement et toujours BGFIBANK au cœur des scandales financiers ?
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Alors qu’elle peine à se refaire bonne presse depuis les révélations de son ancien employé Jean-Jacques Lumumba sur ses magouilles financières opérées dans les comptes de la CENI et de la Gécamines, BGFIBANK vient d’être indexée dans une affaire de financement d’un groupe terroriste, le Hezbollah. C’est un rapport de The Sentry de ce mois d’octobre qui le révèle. The Sentry est une équipe d’analystes politiques, d’experts régionaux et d’enquêteurs financiers qui suivent l’argent afin de créer des conséquences pour ceux qui financent et profitent du génocide ou d’autres atrocités de masse en Afrique et de créer un effet de levier pour la paix. Cofondé par George Clooney et John Prendergast, The Sentry se concentre actuellement sur les réseaux transnationaux corrompus liés aux personnes les plus responsables de la violence meurtrière au Soudan du Sud, au Soudan, en République démocratique du Congo, en Somalie et en République centrafricaine.

Dans un rapport intitulé « le trésorier des terroristes : ou comment une banque liée au président congolais a permis aux bailleurs de fonds du Hezbollah de contourner les sanctions américaines », The Sentry accuse la BGFIBank RDC, dirigé par Francis Selemani Mtwale, que l’on présente comme demi-frère du président Joseph Kabila, de financer le mouvement terroriste Hezbollah et un parti politique libanais. D’après ce rapport, des employés de BGFIBANK avaient, en 2011, signalé à leur direction, et cela par écrit, l’exécution d’une série de transactions suspectes. L’inquiétude de ces employés était au fait l’implication dans ces transactions des sociétés liées aux bailleurs de fonds du Hezbollah. Les principales entités concernées, selon le rapport, étaient des filiales de Congo Futur frappées par les sanctions du Département du Trésor américain.

On reproche à Francis Selemani d’avoir laissé poursuivre ces relations entre sa banque et les sociétés de Congo Futur, pourtant accusées d’être liées au Hezbollah. Au lieu même de se limiter à ce niveau, la BGFIBANK aurait demandé que certaines transactions soient débloquées par le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain après que d’autres banques ont refusé d’effectuer ces mêmes opérations. Jusqu’en 2016, mentionne le rapport de The Sentry, la BGFIBANK tenait encore des comptes pour les sociétés affiliées à Congo Futur. La crainte de The Sentry est de voir la faiblesse des normes liées à l’application des sanctions et des règles contre le blanchiment d’argent donner du pouvoir à un large éventail de groupes criminels et d’acteurs corrompus et, en définitive, affaiblir la gouvernance et contribuer à l’instabilité, au Congo et partout ailleurs.

Ainsi, pour ce groupe d’experts américains, la stratégie de BGFIBANK a permis au réseau de Kassim Tadideen, décrit par les USA comme un important contributeur financier ayant levé des dizaines de millions de dollars au profit du Hezbollah,de maintenir son accès au système financier international malgré les sanctions qui lui ont été imposées par les USA en 2009. En laissant ce genre de pratiques se dérouler sur son sol, le gouvernement congolais est aussi responsabilisé et son engagement en faveur de la lutte contre le terrorisme international, le crime transnational et le financement illicite, est mis largement mis en cause.

Owandi


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